lundi 10 février 2014

Une peur qui monte est une peur qui se libère - Eric Baret

Aloha !
Notre refus du ressenti, du corps émotionnel, est réputé source de nombreuses maladies..

Ci dessous un passage intéressant d'une conférence d'Eric Baret.

"Généralement  l'émotion est ajournée, bloquée, car dans une émotion, il n'y a pas de personne. L'émotion détruit la sécurité, détruit la référence. Les gens ne supportent pas d'avoir peur, ne supportent pas d'être en colère, ne supportent pas d'être joyeux, ne supportent pas d'être malheureux, car lorsque l'émotion est forte, on perd ses références.
Quand il y a l'émotion, il n'y a pas d'égo. L'égo bloque l'émotion. Donc quand une émotion surgit, l'ego refuse l'émotion. Quand la peur apparaît, l'égo ne veut pas avoir peur. Quand la tristesse apparait, l'ego ne veut pas être triste. Je passe mon temps à refuser l'émotion. Quand une bulle de tristesse monte en moi et que je décide de me marier pour ne pas être triste ou de divorcer pour ne pas être triste ou de faire du yoga pour ne pas être triste, la bulle reste là. Et dans un moment de "non fabrication", de nouveau la bulle va monter. A ce moment-là je vais décider d'acheter un appartement, d'acheter un chien, d'apprendre le russe pour être moins triste. Mais la bulle est toujours là jusqu'au moment où je me rends compte que la bulle de tristesse qui monte, monte pour s'éliminer. Elle ne monte pas parce que je suis triste. Je ne suis pas triste mais il y a la notion de tristesse en moi.
Donc au lieu de refuser l'émotion de tristesse, je vais laisser vivre cette émotion qui est purement tactile et non conceptuelle. On ressent la tristesse et quand on laisse vivre cette émotion de tristesse, elle passe par un certain nombre de transformations tactiles, sensorielles. Comme une fleur qui s'ouvre. Quand la fleur, s'ouvre, s'ouvre, à un moment donné elle meurt. Quand l'émotion est vraiment laissée libre, elle s'élimine naturellement. C'est un processus organique, on n'a pas à le fabriquer, il s'impose naturellement quand je vois que l'émotion vient pour me quitter. Mais tant que je m'approprie l'émotion, tant que je prétends être triste… et puis quand je suis triste, bien sûr je refuse la tristesse, quand j'ai peur, je refuse la peur… Et quand je me rends compte que je n'ai pas peur mais que je sens la peur, la peur peut monter…une peur qui monte est une peur qui se libère.
A ce moment-là l'émotion devient fonctionnelle, elle devient richesse et toutes les émotions deviennent positives. Il n'y a pas d'émotions négatives, c'est pour cela que les enfants jouent à se faire peur, c'est pour ça qu'on va dans les montagnes russes, pour avoir peur, c'est pour ça qu'on saute d'un pont à l'élastique, pour avoir peur. La peur est joyeuse quand on n'a pas peur. La tristesse est joyeuse quand on n'est pas triste, comme quand vous allez voir Rigoletto à l'opéra, à la fin vous êtes triste quand sa fille est assassinée, vous pleurez et quand vous sortez vous dites que c'était magnifique.
C'est magnifique de sentir la tristesse quand on n'est pas triste. Toutes les émotions sont ultimement positives, elles ramènent toujours à la tranquillité,  à l'écoute, sauf quand on s'approprie l'émotion. Car quand je suis triste, je refuse la tristesse donc je la bloque. Et puis quand je sens la tristesse, la tristesse monte, se libère et nous ramène à la joie. Quand je sens la peur, la peur monte, se libère et nous ramène à la joie. C'est pour ça qu'on aime prendre des risques physiques, etc., parce que la peur est belle quand nous n'avons pas peur. C'est la même émotion. Si je m'approprie la peur je ne peux plus bouger, si je sens la peur je suis plus rapide. C'est la même peur. Quand l'émotion de la peur est rattrapée par l'ego, c'est une émotion qui fige, qui bloque, qui ne libère pas. L'émotion ressentie est une émotion qui se libère et qui ne laisse pas de traces.
Celui qui a peur, va toujours se souvenir de quand il a eu peur, celui qui sent la peur ne va jamais y repenser quand l'émotion est finie. Celui qui saute d'un pont avec un élastique en payant pour ça, va hurler quand il descend en ressentant la peur. Le soir quand il rentre chez lui, il n'y pense plus. Celui qu'on va jeter du pont, si il ne s'écrase pas en bas, 30 ans après il va encore y penser parce qu'il a tout fait pour ce bloquer.
Donc ce qui crée le blocage c'est le refus de la situation sensorielle et pas de la situation. C'est dans ce sens là que nous disons, sur un certain plan, de nous laisser vivre l'émotion. Ce n'est pas du tout pour se réjouir de l'émotion comme dans les thérapies hédonistes ou imaginaires, non, laisser vivre l'émotion pour qu'elle meure. C'est très différent de tous les imaginaires d'exploration tactiles, sensuelles ou sensuelles de l'émotion. On se perd dans l'émotion et c'est aussi stupide que de la refuser, c'est la même chose. C'est un peu plus pédagogique, parce que quand on dit oui, on est moins tendu que quand on dit non mais celui qui cherche à sentir, s'éloigne autant de lui-même que celui qui refuse de sentir. Il s'éloigne de lui-même mais c'est plus agréable pour lui, mais c'est la même fuite. Celui qui veut sentir va dans l'imaginaire. Il n'y a rien à sentir. Et quand on laisse vivre le senti, le senti se meurt. C'est la méthode traditionnelle. "

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire