jeudi 23 février 2012

la méditation n'est pas assez intégrative


J'ai bien aimé ce passage du blog d'Alain Gourhant, qui parle de la thérapie MBCT, basée sur la méditation.
Il reprend des arguments et une approche sur laquelle je réfléchis aussi sur mon blog...cool !..

"Dans un deuxième temps : non, la mindfulness n’est pas suffisamment intégrative !
Cela je m’en suis aperçu avec certains clients souffrant de dépression grave ou de stress post-traumatique ou tout simplement de spasmophilie et d’hypersensibilité. Malgré leur bonne volonté de pratiquer avec moi et ensuite chez eux la mindfulness, ils n’y arrivent pas. Ils se plaignent du peu d’amélioration que leur apporte cette pratique et même des difficultés, voire des impossibilités qu’ils éprouvent : trop de pensées, des « abréactions » émotionnelles, l’agitation intérieure et même le stress à l’idée de pratiquer – cela devient le contraire du résultat attendu. Deux personnes m’ont guidé pour comprendre et répondre à cette impossibilité. D’abord le schéma intégratif de Ken Wilber (décrivant l’évolution psychologique individuelle de l’être humain) : prépersonnel / personnel / transpersonnel. La mindfulness se situe au niveau du transpersonnel, c’est çà dire à un niveau de conscience au delà du moi, au delà des limites de la personne, dans le champ infini de la conscience. Mais si, à des niveaux inférieurs (prépersonnels et personnels), de graves perturbations sont non résolues, non travaillées, alors la mindfulness ne peut pas vraiment émerger, ni les améliorer. En fait, elle ne sert pas à grand chose, au mieux un « manteau de lumière » pour essayer de camoufler les désordres intérieurs, au pire elle peut refouler les noeuds psychiques non traités, ce qui revient à les aggraver. Pour s’occuper de ces niveaux inférieurs du prépersonnel et du personnel, il faut passer par des techniques spécifiques psychothérapeutiques, de manière à construire une personnalité stable, sur laquelle peut fleurir la pleine conscience dans tout son éclat.
Une deuxième personne a attiré mon attention sur cette insuffisance de la méditation pour le monde occidental, c’est le maître indien Osho Rajneesh. Malgré toutes ses dérives, celui-ci me semble avoir compris quelque chose de très important dans ses pratiques relatives à la méditation dynamique : la méditation ne peut pleinement s’épanouir que dans une phase postérieure, une fois les émotions, les pensées négatives, les tensions corporelles du stress quotidien ou de la vie passée, ont été évacuées, vidées, expurgées par une phase préalable de « catharsis ».  Cela me semble du bon-sens et pourrait expliquer pourquoi les rassemblements de méditants ressemblent tant, souvent, à des réunions de névroses non résolues, et ce n’est pas la répétition rituelle des pratiques qu’elles soient traditionnelles ou de mindfulness, qui peut résoudre ce genre de problème.
Tout cela pointe de manière claire, pourquoi la mindfulness n’est pas suffisamment intégrative et qu’elle nécessite pour être vraiment opérante, dans de nombreux cas,  l’intégration complémentaire d’un travail sur soi-même de nature psychothérapeutique"

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