mardi 17 avril 2012

Se coucher heureux et se réveiller heureux ??

Oia Village, Santorini

Hello Folks,

J'ai une certaine sympathie, ou une sympathie certaine, pour l'approche du tantrisme cachemirien, tel que par exemple présenté par Eric Baret (voir par ex. "Dans la nudité des tantras" edition Almora). Sans pour autant en faire un système, ou en déduire une conclusion intellectuelle et ontologique..ça, ce serait vouloir résoudre les secrets de l'univers, et c'est se mettre une charge supplémentaire !
L'approche proposée, sur le plan pratique, consiste à accueillir, écouter ses ressentis dans son corps.
Non pas "je suis triste" ou "je suis déprimé"... ceci est une pensée... qui vous a dit que vous étiez déprimés ? Il faut comprendre que la majorité des thérapies proposées par les psys sont des thérapies mentales...c'est très long et cela ne marche pas forcément (il reste même, d'après certains, à démontrer que la psychanalyse donne des résultats..).
Non pas "je suis triste" ou "je suis déprimé", mais je sens la tristesse, je sens la dépression, et on écoute dans son corps: à quel endroit (le ventre, la gorge ?)... on accompagne par le souffle... on laisse l'émotion se déployer entièrement... on prend du temps à soi pour faire cela... au lieu de refouler l'émotion....
Comment faire pour arriver un jour à se coucher heureux et se réveiller heureux..??
Prendre un peu de temps certains jours pour examiner "qu'est ce que je n'ai pas accepté ?"...ou "qu'est ce que j'attends avec trop de force ?".."qu'est ce qui me fait peur ?". et si on n'accepte pas aujourd'hui, c'est ainsi... on ne peut pas se forcer à accepter quelque chose qui nous est arrivé... mais on peut accepter sa non-acceptation, c'est à dire écouter, sans mentaliser, le déploiement dans son corps de ce refus... petit à petit, la tension cristallisée pourra se déployer... ou peut être même se transformer dans notre essence fondamentale, (qui est joie et paix)..
Si c'est un trauma lourd qui nous bloque, il peut être intelligent de se faire accompagner dans les ressentis qui remontent alors !
Derrière nos peurs, et nos souffrances, il y a une paix et une joie intrinsèque..("notre droit de n'essence"). Mais elle ne peut être saisie par un acte de préhension, elle se dévoile lorsque notre projet devient "ce qui est". "Le yoga c'est faire face à ce qui est"..."certains vont dans des brasseries pour manger de la choucroute et sont heureux, d'autres font du yoga toute leur vie et sont déprimés, l'un n'a pas plus de valeur que l'autre, ce qui compte (pour nous amener vers l'essence) c'est d'être dans son ressenti."
La disponibilité sans jugement pour ce qui est, en passant par l'écoute du corps, en étant juste présent à ce qui est, est une façon de nous retrouver dans ce centre (le notre, celui de la vie), dont il est fait mention dans les thérapies ACT et IFS...
On ne peut pas provoquer le lâcher prise mais voir la mécanique qui fait que l'on se met en tension et à côté de ce qui est (regrets du passé /désirs pour le futur). Voir cette mécanique crée une brèche à travers laquelle, progressivement, de petits moments de conscience, de bien-être sans cause, vont commencer à être vécus !
C'est en fait une attitude de chaque instant à laquelle on est invité: accueillir ce qui se présente, dans ses ressentis... c'est vrai que si on fait cela, il n'y a guère de place pour mentaliser, car on ne peut sentir et penser en même temps...
Sur le plan de la Sagesse, le propos est de constater que l'on refuse tout le temps ce qui est, et ce qui s'est passé, et que l'on rêve tout le temps à la situation de demain...
Avec la maturité, vient, ou ne vient pas, la compréhension que l'on se trompe en cherchant à se réaliser dans une situation... car il y aura certainement toujours des choses qui vont clocher, et que surtout c'est en nous même que se situe la sérénité et la sécurité... ce sont toujours ces attentes que l'on plaque (sur quelqu'un, sur un travail, une situation) qui nous empêchent de trouver en nous...

Tout ceci n'interdit pas, bien sûr, d'avoir des préférences, des projets, dans la matière... mais idéalement, une certaine légèreté finit pas s'installer, quand le moment est venu...

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