mardi 7 juin 2011

Paroles de Ramana (2)

Quelques paroles de Ramana, porteur de l'approche du Vedanta en Inde, au 20 ième siecle...
Alors les phénomènes du monde ne seraient pas extérieurs à nous ?? Et le réaliser nous apporterait la libération ! Mais quelle curieuse histoire que celle là !!

"Les phénomènes du monde, extérieurs aussi bien qu'intérieurs, ne sont que des manifestations passagères qui ne sont pas indépendantes de notre Soi.  

Seule notre habitude de les considérer comme réelles et de les situer hors de nous-mêmes est responsable du fait que notre être véritable est caché et que les phénomènes du monde sont mis en avant. 

Quand l'unique réalité toujours présente, le Soi, est trouvée, toutes les autres choses irréelles disparaîtront, laissant derrière elles la connaissance qu'elles ne sont autres que le SOI."

"Aussi longtemps que persiste l'identification au corps, le monde semble se trouver à l'extérieur de nous."

"L'état libre de pensées est notre état originel. Il est toute félicité. N'est-il pas déplorable de quitter semblable état pour un état malheureux, fourmillant de pensées ?"

"La perturbation causée par les pensées semble dérober au Soi sa paix. Cette perturbation est le mental.
Quand celle-ci disparaît, ont dit que le mental prend son envol.
Il reste le SOI comme substrat imperturbable."
"Nul ne réussit sans efforts. La maîtrise du mental n'est pas donnée à la naissance. Les rares qui y parviennent doivent leur succès à leur persévérance."
"Il est possible d'exercer toutes les activités de la vie dans un esprit de détachement, en ne considérant comme réel que le Moi Supérieur.
On a tort de croire qui si quelqu'un est ancré dans le Moi Supérieur il n'accomplira pas complètement les devoirs que lui impose sa vie. 
Il en est comme d'un acteur, qui s'habille et agit d'après le rôle qu'il joue, qui éprouve même les sentiments commandés par le rôle, tout en sachant parfaitement qu'il n'est pas le personnage qu'il représente, mais quelqu'un d'autre dans la vie réelle."
"Quand l'ego-soi commence à se connaître lui-même,

il disparaît dans la vision du Soi. 

Le véritable Soi est là, dans le Coeur,

derrière l'ego-soi du jiva. 

Plus vous plongez profond,

plus vous vous perdez dans les profondeurs abyssinales,

et la réalité de l'Atman qui est en vous, vous soutient.

C'est un flux constant de la conscience du « Je ».

Vous pouvez la sentir, l'entendre, pourrait-on dire ;

c'est ce que j'appelle « Aham sphoorthi »

(une sensation indescriptible mais palpable, ressentie dans le Coeur : c'est l'état des jnâni). 

Plus vous plongez profond, plus vous devenez conscient de la Présence.

Là il n'y a plus de doutes ni de pensées

– elles sont détruites à la racine –

c'est alors un flux puissant qui vous entraîne comme un fétu de paille.

Vous faites partie de ce flux, vous surnagez sain et sauf,

mais c'est une expérience agréable :

vous devenez ce qui vous entraîne. 

C'est l'union du jiva avec brahman. 

La dissolution de l'ego dans le Soi.
La disparition du mensonge.

"Il y a un état dans lequel les mots s'arrêtent
et le silence prévaut".
"Restez comme témoin de tout ce qui se passe !"
est un précepte du Maharshi.
"Adoptez l'attitude de quelqu'un qui dirait : 
"Laissons arriver les choses étranges qui arrivent.
Regardons ! "
Par là on peut éviter de s'identifier avec les apparences et d'abandonner son soi-même, ce qui arrive au mental s'il n'est pas contrôlé.
C'est comme un brâhmane, qui jouerait différents rôles dans un drame sans jamais oublier dans son mental qu'il est en réalité un brâhmane. Il ne faut donc jamais perdre de vue que
"je suis le Soi". Si le mental s'en écarte, il faut immédiatement s'exclamer : 
"Oh ! Oh ! je ne suis pas le corps, Qui suis-je ?"
et il va se rétablir dans son état pur.
La recherche du "Qui suis-je ?" est donc le moyen principal pour extirper toute la misère humaine (qui provient de la fausse identification du corps avec le Soi profond) et pour gagner la béatitude suprême."
On doit donc chercher sa nature réelle, qui est toujours incorporelle, et s'en tenir à elle.
Toutes les autres méthodes de procéder sont moins puissantes pour contrôler le mental. C'est ainsi que la discipline de la respiration va bien l'apaiser, mais seulement aussi longtemps qu'elle dure. Pareillement la méditation sur les différentes formes de Dieu, la répétition des syllabes sacrées ou la restriction de la nourriture sont des aides pour le pacifier momentanément, après quoi il va divaguer d'emblée.
On doit continuellement s'en tenir à la méditation du Soi, éduquer le mental à rester dans son état originel, être vigilant avant que quoi que ce soit puisse vous déranger.
Ce qui existe réellement c'est le Soi. Il constitue l'état dans lequel la pensée "je" n'existe plus. On l'appelle "Silence". Il est Dieu. Tout est Shiva, le Soi.
Celui qui se donne entièrement au Soi qui est Dieu, c'est le dévot excellent. Se donner entièrement à Dieu signifie rester constamment dans le Soi. 

Si l'ego se fond dans la Source, il n'y a plus d'ego, plus d'âme individuelle, c'est-à-dire que le chercheur ne fait plus qu'un avec la Source.
Cette perte de l'individualité - qui d'ailleurs dès maintenant n'a aucune existence réelle -
est la dévotion, la sagesse et la recherche.
Les désirs: 
Les vasana constituent en grande partie l'inconscient psychanalytique.
Ils alimentent la constante prolifération des désirs (attraits, répulsions, volonté de puissance, volonté de vivre, besoins psychiques tels que celui d'aimer et d'être aimé, etc) 
Les désirs, incessamment renouvelés focalisent en permanence notre attente sur notre moi.
Si les désirs s'affaiblissent, les vasana s'affaiblissent aussi et la vision gagne en clarté.
Si les désirs disparaissent, il y a Libération.
Chaque jour, pendant un quart d'heure les yeux ouverts, essayer de garder l'esprit fixé sur Cela qui voit.
Il est en vous.
Ne vous attendez pas à ce que "Cela" soit quelque chose
de bien précis sur lequel le mental peut se fixer facilement.
Il faut des années pour trouver ce "Cela", mais les résultats de cette concentration seront apparents en l'espace de quatre à cinq mois :
 paix de l'esprit, pouvoir de faire face aux ennuis, clairvoyance inconsciente."

Un faux je apparaît entre la Pure Conscience et le corps insensible, et s'imagine limité par ce corps. Cherchez-le et il s'évanouira comme un spectre. Ce fantôme est l'ego, ou la conscience limitée ou l'individualité.

(Extrait d'un blog complet sur Ramana en Français, voir: http://sililia.over-blog.com) 
 

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