dimanche 11 mars 2012

Tu es donc Je suis - Satish Kumar

Satish Kumar, il a l'air sympa celui-la !
"Tu es donc je suis. Une déclaration de dépendance"
Un livre sympa que je viens de parcourir rapidement, et dont la lecture m'a été recommandée par un lecteur de ce blog. Satish a commencé sa vie dans un monastère Jaïn en Inde, afin de ne plus avoir peur de la mort, ou d'atteindre l'éveil. Et puis, influencé par les idées de Gandhi, il renoncera à son ordination de moine, pour mener une vie plus engagée dans le monde.. dans son livre il raconte ses rencontres avec des "sages" indiens, comme Krishnamurti, et des personnes connues pour leur engagement comme Martin Luther King, Bertrand Russel..
Une lecture sympa pour tous lecteurs (on peut l'offrir à des personnes qui ne s'intéressent pas habituellement à la "spiritualité"), même si à mon sens certaines personnes rencontrées par Satish et Satish lui-même tombent parfois dans l'idéologie extrémiste de renoncement à l'ego; je préfère une vision équilibrée entre les deux facettes de qui je suis...
Quelques passages que j'ai bien aimés:
Ma mère récitait souvent des vers tirés des grands textes jaïns, comme celui-ci: "C'est en se rendant mutuellement service que les âmes trouvent leur salut".
Méditer, c'est se contenter d'exister. C'est être présent et attentif à chaque instant de sa vie.
Les bouddhistes ne s'appuient pas sur le concept d'âme ou de force vitale, ce que nous nommons jîva dans les textes jaîns. Les jaîns estiment au contraire que jîva, la force vitale, est au centre des principes fondamentaux. C'est jîva qui souffre, et c'est jîva qui se libère des souffrances.
Nous commettons une grave erreur en établissant une distinction entre l'amour des dieux et l'amour des hommes ! Les idées de Gandhi m'invitaient à pratiquer une forme de spiritualité sociale qui m'était jusqu'alors inconnue. Après avoir consacré une grande partie de sa vie et de son énergie à s'interroger sur la vérité, Gandhi avait compris qu'elle se trouve au coeur de notre relation au monde.
Le nirvana existe en chacun de nous, et nous ouvre ses portes chaque fois que nous nous offrons au monde avec une abnégation telle.
(le sage Vinobâ): Si tu peux vivre et agir sans désirer le fruit de ton action, tu es déjà sur la voie de la spiritualité. En agissant sans penser au résultat de tes actes, à leur succès possible, aux gains que tu pourrais en tirer, tu parviendras à supprimer la distinction entre l'action sociale et l'action spirituelle. Si tes intentions sont pures, ton action irradiera de beauté. Quand tes mains, ton coeur et ton esprit ne font qu'un, et que ton âme n'est pas en quête de résultat, le moindre de tes actes devient une oeuvre d'art.
L'idée de nourrir à la fois la nature, l'individu et la société me donna beaucoup à réfléchir. Encore aujourd'hui, je me réfère constamment à cette trinité. C'est elle qui modèle la plupart de mes actes. Je l'ai rebaptisée "Terre, âme, société". L'homme a souvent exprimé ses aspirations les plus nobles au moyen d'une trinité "Le Père, le Fils et le Saint Esprit" condense la vision chrétienne de l'univers. "Vie, liberté et poursuite du bonheur" permit à la jeune nation nord-américaine de formuler ses idéaux démocratiques. "Liberté, Egalité, Fraternité" fut le mot d'ordre de la Révolution française. "L'âme, le corps et l'esprit" résuma le mouvement New Age. Aujourdh'ui à l'aube de ce que j'appelle l'ère de l'écologie, la triade "Terre, âme, société" est celle qui, selon moi, formule le mieux nos aspirations à une vision plus globale du monde.
Je ne marchais pas pour la paix, j'étais la paix. Elle irradiait de toute ma personne.
Nous vivons désormais dans un monde post-religieux. L'époque nous invite à être un bon humain plutôt qu'un musulman, un hindou, un bouddhiste, un jaïn ou un chrétien. Nul besoin d'être un héros ou un ascète pour nous lancer dans une quête spirituelle.

1 commentaire:

  1. Et non pas "je pense donc je suis" toute la différence justement et le résultat de tant de combat de l'être à être simplement "la présence" !

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