mercredi 1 février 2012

La dissociation (suite)


J'ai déjà parlé de la dissociation: http://advaita22.blogspot.com/2011/12/un-article-en-anglais-de-daniel-mackler.html
Je continue un peu car c'est important, une erreur à ne pas commettre car cela conduit à une impasse, une fausse-bonne idée..
Une personne dissociée n'est plus en contact avec son vrai-moi (encore moins avec son centre sacré). Suite à un/des traumas, pour se défendre, elle vit dans le déni, le déni de ses blessures "il ne faut pas trop s'écouter".
Une telle personne peut être très convaincante, séduisante, et dynamique.. mais elle porte un masque dans lequel elle investit beaucoup d'énergie pour le maintenir.. et si par malheur elle rencontre quelque chose qui met en danger son masque...elle explose..
La guérison, des traumas de chacun et de la planète, vers laquelle on ira, va passer par le fait de reprendre contact avec son vrai-moi, pour aller vers cette partie de nous qui va toujours bien. Cela passe par une écoute tendre, un contact intime avec son émotionnel et son mental, car l'être est un vécu, comment vivre l'Etre si l'on s'en est coupé et que l'on alimente un faux moi..
La personne dissociée semble aller bien, c'est ce qu'elle va vous dire, mais si vous êtes sensible vous allez sentir que c'est faux, et une personne dissociée à des tensions dans son corps.. et souvent fuit sa souffrance dans des dérivatifs (travail, alcool,etc.).
Je vois malheureusement que certains thérapeutes et techniques orientent dans une direction étrange (déni, trop de pensée positive tout de suite alors que rien n'est contacté)..ceci provoque un faux sentiment de libération rapide, alors que l'intégration de la Paix en nous est souvent longue, processus avec des allers/retours, et qui passe par une profonde écoute de ses parties vulnérables... comment être à l'écoute de l'autre, en amour de l'autre si on ne l'est pas avec soi...ensuite c'est idem, vous voudrez appliquer les mêmes méthodes violentes à l'autre...alors certes, cela signifie que par moment vous vous sentirez bien mal si vous vous écoutez vraiment, mais je préfère une personne en contact avec son mal-être, qu'une personne dans le déni, elle est beaucoup plus proche de la sortie du tunnel et de l'amour, car déjà elle commence à s'écouter elle-même, à s'aimer et se respecter..
Comme disait Krishnamurti, "vivre c'est être vulnérable, se renfermer c'est mourir".. une personne en quête de vérité peut avoir des grandes souffrances, mais elle s'écoute, et s'aura s'envoyer l'amour pour se guérir et pardonner.. une personne dissociée refoule, croit avoir guérit et pardonné, alors qu'elle n'est même pas consciente du mal qui lui a été fait.
Je rajoute que Dilgo Khientsé, grand maître tibétain, a été abattu lorsqu'il a appris le décès de sa fille...ce n'est plus tard que le 16ième Karmapa, qui avait un don de medium, qui l'a consolé, en le mettant en contact avec sa fille.. une spiritualité, une thérapie réussie ne consiste pas à aller toujours bien (quel ego, quelle prétention, quelle tension on se met alors), mais à être le plus souvent en contact avec son Centre de Paix..
Lorsqu'on s'autorise enfin à aller mal, comment se sent-on ? déjà beaucoup mieux..c'est le refus de la souffrance qui va lui donner tout son poids... et c'est le refus de laisser la vie suivre son cours et de lui faire confiance qui génère la souffrance initiale, nous vivons dans un double refus.. notre moi est une arrogance que nous payons cher..
Il ne s'agit pas bien sûr de devenir chamallow, et de se complaindre dans la douleur...quelques personnes sont arrivées à une sérénité vraie et profonde, qui se ressent... cela passe par un contact intime avec son mental et son émotionnel... alors petit à petit quelque chose de plus Grand et plus Doux vient englober tout ça, quand on fait confiance... la colère s'efface pour laisser place à l'amour profond, qui est unité retrouvée.
Ces personnes n'ont pas besoin de vous dire qu'elles vont bien; vous le sentez car cela rayonne..
Je suis en contact avec Daniel, si vous avez des questions..
Comme je l'ai dit il y aussi Michael Brown qui travaille dans une optique intéressante.

1 commentaire:

  1. Très bel article.La tristesse de Dilgo Kientsé me fait penser à Marpa qui fut très attristé par le décès de son fils.
    L'un de ses disciples lui dit alors :" Vous nous disiez toujours que tout est illusion.Qu'en est-il alors de la mort de votre fils,n'est-ce pas une illusion ?
    Et Marpa répondit "Oui, mais le mort de mon fils est une super illusion." :-)
    Dans la tradition chrétienne, on parle également du don des larmes comme une expression de notre vulnérabilité qui nous révèle à nous-même.Le Christ incarnait certainement cette alliance sacrée du charnel et du spirituel,de l'humain avec le Divin.
    Homme et Dieu à la fois unis par un éternel amour,une éternelle tendresse.

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