mardi 7 février 2012

Faites zazen avec un coeur chaleureux - Shunryu Suzuki


Hi Folks !
Dans un article précédent, j'ai expliqué l'importance d'avoir un coeur ouvert, pour recevoir ces énergies d'amour-partout-présent et pour se les donner à soi-même et se sentir plein, se sentir bien. Ceci ouvre le chakra du coeur.http://advaita22.blogspot.com/2012/02/la-connexion-spirituelle-1.html
J'ai d'ailleurs demandé tout récemment à Margaret Paul combien de temps la transformation prenait et elle m'a répondu fort justement que ce n'était pas quelque chose qui s'étalait dans le temps mais que c'était une ouverture continue du coeur, instant après instant. Cela correspond aussi en Inde à ce qu'on appelait le yoga de l'amour (Bhakti Yoga).
Dans un autre article, j'ai montré comment développer/retrouver son centre, oeil du cyclone, en constatant que les pensées vont et viennent et en ne bloquant pas les émotions, et que cet esprit de bouddha est une thérapie de pointe aujourd'hui: ACT (Acceptance Commitment Therapy): http://advaita22.blogspot.com/2012/02/act-acceptance-and-commitment-therapy.html. On peut dire que cela active le 3ième oeil, mais plus encore..
Cela correspond à ce qu'en Inde on appelle le yoga de la connaissance (Jnana Yoga).
(Le 3ième yoga en Inde était le Karma Yoga, l'engagement à servir autrui et soi-même par nos actions dans la matière; c'est bien sûr compris dans l'approche ACT avec nos valeurs et les actes correspondants.).
Dans le présent article, je précise, que la première et la seconde approches peuvent être conjuguées en même temps, dans la mesure où l'on conseille de garder un coeur chaleureux pendant que l'on accueille ce qui est (à l'intérieur et à l'extérieur, si pour nous cette distinction existe encore).
Shunryu Suzuki était un maître zen que j'aime bien; comme les moines Zen de la branche Soto, il était marrié; il est venu s'installer à San Fransisco en 1959. Ceux qui, comme moi l'autre jour au SuperU de Trégastel, ont parcouru la biographie de Steve Jobs (ex-patron d'Apple, maintenant aux cieux..) ont vu que Shunryu était le maitre zen de Steve. Celui ci était parti en Inde dans l'espoir de rencontrer des maîtres mais n'a pas fait la rencontre attendue; son mentor aux USA lui a alors dit que quand il serait prêt il trouverait un maître tout à côté de chez lui, et effectivement il a découvert Shunryu Suzuki qui était arrivé à San Fransisco, great !
Shunryu n'a pas eu une vie de tout repos.. sa femme a été assassiné par un moine fou (gloups...) et ensuite une de ses filles n'a pas pu le supporter et s'est suicidé (re-gloups, quel plan d'âme !!), ensuite lui-même a fini par une grave maladie... néanmoins aux dires de ceux qui l'ont cotoyé il a gardé une luminosité intérieure et une belle chaleur.., gage d'évolution authentique..
Je vous laisse avec quelques mots de Shunryu Suzuki: " Libre de soi, libre de tout", publié au seuil, chapitre "Traitez vous avec bonté". (pour ceux qui ne savent pas "zazen", c'est la méditation que l'on fait dans le zen et qui s'étend ensuite à la vie).
"Je voudrais que vous éprouviez le véritable sentiment de la pratique juste, car même si je pratiquai aussi zazen quand j'étais jeune, je ne savais pas exactement ce que c'était. Parfois, j'étais très impressionné par notre pratique à Eiheiji et dans d'autres monastères. Quand je voyais de grands maîtres ou que j'écoutais leurs enseignements, j'étais profondément ému. Mais il m'était difficile de comprendre ces expériences.
Notre but est d'avoir une expérience complète, un sentiment total à chaque instant de la pratique. Nous enseignons que l'éveil et la pratique ne font qu'un, mais à l'époque ma pratique relevait de ce que appelons le zen "en escalier":"j'en suis là de ma compréhension cette année et, l'année prochaine, j'en comprendrai un peu plus", me disais-je. Cette conception de la pratique n'a pas beaucoup de sens - je n'étais jamais satisfait. Si vous essayez la pratique progressive, peut-être découvrirez-vous vous aussi que c'est une erreur.
Si nous ne ressentons pas une profonde et ardente satisfaction dans notre pratique, ce n'est pas la véritable pratique. Vous pouvez être assis, tâchant d'adopter la posture juste et comptant vos respirations, tout en pratiquant quand même un zazen sans vie parce que vous vous contentez de suivre les instructions. Vous n'êtes pas bon envers vous-même. Vous pensez  qu'il suffit de suivre les instructions que vous donne un maître pour que votre zazen soit juste, mais le but des instructions est de vous encourager à vous traiter avec bonté. Ne comptez pas vos respirations seulement pour échapper à votre mental, mais pour vous adonner complètement à votre respiration.
Si vous lui montrez une grande bonté, respiration après respiration, vous éprouverez une sensation vivifiante et chaleureuse dans votre zazen. Par ce rapport chaleureux à votre corps, et à votre respiration, vous prendrez soin de votre pratique et éprouverez une profonde satisfaction. Si vous êtes très bon pour vous-même, c'est le sentiment que vous éprouverez.
Une mère se consacre à son enfant même si elle ne sait absolument pas comment le rendre heureux. Vous éprouverez le même sentiment chaleureux quand vous vous adonnez à votre posture et à votre respiration. Quand vous éprouvez un tel sentiment dans votre pratique, c'est un bon exemple de la grande compassion du Bouddha. Que vous soyez moine ou laïc, cette pratique s'étendra à votre vie quotidienne. Quand vous prenez le plus grand soin de ce que vous faites, vous vous sentez bien.
Tôzan Ryôkai a connu l'éveil à de nombreuses reprises. Un jour qu'il traversait une rivière, il a composé ce poème après avoir aperçu son reflet dans l'eau: "N'essaie pas de te représenter celui que tu es. Si tu essaies de te représenter celui que tu es, ce que tu comprendras sera très éloigné de toi. Tu n'auras qu'une image de toi." Vous aussi êtes dans la rivière. Vous pouvez dire que ce n'est qu'une ombre ou un reflet de vous-même, mais si vous regardez attentivement, d'un coeur chaleureux, c'est vous.
Nous insistons sur l'importance d'un coeur chaleureux, d'un zazen plein de chaleur. Le sentiment chaleureux que nous avons dans notre pratique est, en d'autres termes, l'éveil ou la compassion du Bouddha, l'esprit du Bouddha".
Merci à tous mes précieux amis là haut qui m'ont soufflé les mots de cet article..


J'aime cette photo, une des dernières: Steve et son épouse Lauren

1 commentaire:

  1. Merci Philippe,

    Elle est magnifique cette photo, pleine de tendresse....

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