samedi 12 novembre 2011

Le Mirage du Pouvoir - Alice Bailey


On a déjà parlé sur ce blog de la dérive, classique sur un chemin spirituel, de la récupération par la personnalité de la lumière du plan de l'Âme. Ceci avait été abordé dans le cadre des différents degrés d'initiation, sachant que jusqu'au niveau 3, l'égo peut encore s'approprier des mérites, alors que les charismes manifestés sont avant tout simplement le résultat d'une reconnexion: http://advaita22.blogspot.com/2011/09/les-degres-dinitiation-la-reconnexion.html.
C'est comme une ampoule qui brille, elle le doit avant tout au réseau électrique..
Les personnes prises au piège du pouvoir personnel, illusion dans laquelle on tombe parfois quand les personnes autour de nous commencent à trouver que l'on dégage quelque chose de spécial et que certains commencent à nous admirer, finissent bien souvent par s'effondrer car la Vie ne laisse pas éternellement l'ombre dominer, le "retour", de tous et toutes, restant, en toile de fond, le but déjà garanti..même si l'on passe par tout un tas de rebondissements parfois difficiles à avaler, c'est aussi histoire de faire durer le film, car sinon - et ceux qui sont déjà allés là-haut ne le savent-ils pas ? - tout serait immobile, car à quoi bon le mouvement si tout est déjà atteint..
Ici, dans ce livre d'Alice Bailey "Le Mirage, Problème Mondial", livre canalisés d'un maître dans l'au-delà dit "le Tibétain D.K." qui traite des différents types d'illusion, on trouve également un passage un peu plus détaillé sur le sujet bien réel du mirage du pouvoir personnel.
" L'Illusion du Pouvoir est sans doute l'un des premiers et des plus sérieux tests qui se présentent à l'aspirant. C'est également un des meilleurs exemples de la "grande erreur" que je signale du reste à votre attention et de laquelle je vous prie de vous garder le plus soigneusement possible. En vérité, il est rare qu'un disciple échappe aux effets de cette erreur d'illusion, car elle est, assez curieusement, basée sur un juste résultat et un juste motif. De là vient la nature spécieuse du problème qui peut être exprimé ainsi:
Un aspirant, par un juste effort, parvient à pendre contact avec son Âme. Par la méditation, de bonnes intentions, la technique correcte et le désir de servir et d'aimer, il parvient à établir l'alignement. Il devient alors conscient des bons résultats de son travail. Son mental est illuminé, un sentiment de pouvoir passe à travers ses véhicules. Il devient, temporairement du moins, conscient du Plan. Les besoins du monde et la possibilité pour l'Âme de satisfaire ces besoins inondent sa conscience. Son dévouement, sa consécration, son juste motif augmentent l'influx d'énergie spirituelle. Il sait, il aime, il cherche à servir, et il y réussit avec plus ou moins de succès. Le résultat est qu'il en devient plus animé par un sentiment de pouvoir et par le rôle qu'il doit jouer en aidant l'humanité qu'il ne l'est pas un juste sens des proportions et des valeurs spirituelles. Il se surestime et surestime aussi son expérience.
Au lieu de redoubler d'efforts, d'établir ainsi un contact plus étroit avec le royaume des Âmes et d'aider tous les êtres plus profondément, il commence à attirer l'attention sur lui-même, sur la mission qu'il doit accomplir, sur la confiance que le Maître et même le Logos planétaire lui manifestent apparemment. Il parle de lui-même: il gesticule, il demande que ses mérites soient reconnus. Ainsi, son alignement diminue graduellement: son contact avec l'Âme s'affaiblit; il rejoint les rangs de ceux qui ont succombé à l'illusion du sentiment de pouvoir. Cette forme d'illusion devient de plus en plus répandue parmi les disciples et parmi ceux qui ont pris les deux premières initiations. Il y a, dans le monde aujourd'hui, beaucoup d'hommes qui ont pris la première initiation dans une vie précédente. A une certaine époque du présent cycle de vie qui ramène et récapitule les événements d'un développement antécédent, ils atteignent de nouveau un point de réalisation déjà atteint.
Le sens de ce qu'ils ont atteint les envahit, ainsi que le sentiment de leur responsabilité et de leur connaissance. De nouveau, ils se surestiment, considérant eux-mêmes et leur mission comme uniques parmi les fils des hommes. Leurs exigences ésotériques et subjectives de reconnaissance entrent en jeu et gâtent ce qui, autrement, aurait pu être un service fructueux. Tout accent mis sur la personnalité peut déformer très facilement la pure lumière de l'Âme qui cherche à se déverser à travers le soi inférieur. Tout effort fait pour attirer l'attention sur la mission ou la tâche qu'entreprend la personnalité détourne de cette mission et handicape l'homme dans cette tâche jusqu'au moment ou il est en mesure de n'être plus qu'un canal à travers lequel l'amour peut se déverser et la lumière briller. Cet influx et cette radiation doivent être spontanés et sans référence au soi."

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