samedi 25 février 2012

Pardonner ne veut pas dire ouvrir ses frontières - Joel et Diana


Hi Folks,

Je vous traduis un passage de Joel et Diana sur le pardon... cela m'a bien plu leur approche..juste du bon sens...mais ce n'est pas encore possible pour tout le monde..
Tout ceci dans l'optique de redessiner une spiritualité réaliste, et de prendre un peu de liberté avec des idéaux inatteignables qui créent en fait des désordres cliniques ou des problèmes dans les relations et qui sont totalitaires..

Source: "The Guru Papers. Masks of Authoritarian Power"
"Dans toute relation de long terme, que ce soit une amitié ou une relation intime, les blessures arrivent inévitablement. Pardonner est présenté comme une vertu en soi par certains cadres spirituels. Néanmoins le pardon sans fin des offenses ou des abus ne semble pas très intelligent, étant donné qu'il récompense l'offensant, assurant que ce comportement va continuer.
Et souvent quand on veut pardonner et qu'on pense que l'on doit le faire, nos émotions ne suivent pas.
Lorsque le lâcher prise est le produit d'une idéologie qui l'élève au rang de vertu, cela devient mécanique et souvent destructeur, masquant le déni et la répression, étant donné que le ressentiment ignoré passe dans l'inconscient. ceci est une source de dépression (qui est souvent une colère réprimée), des addictions, et pleins de troubles physiques. Néanmoins, porter avec nous du ressentiment, de la haine, ou même l'accumulation de blessures dans notre système nerveux est un bagage encombrant qui peut aussi impacter notre qualité de vie.
Le problème est que souvent les gens ont des défenses car ils en ont besoin (cela rejoint ma vision sur le fait qu'une thérapie ne consiste pas à faire sauter les défenses en quelques séances (soit dangereux, soit dissociation), mais est plutôt l'entrée progressive dans une nouvelle vision du monde et de soi et d'un travail sur différents plans de la structure de l'être...). 
Mais les choses ne sont pas simples car les gens ne sont pas conscient de leur défense. Néanmoins l'idée qu'il ne faudrait pas de défense et que nos frontières devraient être ouvertes est stupide.
Le lâcher prise doit il être tout ou rien, ou peut on lâcher prise avec un degré variable ?
Pardonner implique-t-il nécessairement de ré ouvrir ses frontières, et peut on pardonner et garder ses frontières au moins partiellement fermées ?. Un thème associé est comment rebâtir la confiance. La confiance ne se recrée qu'avec le temps lorsque l'on constate que quelque soit l'ouverture donnée, elle n'est pas mal utilisée.
La façon facile de lâcher prise (ou contrôler) les blessures ou la colère est d'avoir des frontières tellement fortes que ce que fait l'autre n'a plus d'importance.
Lâcher prise sur ses blessures et colères ne veut pas forcément dire ré ouvrir ses frontières. Lorsque les idéaux de pardon n'arrivent pas à distinguer les deux, ce qui peut en résulter est de s'accrocher à ses blessures de peur d'être blessé à nouveau en ouvrant ses barrières.
Les idéaux d'amour inconditionnel et d'acceptation et de pardon comme vertu ne sont pas une aide au processus du lâcher prise; ils créent des standards invivables qui masquent nos systèmes de défense.
Si on veut garder une relation au cours du temps, il faut un mode de fonctionnement qui permette aux barrières de s'ouvrir et de se fermer en fonction des circonstances changeantes. Permettre aux barrières de fluctuer en fonction de la façon dont est traité. Ceci implique de devenir confortable avec l'ambiguïté, qui permet de donner plus de liberté pour changer. Inversement, si on a une attente de frontières immuables, lorsqu'elles changent, cela a tendance à être dramatique. Un exemple est des gens qui ne sont confortables qu'avec des frontières soit complètement ouvertes ou fermées. Lorsqu'ils sont blessés, (ce qui arrive souvent car ils aiment être complètement ouvert et que les autres le soit), ils se ferment complètement d'une façon qui en général empêche toute continuation de la relation. 
Lorsque pardonner implique baisser ses barrières de défense, cela peut être utilisé pour perpétuer une relation dysfonctionnelle et violente. Alors pardonner sans demander à l'autre de changer est non seulement destructeur pour soi, mais assure qu'une relation dysfonctionnelle va perdurer (oui, de toute façon le même scénario recommence alors sans cesse et on est vite détruit avec plus aucune estime de soi). 
Une personne saine ne pense pas que pardonner équivaut à n'avoir aucune frontière, et ainsi est capable de fermer ses barrières pour se protéger en cas d'abus, et de les garder fermer si nécessaire.
En conclusion, lâcher prise d'émotions passées qui limitent notre réponse au présent a de la valeur, de la valeur pour notre bien-être, et pour les autres, qui en général apprécient de ne pas être défini par le passé. Néanmoins, lâcher prise sur ses émotions ne signifie pas oublier pourquoi on a fermé nos barrières, ni oublier nos barrières elles-même. Le plus on est conscient de cette différence, le plus il est facile de pardonner, ce qui signifie ne pas avoir d'émotions du passé qui obscurcissent les possibilités du futur. Ceci peut permettre même de s'ouvrir à l'amour à nouveau."

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