dimanche 12 juin 2011

Paroles de Ma Ananda Moyi (4)


Comment voudriez-vous donc que se déroule le jeu divin (lîlâ) si le voile de l'ignorance n'existait pas pour l'individu ? L'acteur qui interprète un rôle doit s'oublier lui-même. La lîlâ serait irréalisable sans le manteau de l'ignorance. Il est donc tout naturel que ce voile existe. Etre un individu séparé signifie être lié, être lié par le voile de l'ignorance.

C'est vous qui pensez "avant" ou "après" car vous restez sur le plan où existe le temps. Aussi longtemps que vous resterez l'esclave du temps, naissances et morts se succéderont. En réalité, il n'existe rien qui soit une renaissance. Pourtant le souvenir des vies antérieures se présentera très certainement à un certain stade. Mais que signifient "avant" et "après", puisque j'existe de toute éternité ?

Les pouvoirs psychiques se développent forcément au cours de la pratique, mais le pratiquant doit cependant bien prendre garde à ne pas se laisser posséder par ces pouvoirs, car alors ses progrès s'arrêteraient net.

Si l'on s'exprime d'un autre point de vue, tout est Conscience pure (chinmayi) et rien que cela: tout, forme, diversité, apparence sont en réalité conscience, et en fait non matériels (aprâkrit). Dans cet état il n'y a pas d'autre que soi.

La réalisation doit comprendre tout, tout embrasser, et en tout l'on doit reconnaître son propre Soi.

Lorsque l'on est parvenu à l'advaïta, on a recouvré son état originel. Dans la vie du monde, l'individu était noyé dans le chagrin et l'affliction, noyé signifie obscurci par le voile, et maintenant tout est rejeté et il ne reste que Cela. Sa présence s'est révélée en toute chose.
C'est le sentiment qu'il vous manque quelque chose qui suiscite les chagrins dans le monde, mais la vraie nature de l'homme, c'est se languir de Dieu.

Tout ce que l'on dit est vrai du point de vue où l'on se place.

On découvre que Dieu est notre propre-Soi, identique à nous-même, notre Soi le plus intime.
C'est la perception du monde, fondée sur l'identification de vous-même avec le corps et l'esprit qui a toujours été à l'origine de votre esclavage. Le temps viendra où cette sorte de perception s'effacera devant la conscience universelle, qui en s'éveillant, se révélera comme un aspect de la Connaissance suprême.
Le monde (jagat) appartient au Seigneur; il est né de Sa volonté, de Son imagination. Dieu joue avec Lui-même. Il s'égare Lui-même pour le plaisir de Se retrouver.


(Extraits de L'enseignement de Ma, Collection spiritualité vivante, volume 209, Albin Michel)

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