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vendredi 13 avril 2012

EMDR, une aide pour les stress post-trauma

Pour voir la vie autrement...

Aloha !

Je vous conseille de regarder ce bon film de 15 min. sur l'EMDR.
J'ai beaucoup parlé sur ce blog des thérapies ACT et IFS, comme chemin pour aller vers la sénénité. J'ai parlé aussi des acides aminés. En complément, une technique que l'on peut faire avec l'aide d'un psy ou même seul, des mouvements oculaires des yeux en se rappelant du trauma... c'est ce qui se fait la nuit pendant les rêves, mais si le trauma est trop fort, ce mécanisme peut ne plus suffire, et faire quelques séances le jour permet, d'après le film, jusqu'à 80% de succès... ceci permet de rétablir petit à petit la connexion du cerveau émotionnel avec le cerveau rationnel, et de digérer le trauma... si le trauma n'est pas digéré (et nous sommes nombreux à en porter), il va y avoir souvent des peurs, des flashbacks, et des dépressions, et comme c'est une autre partie du cerveau que la partie rationnelle qui génère cela, c'est pas simple de s'en sortir sans un "truc"... car le contrôle finit par épuiser.
" Chaque événement douloureux laisse une marque dans le cerveau, précise le psychiatre David Servan-Schreiber, qui a introduit la méthode dans l'Hexagone, et qui préside l'association EMDR-France. Celui-ci effectue alors un travail de 'digestion' permettant aux émotions qui accompagnent le souvenir de se désactiver. A moins que le traumatisme ait été trop fort ou ait frappé à une période où nous étions vulnérables. Dans ce cas, les images, les pensées, les sons et les émotions liés à l'événement sont stockés dans le cerveau, prêts à se réactiver au moindre rappel du traumatisme. Dans l'EMDR, le mouvement oculaire 'débloque' l'information traumatique et réactive le système naturel de guérison du cerveau pour qu'il complète son travail. "

http://www.dailymotion.com/video/x2lmqj_guerir-autrement-emdr_tech?start=1053#from=embed

jeudi 29 mars 2012

La phobie de la vie ordinaire - article de récapitulation


Aloha !
Je récapitule dans cet article différents points que j'ai exposés dans mes articles précédents... au cas où j'aurais perdu certains d'entre-vous en route, vu l'intensité de la production en 3 mois...
Smile...
Lorsque nous avons subi des traumas (quelque soit la nature) et que nous n'avons pas été en mesure d'intégrer ce(s) trauma(s), il se produit un mécanisme de retrait de notre partie centrale (le Soi, le Self). Ceci est particulièrement vrai pour les traumas dans l'enfance (potentiellement dans une vie antérieure si l'entre-vie n'a pas permi la résolution de la charge émotive) , a fortiori si ils ont été répétitifs et si l'enfant s'est trouvé dans un entourage peu empathique... la psyché ne pouvait pas intégrer l'évènement, et donc le mécanisme de défense de la psyché est de mettre notre conscience principale, notre centre, en retrait... les sous-personnalités qui sont alors au commande, qui occupent le centre de la conscience, sont celles qui existent indépendamment du centre, typiquement les sous-personnalités qui portent le fardeau de la peine du trauma (par exemple sous forme d'un enfant blessé "gelé" dans le passé, et qui va revivre tout évènement présent avec ses lunettes déformantes, en fonction de sa charge émotionnelle passée donc), et également des protecteurs qui vont utiliser des moyens de défense de notre partie blessée... différents schémas de défense sont possible, qui donnent lieu aux différentes personnalités que l'on connaît, ce qui se décline même dans l'apparence physique !...les défenses peuvent être la rationalisation (structure de défense "rigide"), la fuite (structure "schizo"), les addictions (structure "orale"), la colère (structure "maso"), la séduction (structure "psychopathe-narcissique"), ou toute combinaison des stratégies mentionnées..
On, peut se poser la question si le mode de vie occidental, plus basé sur la compétition que sur la coopération, n'est pas à lui seul susceptible de causer suffisamment de trauma pour provoquer un retrait, au moins partiel, du centre...certains pays d'Afrique comme le Niger ont été noté dans une étude comme les pays où les personnes étaient les plus heureuses (en raison de l'existence d'un lien social)...et en outre, dans ces pays, le taux de guérison de la schizophrénie, est double par rapport à son taux occidental......et peut-être l'expérience de l'incarnation elle-même provoque-t-elle un petite retrait du centre d'ailleurs. On a dit plusieurs fois que certaines femmes peu avant l'accouchement connaissent une expérience mystique qui serait apporté par l'enfant encore porteur du parfum de son âme et des vibrations de cette dimension....
    La tension intérieure, entre les parties blessées et les parties protectrices, explique ces changements d'attitudes, d'énergies, que l'on peut ressentir chez une personne porteuse de trauma (on la ressent instable, peu fiable malgré les apparences, dangereuse malgré elle)... Le retrait du centre, stabilisateur, barycentre du système, contribue à l'oscillation permanente de cette "personne-mozaïque"..
Un tel état de la structure complique la possibilité d'un bien-être vrai..
En effet, les sous-personnalités blessées sont porteuses de charge... et les protecteurs sont aux aguets..ce qui produit une espèce de "phobie de la vie ordinaire", plus au moins consciente selon les sujets..c'est à dire que pour beaucoup d'entre nous, on ne sait plus ce qu'est le bien-être, sauf à de trop rares occasions.
Un élément central de la thérapie-spirituelle, va être le retour du Roi, le retour du Centre au sein de la structure... ce Soleil Intérieur sera l'énergie-sagesse sur laquelle le thérapeute-guide, puis de plus en plus le patient vont s'appuyer pour ramener la sérénité et la joie de vivre au sein de la structure..
La psychosynthèse, Inner bonding, ainsi que l'actuelle thérapie IFS et dans une certaine mesure ACT aussi, sont des approches qui s'appuient sur le contact et le retour du Centre de notre Être comme pivot de la "guérison-transformation". Plusieurs voies de sagesses traditionnelles peuvent aussi se rattacher à cette approche.
Ainsi, l'être peut revenir à une structure saine, voir se transformer. Une des propriétés du Centre étant la connexion - aux autres et au "Grand Tout" - le rétablissement d'une structure centrée dans l'Être, sera la base assainie pour des relations enrichissantes avec autrui, et un contact participatif avec le Sacré de la Vie.
Le rétablissement ou la découverte-création de ce Centre en nous sera aussi le garde fou face à la dissolution du moi dans un sentiment océanique de fusion avec l'unique... expérience initiatique qui n'est point rejeté par cette approche, mais qui est mise en perspective - comme un mode de fonctionnement de la conscience, une des facettes du réel; ainsi cette approche centrée respecte d'une part notre dimension individuelle - cadeau du divin, moteur de son enrichissement par nos expériences propres (nous sommes là pour qu'Il se reconnaisse en nous et qu'on se reconnaisse en Lui) - et d'autre part la, les dimensions unitives de ce formidable mystère qu'est la vie dans les différentes strates dimensionnelles.. 
C'est une des ambitions de la suite de ce blog, de broder, détailler, partager autour de ces points, et pourquoi pas par la suite, témoigner des effets positifs de cette approche..
Avec amour, Philippe

jeudi 15 mars 2012

Trauma et IFS

LE livre sur IFS
 Hello !
Comme les traumas sont un sujet important (car ceux qui en portent ont vraiment besoin d'être aidé pour s'en sortir), je vous traduis un passage du meilleur livre sur IFS (Internal Family Systems) Therapy. Il s'agit de "Self-Therapy "de Jay Earley, c'est sans doute le livre le plus clair sur IFS et qui permet de commencer tout seul, au moins pour traiter nos premiers problèmes et apprendre à bien se centrer.. (ce livre est en anglais; sur le portail amazon.fr il n'est téléchargeable qu'en format Kindle, pour avoir le livre il faut le commander comme moi sur amazon.com ou sur le site IFS).
Si je parle de ça c'est que IFS est une thérapie particulièrement douée pour traiter les traumas, même les traumas forts, car le sujet n'est pas obligé de revivre le trauma. En effet, il va apprendre à se centrer dans son centre (le Self), bien avant d'aller voir sa partie Exilée (qui contient la mémoire du trauma).. et de plus on ne va pas chercher l'Exilé comme ça, il faut d'abord obtenir la confiance des Protecteurs, c'est donc toute une écologie interne qui est construite tranquillement au rythme de chacun, en contribuant à donner à une structure à son Être et en se renforçant... on dit des traumatisés qu'ils ont un esprit mozaïc..c'est à dire plein de sous-personnalités différentes qui ne communiquent pas bien les unes avec les autres... fragmentation de l'être.... il y a d'ailleurs l'ouvrage de R. Schwartz spécialement sur l'application d'IFS au trama qui s'appelle "The mozaic mind: Empowering the Tormented Selves of Child Abuse Survivors"
La liste des thérapeute IFS certifié en France est ici: http://www.selfleadership.org/practitioners.html?search[country]=FR&search[city]=&search[state]=&search[acceptphone]=&search[keyword]=, il n'y en a que deux en France: François Le Doze neurologue à Caen (dont j'ai déjà parlé) et une personne à Paris.
Je traduis maintenant, c'est page 302du livre Self Therapy de Jay Earley:
"IFS est très efficace pour travailler avec les traumas, simplement en utilisant le processus normal sans techniques spécialisées. Ceci est en partie car Richard Schwartz a développé IFS à un moment où un grand pourcentage de ses clients avaient expérimenté un trauma significatif.
Une raison importante de l'efficacité d'IFS avec les traumas est la façon dont il traite avec la séparation des parties Exilées. La plus grosse difficulté pour travailler avec le trauma est le danger de retraumatiser le client lorsqu'il a accès et cherche à guérir la partie Exilée qui porte le trauma. IFS s'arrange avec ce problème d'une façon efficace. Le client reste dans son Self et développe une relation avec l'Exilé traumatisé. Le client ne devient pas l'Exilé (ne se mélange pas avec), à moins que cela soit sécure de le faire et qu'il y ait un bénéfice clair à le faire. Si la partie Exilée commence à noyer le client avec de la terreur, de la honte, ou toute autre émotion reliée au trauma, le thérapeute aide le client à négocier avec la partie Exilée pour qu'elle reste séparée. Ceci est une des innovations majeurs d'IFS pour le travail sur les traumas. Schwartz a découvert que les Exilés ont la capacité de contenir leurs émotions et de ne pas submerger le client. La partie Exilée a juste besoin de comprendre que c'est dans son meilleur intérêt de s'abstenir de se mélanger car de toute façon il y a le Self qui va être témoin de son histoire et va la guérir. 
IFS met continuellement l'accent sur le fait de rester dans son centre (Self) lorsque l'on travaille sur des parties exilées traumatisées, et ceci est crucial pour le succès de la thérapie. même les clients qui pourraient récupérer des mémoires de l'abus et y faire face sans être dans le Self ne devraient pas car il y a peu de chance que cela amène une guérison. C'est seulement lorsque le client est dans le Self qu'une véritable guérison peut arriver car le Self incarne la compassion, l'amour, l'enracinement, la force, qui sont des qualités toutes nécessaires pour la guérison (ma note: cela me rappelle qu'Amma disait qu'un thérapeute ne pouvait pas enlever les blessures car trop profondes mais seul l'éveil pouvait y remédier, nous y voilà avec IFS et le Self...).
La méthode IFS est aussi très utile pour comprendre les manifestations de défenses qui surgissent constamment dans le travail sur les traumas. La dissociation, par exemple, est comprise comme un protecteur qui essaye d'éviter qu'un client revive le trauma. Vous travaillez sur une partie dissociée de la même façon que l'on travaille sur les protecteurs. Vous vous connectez avec et vous la rassurer que le client va rester dans le Self et qu'il ne va pas être envahi par les mémoires de la partie Exilée.
Note: pour ceux qui sont intéressés par les formations IFS (dont j'ai parlé dans un article précédent), le traitement des traumas fait partie du niveau 2 (et non pas du niveau 1 qui sera organisé à la rentrée prochaine à Caen et à Paris).
Avec tout mon amour pour toutes celles et ceux qui portent des traumas lourds en eux et qui ont un esprit mosaic: there is a -safe- way out of this !  Je reviendrai sûrement sur ce sujet... sachez que le but n'est pas in fine d'unifier toutes nos parties...et que d'autre part il est normal que parfois certaines parties soient réactivées (ce n'est pas une rechute)..un des but principal est d'en finir, pour les porteurs de traumas, avec "la phobie de la vie ordinaire"... oui quand on porte un trauma, on ne s'en rend même plus compte, mais on vit "une phobie de la vie ordinaire"...
Et que celui qui n'a aucun trauma lève la main.... menteur... ou inconscient ;-))

dimanche 11 mars 2012

Trauma et instabilité


Aloha !
Vous êtes vous demandés pourquoi les personnes qui ont vécu des traumas sont instables dans leurs comportements ? Je veux dire un trauma non intégré, car nous avons tous vécu des traumas au cours des vies.
Une personne avec un trauma non intégrée se caractérise par une dissociation structurelle de la personnalité, c'est à dire qu'elle est coupée en deux (a minima): une partie apparemment normale (appelée PAN) et une partie émotionnelle (PE)... par moment c'est la PE qui prend le dessus, et la PE a une vision des choses très limité et des comportements automatiques (faut pas trop espérer raisonner une PE).
Lorsque l'on dit qu'une personne n'a pas intégré son trauma, on veut dire qu'elle le nie ou encore qu'elle ne peut pas y penser... en effet les souvenir traumatiques sont complètement différents des souvenirs autobiographiques: ils sont beaucoup plus forts en émotions, contiennent des éléments symboliques, etc..ils sont coincés dans la PE... et il y aura alors une tension (même une haine, une honte) entre la PAN et la PE, avec à terme un épuisement et une décompensation possible...
C'est notamment un psy français (P. Janet) qui a été à l'origine de la thérapie des traumas.
Pour qui s'intéresse au sujet, il y a un ouvrage de fond "Le soi hanté, dissociation structurelle et traitement de la traumatisation chronique" écrit par 3 psy et traduit en français aux éditions de Boeck.
Un big pavé de 500 pages mais pourtant vachement intéressant et très bien écrit... la bibliographie fait 50 pages !! la partie traitement se trouve condensée entre les pages 389 et 440... l'ouvrage est super bien structuré, ce qui fait qu'on n'est pas obligé de le lire d'un coup, on peut commencer par certaines parties (le seul hic c'est que tout est passionnant dans ce livre pour qui s'intéresse à ce sujet)
Je précise que le trauma, cela peut être aussi une simple négligence ou carence affective durable au cours de l'enfance. J'aurai peut être l'occasion de revenir sur différents points de ce livre: les différentes dissociations (primaire, secondaire, tertiaire), souvent liées au fait de savoir si le trauma a eu lieu une fois ou a été chronique, les traitements (très proches d'IFS et d'Inner bonding)..
Je mets ici un petit extrait du livre sur l'attitude d'une PE (en terme IFS on dirait une Partie Exilée ou un Protecteur)

"Une personnalité intégrée est un système hautement complexe, coordonné et cohérent. En conséquence, ses nombreux sous-systèmes sont interconnectés. 
Les parties dissociatives sont des sous-systèmes anormalement simples et fermés, comparés à la personnalité intégrée. Ces sous-systèmes ne travaillent pas ensemble en harmonie, ils sont souvent médiatisés par un seul système d'action (ou une constellation limité de systèmes d'action) et s'engagent en général dans des tendances à l'action de niveau anormalement faible. Le champ de conscience qui fait partie de ces sous-systèmes est habituellement réduit aux objectifs de ce système d'action particulier, et ne se soucie pas d'intégration avec les autres systèmes d'action. Par exemple, la plupart des PE ne font que s'engager dans un nombre limité d'actions défensives, parce qu'elles sont médiatisées par un ou plusieurs éléments du système de défense, et n'expérimentent donc qu'un petit nombre d'états mentaux et comportementaux.
Même si les parties dissociatives sont anormalement fermées et simples, elles peuvent avoir une utilité adaptative lorsque le niveau mental du survivant est faible ou lorsqu'il y a des violences en cours dans sa vie: une attitude chronique de défense va alors dans le sens de la survie de la personne. Les survivants, en tant que PE, réagissent habituellement aux dangers qu'ils perçoivent de façon automatique, stable et immédiate, parce qu'ils sont majoritairement centrés sur un objectif de défense. Leurs actions, de niveau bas, sont bien rodées, hautement conditionnées, et ne sont pas troublées par l'ambivalence et les conflits qui peuvent émerger quand différents systèmes d'actions ont activés simultanément*
Les thérapeutes cherchent pas conséquent à augmenter l'efficacité mentale des PE et des PAN, pour les aider à atteindre des tendances à l'action de niveau supérieur. Ils essayent d'accroître la complexité de ces sous-systèmes de la personnalité, pour que leur autonomie diminue. Ainsi quand une PE communique davantage avec une autre partie dissociative, son système inclut de nouveaux éléments.
Les bénéfices de l'intégration de souvenirs traumatiques sont profonds, mais ils peuvent prendre un temps assez long à se matérialiser. Les survivants auront donc besoin de beaucoup de soutien thérapeutique pour apprendre à supporter l'ambivalence**, la compétition de leurs besoins et de leurs souhaits, et les gratifications tardives pour pouvoir réussir dans les tendances à l'action de niveau supérieur. "
A suivre...
* Ma note: ce mécanisme de défense primaire, le côté radical de la PE, explique pourquoi une personne avec une dissociation structurelle peut soudainement vous sembler complètement autre que ce qu'elle est d'habitude, avec l'impossibilité de lui faire "retrouver ses esprits"... elle est dans une mécanique de défense, dont elle a besoin compte tenu de la non-intégration de son trauma... mais cette non-intégration a un coût à terme pour la personne...(déclin post-traumatique).
** Avoir une structure intégrée signifie être capable de gérer l'ambivalence: différents choix sont possibles.. la personne dissociée se voit au contraire souvent dicté son choix par une PE qui tranche dans le vif sans vision globale.

mercredi 7 mars 2012

IFS (Internal Family Systems) thérapie et moi

Me again ;-)
Maintenant que je lis des témoignages de séance de thérapie IFS (Internal Family Systems), je peux mettre un modèle, une compréhension sur ce qui m'est arrivé, en analogie avec ce que je lis chez les personnes et leurs parties..
Il y a 3 ans j'ai eu une forte déception affective... et en fait je me rends compte que je suis resté en état de stress-post-traumatique pendant quasiment 3 ans... si on utilise IFS pour comprendre... vu le choc, mon Self, ma partie centrale, a été mise en sécurité (shut down), et c'est une partie vulnérable et peureuse qui s'est retrouvée au premier plan, d'autant qu'à force de cultiver une certaine spiritualité de l'amour pur, mes Protecteurs étaient devenus trop doux (une amie médium m'a dit "tu es déséquilibré, ta partie Yin très forte et ta partie Yang est devenue trop faible, tu vas attirer des femmes au Yin blessé qui vont te pomper")... cette partie vulnérable qui est restée au commande, c'est mon enfant intérieur...qui avait un syndrome de pseudo-abandon... ainsi je suis resté pendant presque 3 ans, avec une confiance en moi en bonne partie disparue (la confiance est dans mon Centre), un esprit d'initiative gelé (l'esprit d'entreprendre est dans mon Centre)... et beaucoup de peurs, celles de l'enfant intérieur avec son syndrôme d'abandon  (alors qu'avant je n'avais pas particulièrement des peurs comme ça, j'étais plutôt entreprenant)...
C'est suite à beaucoup de réflexions, et de travail, que j'ai pu comprendre et commencer à recontacter mon Centre...
Et encore ce qui m'est arrivé, ce n'est pas quelque chose de "grave"... j'imagine que les personnes qui ont subi des choses bien pires, peuvent rester en état de stress-post-traumatique toutes leurs vies... plus de centre, plus de confiance, une partie à la ramasse aux commandes (ou bien des parties polarisées)...
Remarque, être passé par là, cela me permet de comprendre pas mal de chose..

mardi 6 mars 2012

Trauma lourd et IFS (Internal Family System) therapy

Aloha,

J'ai expliqué dans le post précédant, comment on peut considérer notre Être constitué de plusieurs parties, un Centre que l'on est (à la fois témoin de ce qui se passe, mais aussi actif, créatif, compassionné, etc.) et des parties... d'ailleurs en passant, un des psy pionnier dans ce domaine était un français (Pierre Janet).
Parmi les parties, il y a celles qui sont un peu cachées et notamment les parties qui ont subies un trauma, on les appelle les Exilé(e)s... elles sont souvent défendues par des Protecteurs... ou encore Gestionnaires de la vie courante.
Dans le cas d'une personne ayant subi un trauma lourd, il y a un mécanisme de protection de notre Centre qui est une forme de dissociation... comme quand un pays est attaqué, on met le président à l'abri dans une sorte de bunker... en nous c'est pareil... le Centre est mis en retrait, et notre Être passe en mode pilote automatique coupé de ses émotions, de son corps (les anglo-saxons utilisent le terme "shutdown").... finalement c'est vachement bien prévu...Notre Âme, notre Centre, aurait du mal à le vivre, alors elle est mise en retrait...
Notre Centre va-t-il pouvoir revenir ensuite, allons nous pouvoir nous sentir vivre à nouveau, plein, avec notre Soleil intérieur ? Et bien tout dépend de l'entourage de la personne, de l'enfant si il est enfant, après le drame..si l'entourage est très consolant et protecteur, le Centre pourra peut être revenir....sinon la structure va se figer avec un Centre en retrait... c'est pourquoi les personnes qui ont subi un trauma manquent souvent de Centre, ne savent pas qui elles sont, se sentent souvent vides... si là dessus vous allez plaquer une idéologie orientale qui dit que vous n'existez pas et que vous devez juste être dans l'instant... la cata !
Au contraire il faut renforcer la puissance mentale (y compris par le mental supérieur) de la personne qui a subi un trauma (je vous rassure vu qu'on a eu des centaines de vies, on a presque tous eu des trauma)..
De plus, on peut dire que la personne avec un trauma a ses parties fortement polarisées, c'est à dire qu'il y a eu une tension intérieure, un conflit permanent, entre par exemple la partie Exilée et le Protecteur... par exemple votre partie Exilée est fondamentalement triste, mais votre Protecteur ne veut pas que vous soyez triste, alors il vous pousse à travailler à outrance... mais dès que vous vous posez, que vous faite silence, la partie Exilée triste veut guérir et en profite pour montrer son mal-être... alors le Protecteur veut vous protéger et ne supportera pas de rester en silence par exemple...
Il va de soi qu'un bon thérapeute ne va pas exposer la partie Exilée d'un client (avec trauma) trop rapidement... déjà une personne qui a un trauma lourd, de lui parler du Centre, et des différentes parties, cela va lui faire du bien, en plus elle sera rassuré de voir que tout le monde a différentes parties en lui, simplement chez elles, elles sont plus tranchées, plus isolées les unes des autres, et plus en conflit.... guérison, intégration..
Il faut d'abord prendre le temps de renforcer le Centre, et apprendre au client à y revenir, et à dialoguer avec les parties en lui... si c'est bien fait IFS, et les autres thérapies systémiques, ne renforcent pas une dissociation, ni ne créent de MPD (trouble personnalité multiple)...les personnes dissociées en général savent déjà qu'elles ont des personnalités ambivalentes en elles, compartimentées...et c'est pour cela qu'elles sont instables dans leur vie et dans leur relation et imprévisible (l'entourage ne sait jamais ce qui va se passer, car le ou les Protecteurs peuvent réagir à tout instant, c'est très difficile pour l'entourage...)
Le risque principal en IFS (et dans toutes les thérapies) est d'exposer la partie Exilée du client trop tôt, alors on va s'exposer à l'arrivée violente d'un Protecteur (que certains appellent les Extincteurs de feu).. bon en soit, c'est pas grave... ce qui est plus gênant c'est que cela peut aggraver la polarisation du client... il ressort de la séance avec la conviction "faut vraiment pas que je me rappelle ce passé, c'est trop lourd", et avec donc une partie Exilée encore plus exilée, et les parties Protecteur encore plus réactives....pas top...
Seul un thérapeute qui lui même est fortement ancré dans son Centre, qui est capable aussi d'ouvrir le Centre de l'autre, qui a confiance en lui (car il a commencé à  intégrer ses traumas et ses parties, il a un fonctionnement relativement harmonieux et ses parties ne sont pas trop polarisées) peut donner le climat de confiance et de bien être dans lequel les parties Exilées pourront être appelées pour début de guérison, et ensuite intégration...
En ce qui concerne le Centre, j'ai déjà expliqué comment travailler à le renforcer en journée avec les techniques ACT...voir ici: http://advaita22.blogspot.com/2012/02/exercice-pratique-pour-trouver-son.html Vous pouvez aussi vous faire des petites séances de méditation, dans lesquelles vous imaginez avec votre Centre (que vous êtes) monter en haut d'une montagne magnifique avec un beau paysage, sachant que vous laissez vos parties souffrantes ou contrôlantes en bas dans la vallée... et passer ainsi quelques instants en haut de la montage, le Centre reposant dans le Centre...
Une autre facette du Centre est qu'il est relié au grand-tout (ce sont les deux niveau de l'Eveil)...en passant du temps dans le Centre, ou même spontanément, il est possible que vous expérimentiez par moment ce sentiment océanique d'être relié au tout...c'est juste une autre réalité, il n'y pas lieu d'en faire une idéologie qui infère que vous n'existeriez pas ! Ces sentiments océaniques d'être relié au tout (que les orientaux appellent  "réalisation", "illumination"), ont été étudié, en dehors d'un contexte mystique (c'est à dire également dans des contextes sportif, artistique, etc.) par le psy Mihalyi Csikszentmihalyi..(pour ceux qui n'ont pas leur diplôme de hongrois, prononcer « chique-sainte-mihaï »)... dans un ouvrage appelé "flow, the psychology of optimal experience"... je reviendrai sur ce point. (.pour ceux qui ne peuvent pas attendre, c'est dispo en français: vivre, la psy du bonheur, ed. poche 7€)
Réaliser la pureté, la clarté, et toutes les qualités actives de son Centre, une fois qu'on a appris à le (à se) retrouver, c'est en Inde ce qu'on appelle la réalisation de l'Atman, la réalisation du Soi... attention à l'erreur bouddhiste qui répend une idéologie d'absence d'existence du Soi (Anatman) ainsi que toutes les idéologies néo-védantistes, ou bien celles qui vous forcent à rester dans l'instant-présent... pas bon, affaiblissement de la puissance mentale et dépression en vue !!
Réaliser par hasard (on ne peut le provoquer), la connexion de notre Centre au tout, c'est ce qu'on appelle en Inde, la réalisation du Brahman, le passage du premier niveau d'éveil au second se fait de façon automatique avec le temps... ces deux niveaux de notre être sont à conserver, c'est une dialectique.
Voilà pour cet aperçu...depuis le trauma jusqu'à l'éveil... c'est notre chemin à tous je crois...à suivre..
Philippe
Flow de Chique Sainte Mihaï...

lundi 5 mars 2012

IFS (suite 1) - Internal Family System Therapy

IFS


Hi Folks,
Ce que j'aime bien dans IFS thérapie c'est qu'on peut commencer tout seul.
Beaucoup de monde au US qui dit que c'est bien,que ça marche, tout comme ACT. En complément, car dans ACT on gère les pensées une à une, et on réfléchit aussi à nos valeurs et des objectifs d'action...ici on ne gère pas les pensées/émotions une à une, mais plutôt c'est par gros paquets, nos parties, nos sous-personnalités..
ACT et IFS sont à ce jour les 2 approches que je préfère en psychothérapie, respectueuses de la personne, et en plus compatibles avec une première approche par soi-même ("self-therapy"), et toute la science initiatique, car elles sont basées sur la conscience et sur l'existence d'un centre spirituel en nous...ainsi 100% du travail fait est compatible avec la spiritualité authentique et l'Eveil...ce qui n'est pas le cas de toutes les thérapies !
 Renforcer son Centre Spirituel (schématisé par le coeur ci dessus). Prendre conscience des différentes parties en nous, les parties les plus blessées que l'on appelle les Exilés (celles qui sont derrière le rideau sur le dessin) et les parties dites Protecteurs (ou Managers) qui sont souvent les plus actives...qui ont leur raison d'être, mais qui masquent notre Centre Spirituel.
Ce que j'aime aussi c'est qu'aucune partie n'est désignée comme mauvaise et devant être supprimée... toutes les parties n'ont qu'un but, notre bien être, nous protéger... par exemple si vous êtes colérique, vous avez une partie en vous qui est un "Protecteur-colérique"... il ne s'agira pas dans IFS de vous dire d'arrêter d'être colérique, car si vous le faites c'est qu'aujourd'hui vous en avez besoin... c'est vous-même qui allez apprendre à vous transformer en profondeur, donc forcément en respectant votre planning d'évolution et sans plaquer un schéma de pensée (cognitif) ou des actions (comportementale) qui ne correspondent pas à l'état de résolution de vos traumas, car alors vous allez dissocier et à terme ce sera pire qu'avant...vous allez renoncer à une défense dont vous aviez besoin, pour appliquer un protocole que vous donne votre psy à la place, alors que rien n'a été résolu, les blessures pas contactées, alors à terme ce sera pire et encore plus chaotique car vous n'avez même plus recours aux défenses que vos Protecteurs intérieurs avaient mis au point dans votre enfance... c'est pourquoi les psychothérapies analytiques peuvent aggraver à terme l'état des patients, en particulier tous ceux qui ont eu des traumas et ont donc des troubles de la gestion de l'émotion (colère, fuite, etc.)
Dans IFS, on apprend à se connaître (c'est ça l'éveil, pas la suppression de l'égo). On va chercher à isoler les différentes parties et les guérir, on va comprendre les antagonismes entre les parties (source de fatigue et d'addiction), on va apprendre à retrouver notre Centre Spirituel (avec des techniques spécifiques).
Tout ceci va nous donner une structure et va transformer notre Être, afin de se sentir vraiment mieux et d'avoir de meilleures relations avec les autres. Un thérapeute peut aider mais on peut aussi démarrer beaucoup par soi-même.
J'aurai certainement l'occasion de revenir sur ces différents points..
En attendant, on peut prendre l'habitude en cours de journée de s'auto-regarder discrètement, et de se demander "quelle partie de moi est active maintenant ?", la partie critique, la partie angoissée, la partie pessimiste, la partie colérique, la partie impatiente, la partie enfant abandonnée ? Ou bien est ce que je me sens calme, rayonnant et serein (mon Centre Spirituel) et en relation avec mes différentes parties en moi, qui sont là, à attendre que je me structure et que je transforme mon Être... mais qui peut faire cela à notre place ? Comme si un gourou extérieur pouvait faire ce travail....
Par exemple ce matin, j'étais tellement énervé, je me suis réveillé comme ça, je ne sais pas pourquoi, j'écoute, je sens quelqu'un ou plusieurs personnes qui pensent à moi, cela me pousse à réagir, à faire des choses que je regrettrai peut être plus tard... alors je regarde, est-ce mon Centre qui est actif là ? est ce que ce sont mes énergies ?, celles que je préfère, mes valeurs ? Non, c'est la partie "Philippe-en-colère" qui a pris le devant de la scène.... alors je reviens gentiment dans le Centre, juste s'en rappeler... ça c'est le travail au quotidien, après il y a des séances spécifiques pour prendre contact avec les parties et commencer à les guérir..ou pour mieux contacter son Centre..
A suivre..
With love, Philippe

dimanche 4 mars 2012

Les étapes de la guérison (des traumas) - vers l'Eveil

Aloha,
Vraiment bien ça, c'est la vrai spiritualité, pas un idéal inaccessible qui entraîne la dissociation et la dépression et la maladie, ni une thérapie de psy à l'emporte pièce qui va donner quelques recettes mentales faisant croire à la personne qu'elle va mieux alors que ce ne sont que quelques pelles de terre qui ont enfoui les miasmes à l'intérieur...
Pour en avoir discuté avec Daniel Mackler, et pour voir aussi comment je fonctionne moi, les étapes d'une guérison passent par reconnaître et admettre qu'on a été trahis ou abusé, prendre ses distances avec les personnes à l'origine de ses actes, dialoguer avec les parties blessées en nous. Beaucoup de personnes ne guérissent pas profondément car elles n'ont pas fait le deuil de leurs illusions sur les personnes qui les ont abusées ou trahis. Elles pensent avoir pardonné alors qu'elles n'ont même pas conscience du mal qui leur a été fait et qui git en elles, toujours actif dans les profondeurs et prêt à resurgir sur la prochaine relation. Les idéaux d'amour inconditionnels, dans ce cadre, peuvent freiner une guérison et entraîner votre propre maladie..
Il est rare qu'une personne qui vous a abusé ou trahis le reconnaisse.. mais tant que vous ne reconnaîtrez pas le fait en vous, le trauma et cette personne continueront à vous détruire de l'intérieur, car vous ne vous aimerez pas vous même, mais vous aimerez votre abuseur à votre place (un grand classique) ! On a beaucoup trop tendance à chercher des excuses à ceux qui nous ont trahis, et ceci à notre propre détriment, on aime plus les autres que nous-même !
Vous n'arriverez pas à l'état vrai de vous dire "je suis fier de ce que je suis, je suis fier de ce que je fais", si vous n'avez pas fait le travail ci dessous...car vous ne pourrez pas vous aimer vous-même, puisque inconsciemment vous penserez encore que si vous n'allez pas bien c'est de votre faute.. et l'accès à votre Centre sera voilé car des sous-personnalités blessées seront au pouvoir en vous..

David et Tim ont établis un plan de guérison en 12 points, je traduis en abrégé:

1) Nous admettons que les traumas enfouis dans notre inconscient dirigent nos vies, nous rendent incapable d'incarner la vérité, et nous poussent à agir de façon qui sont destructrices pour nous, les autres, et l'environnement.
2) Nous arrivons à réaliser que la vérité dans notre Centre est plus puissante que les mensonges qu'on nous a imposé, et que cette vérité peut nous amener à l'éveil.
3) Nous prenons la décision de nous aligner avec la vérité, malgré le pression de nous soumettre à la distorsion de la famille, société et les voix en nous.
4) Nous faisons une recherche et une constatation sans peur de notre histoire traumatique, personnelle, familiale et ancestrale.
5) Nous admettons vis à vis de  nous-même et à une personne mature tous les détails de nos traumas.
6) Nous devenons complètement prêt à faire le deuil de notre passé et laisser partir notre faux moi (nos sous-personnalités)
7) Nous nous alignons avec notre vrai Centre (true Self) et nous faisons le processus de travail du deuil, qui est profond et transformateur
8) Nous étudions la façon dont nous nous sommes blessés nous-même, les autres, et l'environnement, par la répétition de nos traumas, et nous devenons motivé à leur demander pardon.
9) Nous changeons nos comportements inappropriés.
10) Nous continuons à surveiller nos attitudes et comportement, et lorsque nous faisons une faute, nous l'admettons rapidement, cherchons son origine traumatique, et prenons des mesures pour ne pas la répéter.
11) Nous cherchons par l'introspection et une connexion toujours plus profonde à la vérité, désirant n'être guidé que par ce vers quoi la vie nous appelle.
12) Nous étant réveillé à notre appel intérieur (la voix de l'Âme), nous dédions notre vie à sa pleine manifestation, ainsi qu'à soutenir le chemin de guérison des autres.
("From Trauma to Enlightenment, Self therapy in 12 steps", Daniel Mackler and Frederick Timm)

vendredi 23 décembre 2011

L'oeuvre d'Alice Miller sur les conséquences de la maltraitance dans l'enfance



"Souffrir des conséquences des blessures de l'âme n'est pas seulement limité à un groupe restreint de personnes, mais touche la majorité des habitants de cette planète." Alice Miller
Très intéressant l'oeuvre d'Alice Miller, psychothérapeute,  sur les conséquence de la maltraitance dans l'enfance, par exemple le fait d'être giflé, fessé car on a fait une bêtise (ou pour nous faire arrêter de pleurer), sans parler des trucs plus grave... selon certains auteurs nous serions 90% à être concerné..
J'ai reviendrai plus tard sur le blog sur des extraits de son oeuvre.
C'est bien de savoir qu'il vaut mieux admettre que l'on a été maltraité (quelque soit la forme, et si c'est le cas), car cela permet de se déculpabiliser et de commencer à s'aimer soi même..
Si je parle de tout ça, c'est aussi parce que des mediums et les défunts de m'a famille m'ont indiqué à quel point c'est important... Arnaud Desjardin ne disait pas autre chose non plus (voir son premier DVD). Et c'est la première chose à s'occuper...
C'est incisif.... un peu exagéré parfois (on n'est pas qu'une charge) mais je crois tellement vrai !
"Comment un individu peut-il s'aimer lui-même quand très tôt il lui a fallu apprendre qu'il n'est pas digne d'être aimé ? Quand il reçoit des coups pour devenir autrement qu'il n'est ? Quand il n'a été pour ses parents qu'une charge, et en rien une joie, et qu'au final rien au monde ne pourra jamais venir à bout de la répugnance et la colère de ses parents ? Il croit qu'il est la véritable cause de cette haine, ce qui n'est en rien vrai. Il se sent coupable, veut s'améliorer, mais rien de tout cela ne peut marcher, parce que les parents déchargent sur leurs enfants la rage qu'ils avaient dû retenir et réprimer face à leurs propres parents. L'enfant n'était que le déclencheur de cette rage.
Quand on a véritablement compris cela, on arrête d'attendre l'amour de ses parents. On sait alors pourquoi il était et reste impossible. Alors seulement on peut s'autoriser à voir comment on a été traité enfant, et à sentir à quel point on en a souffert."

Au lieu de prendre les parents en pitié comme avant, de les comprendre et de se culpabiliser, on commence à porter assistance à l'enfant que l'on fut. C'est à ce moment que naît l'amour de cet enfant, qui ne saurait advenir sans ces conditions préalables, sans que tout le tragique de ce qui s'est joué alors n'ait été appréhendé. C'est la fin du temps où l'on prenait sa souffrance à la légère, et le début du traitement respectueux de cette souffrance et de l'enfant. Alors s'ouvrent les portes qui permettent d'accéder à soi-même, et qui restaient fermées jusqu'alors. Mais elles ne s'ouvrent en aucune façon en disant à quelqu'un: " Tu devrais t'aimer toi-même". Il se sent dépassé par de tels conseils aussi longtemps qu'il n'a pas le droit de savoir comment c'était vraiment dans son enfance et pourquoi la réalité est si douloureuse."
C'est intéressant, ci dessous, elle dit ce que j'écris parfois sur le blog depuis quelque temps...
Voilà un post quel avait mis sur son blog en 2008, sous la rubrique "liste de thérapeutes" !!

"Si je connaissais des thérapeutes assez respectueux pour répondre à vos questions; assez libres pour montrer leur indignation sur les comportements de vos parents envers vous; assez courageux pour vous accompagner avec empathie quand vous exprimez votre rage bloquée dans votre corps depuis des décennies; assez bien informés pour ne pas faire des sermons sur "vous devez oublier", le pardon, la méditation et les "pensées positives"; assez honnêtes pour ne pas vouloir vous endormir avec des mots vides comme "spiritualité" quand ils ont peur de votre histoire tragique - je serais heureuse de vous donner leurs noms, adresse et téléphone. Mais je ne les connais pas.
Quand j'ouvre Internet, je trouve une avalanche d'offres ésotériques, religieuses, sectaires, commerciales ou des pratiques manipulatrices dangereuses sur le corps, en tout cas pas ce que je cherche.
Dans l'espoir qu'il existe aussi des thérapeutes qui proposent une confrontation sérieuse et systématique avec la réalité de la propre enfance et une assistance sans vous leurrer, je vous propose avec ma liste FAQ les outils pour votre recherche.
Si les thérapeutes refusent de répondre à vos questions, vous gagnez, au moins, du temps et de l'argent.
Si vous avez gardé la crainte de l'enfant sous terreur que vous étiez, quand vous posez des questions aujourd'hui aux thérapeutes, votre peur est compréhensible mais cela ne veut pas dire que vos questions ne sont pas importantes et essentielles, elles le sont sans aucun doute. "

Alice Miller
Issu de la liste des questions sur son site (FAQ):
De quoi ai-je besoin pour surmonter ma difficulté ? Vous avez besoin d'une personne honnête, empathique, qui vous aide à prendre au sérieux la connaissance de votre corps, une personne qui ait déjà réussi à en faire de même pour elle- même parce qu'elle a eu la chance de trouver le type d'aide que vous recherchez.
 On peut noter que pour Alice Miller, il était bon de se faire aider, d'avoir quelqu'un a qui on peut parler de ça:
"Cher Franck, je comprends bien votre fascination pour le manuel de Stettbacher. Quand j'ai lu ce manuscrit en 1989 j'ai pensé qu'il contenait la solution pour beaucoup de mes lecteurs qui, après avoir lu mes livres, cherchaient, comme vous, les sources de leurs souffrances et peurs dans l'histoire de leur enfance. Comme je n'avais jamais eu la chance d'être comprise et aidée ni dans mon enfance ni dans mes thérapies (c'était toujours à moi d'aider les autres) j'ai trouvé à l'époque l'idée d'une auto-thérapie primale tout à fait normale et acceptable. C'est après quelques ans que j'ai saisi la grande importance et même nécessité d'une assistance d'un(e) thérapeute lucide et empathique dans le processus de guérison. Surtout grâce aux lettres des gens qui ont échoué à s'aider et qui s'en sont culpabilisés j'ai compris que l'auto-thérapie primale peut sans doute facilement déclencher les vieilles émotions refoulées mais peut aussi réactiver la situation de l'enfant qui était toujours seul(e) avec ses douleurs et peurs. Cela, c'est le contraire d'une thérapie.
Aujourd'hui, je suis d'accord avec Arthur Janov qui a toujours affirmé sans réserves que la thérapie primale sans assistance d'un thérapeute bien informé et compatissant peut être très dangereuse." 

 Sur la dérive des gourous qui exercent leur terreur sur les autres car ils n'ont pas résolu la leur...
"Sans témoin éclairé, on ne peut supporter la vérité de la prime enfance. Mais ce que j'entends par témoin éclairé, ce n'est pas quiconque a étudié la psychologie ou a vécu des expériences primaires auprès d'un gourou, qui les garde sous sa dépendance. Les témoins éclairés, ce sont, à mes yeux, des thérapeutes qui ont le courage de faire face à leur propre histoire, d'acquérir, ce faisant, leur autonomie et qui par suite n'éprouveront pas le besoin de compenser leur impuissance refoulée par l'exercice du pouvoir sur leurs patients."
Sur la dépression de l'auteur russe Tchékhov:
"Mon père et ma mère sont les seuls êtres au monde auxquels je ne refuserai jamais rien. Si je réussis un jour dans ma vie, je le leur devrai entièrement. Ce sont des gens merveilleux. L'amour infini qu'ils portent à leurs enfants les place au-dessus de tout éloge, efface tous les défauts [qu'a pu développer en eux une existence trop dure -c'est la fin de la phrase dans l'édition françaiseNDT] ". (p.23)
D'après Bounine, Anton Tchékhov aurait même à plusieurs occasions souligné ce point devant des amis : "je n'ai jamais enfreint le quatrième commandement". (citation extraite de l'édition française)
Trahir ainsi ce qu'on sait intimement n'a rien d'exceptionnel. De la même façon, beaucoup de gens passent leur vie à nourrir sur leurs parents des jugements complètement faux, à cause d'une peur refoulée, la peur du tout petit enfant devant ses parents. Cette trahison de leur vrai soi, ils la paient par des dépressions, des suicides ou des maladies graves, qui sont facteurs de mort précoce. Pour ce qui concerne les suicides, on retrouve presque à chaque fois des épisodes de l'enfance extrêmement traumatisants qui ont été totalement niés ou qui n'ont jamais été reconnus comme tels. 

Des hypothèses sur Dalida (peu importe c'est l'idée derrière, peut être cela vous parle ?).
Le décalage entre la réalité refoulée et la façade "heureuse" m'est aussi apparu en regardant un documentaire sur la chanteuse Dalida, qui a souffert pendant de longues années de dépression grave et a mis fin à ses jours à l'âge de 54 ans. Il y a eu un grand nombre d'interviews de personnes qui prétendaient la connaître très bien et l'aimer, et qui étaient très proche d'elles dans la vie privée ou professionnelle. Sans aucune exception, ces personnes ont affirmé que ses crises de dépression et son suicide étaient pour elles absolument incompréhensibles. Sans arrêt revenaient ces phrases : "elle avait tout ce que l'on désire habituellement : la beauté, l'intelligence, un énorme succès. Pourquoi donc alors ces dépressions à répétition ? "
Le fait que tous les proches de Dalida ne se soient doutés de rien m'a permis de saisir dans quelle solitude, tant intérieure qu'extérieure, la vie de cette vedette a dû se dérouler, et le grand nombre de ses admirateurs n'y a rien changé. J'avais l'intuition que l'on pourrait trouver dans l'enfance de la chanteuse de quoi expliquer son suicide, mais cet aspect n'a été évoqué par personne au cours de l'émission. En cherchant sur Internet, je n'ai rien trouvé d'autre que ce qui est répété partout, c'est à dire que Dalida aurait eu une enfance heureuse et des parents aimants. Pourtant, quoi de plus éclairant que la vie des célébrités pour établir à quel point la dépression est répandue. Malgré tout, la question de l'origine, de la racine de cette souffrance n'est presque jamais posée. Du coup, la dépression apparaît comme inévitable et inexplicable. Il y a en particulier une question qui n'est jamais posée : comment Dalida enfant a-t-elle donc bien pu vivre le fait d'être élevée par des religieuses ?
Comme j'ai lu beaucoup de choses sur ce type d'internats, je sais qu'il n'est pas rare que des enfants doivent y subir des violences d'ordre sexuel, physique ou psychique, qu'il leur faut considérer comme des manifestations d'amour et d'attention, ce qui leur apprend à accepter le mensonge comme une chose normale. Je sais aussi que les tentatives de faire connaître à l'opinion publique les conditions de vie scandaleuses qui règnent dans ces établissements font face à l'obstruction des institutions religieuses. La plupart des anciennes victimes font tout pour oublier les tourments qui leur ont été infligées dans leur enfance, d'autant plus qu'elles savent qu'elles ne trouveront dans la société pour ainsi dire aucun témoin lucide pour prendre leurs souffrances au sérieux. Seule l'indignation de la société pourrait les aider à ressentir leur propre indignation et à se rebeller contre le mensonge. Mais lorsque cette assistance vient à manquer pour ainsi dire à chaque fois qu'elle est sollicitée, lorsque toutes les autorités se solidarisent avec le mensonge, c'est comme si on imposait de force la dépression à ces personnes.
La vie de Dalida, comme celle de nombreuses célébrités, reste mystérieuse, et c'est justement cela qui semble fasciner le public.
Bien des vedettes mondialement célèbres, qu'on les ait jalousées ou adulées, ont au fond été extrêmement seules. Comme l'exemple de Dalida le montre, elles n'ont jamais été comprises, parce qu'elles ne pouvaient pas se comprendre elles-mêmes. Et elles n'étaient pas en situation de pouvoir se comprendre parce que leur entourage ne leur renvoyait pas de la compréhension, mais uniquement de l'admiration. Finalement, elles mirent fin à leurs jours. Ce cycle nous en dit long sur les mécanismes de la dépression. Sur la voie du succès, c'est de la compréhension que ces gens recherchent, ils se donnent un mal infini pour l'obtenir et pour qu'un public toujours plus vaste s'enthousiasme pour eux. Mais cet enthousiasme ne les nourrit pas aussi longtemps que la compréhension leur manque. Alors, malgré leur carrière, la vie n'a finalement aucun sens pour eux, tellement ils restent étrangers à eux-mêmes. Et ils restent étrangers à eux-mêmes parce qu'ils veulent oublier complètement ce qui est arrivé au début de leur vie et nient leurs souffrances précoces. Comme la société toute entière fonctionne de cette façon, ces vedettes ne pouvaient être comprises de personne et souffraient donc de leur solitude.

Sur Virginia Woolf:
Les personnes éclairées sont toutefois toujours difficiles à trouver, même parmi les spécialistes. Par exemple, quelqu'un qui veut se renseigner sur la vie de Virginia Woolf et fait des recherches sur Internet tombe sur une page où des psychiatres de renom lui apprennent qu'elle était "malade mentale", et que cette affection n'avait aucun rapport avec la violence sexuelle à laquelle elle avait été soumise pendant des années au cours de son enfance. Bien que dans ses écrits biographiques, Virginia Woolf décrive de façon saisissante la terreur dans laquelle elle a vécu son enfance ("Skizzierte Erinnerungen", Francfort sur le Main), en 2004, le refus d'établir une relation entre ces traumatismes lourds et ses dépression ultérieures est encore complet.
Il faut dire que de son vivant, on n'imaginait même pas qu'il puisse y en avoir une. L'écrivain qu'elle était lisait ses textes aux membres de son cercle littéraire, mais n'en restait pas moins seule, car la signification de ce qu'elle avait vécu étant petite lui échappait à elle autant qu'à son entourage, et même à son mari Léonard (comme en témoigne ce qu'il a écrit sur sa femme après sa mort). Elle était entourée de gens qui partageaient ses ambitions artistiques et les encourageaient, mais elle-même n'était pas en état de comprendre la sensation de solitude absolue qui resurgissait régulièrement. Cela peut finalement paver la voie au suicide, parce que le sentiment présent d'isolement rappelle en permanence l'abandon et la menace pour son existence vécus par le petit enfant.

Sur Jean Seberg, et le fait que l'on recherche parfois des partenaires qui nous font grosso modo ce que l'on a vécut avec le parent opposé, et quand on trouve un partenaire qui n'est pas ainsi on le largue !
Récemment est parue une riche biographie de Jean Seberg, que l'auteur, Alain Absire, a présentée sous la forme romanesque ("Jean S.", Fayard 2004). Elle a tenu le rôle principal dans 35 films, dont certains sont très connus, comme "A bout de souffle". Manifestement, Jean Seberg avait montré dès l'enfance un intérêt très vif pour le théâtre, et elle avait beaucoup souffert de la rigidité morale d'un père protestant luthérien, qu'elle idéalisa par la suite. Lorsque, alors qu'elle n'avait pas encore terminé sa scolarité, elle fut retenue pour son premier rôle au cinéma parmi des milliers de candidates, son père fut dans l'incapacité de se réjouir avec elle et ne sut que lui prodiguer des mises en garde. C'est ainsi qu'il se comportait chaque fois qu'elle connaissait un succès : au nom de son amour paternel, il lui faisait des sermons. Toute sa vie, elle fut incapable de s'avouer à quel point l'attitude de son père la blessait, et elle endura les tortures que lui faisaient subir les partenaires qu'elle se choisissait d'après un modèle déterminé.
Naturellement, on ne peut pas dire que le caractère de son père était la cause de sa vie gâchée. C'était son propre déni des souffrances causées par ce père-là qui entraînaient ses graves crises de dépression. Ce déni dominait sa vie et la conduisait à retomber régulièrement sous le pouvoir d'hommes qui ne la comprenaient pas plus qu'ils ne la respectaient. Elle répétait compulsivement ce choix de partenaire autodestructeur parce qu'elle ne voulait pas prendre conscience des sentiments que l'attitude de son père faisait naître en elle. Elle était incapable de trouver un partenaire satisfaisant, ou bien il lui fallait le quitter dès qu'elle en avait trouvé un qui n'avait pas avec elle un comportement destructeur. A quel point avait-elle donc dû désirer que son père la reconnaisse un jour pour tous ses succès… Mais il ne lui renvoyait que des critiques.

La vie (et la mort) de toutes ces vedettes au sommet de la réussite prouve bien que la dépression n'est pas une souffrance causée par le présent, qui tout au contraire leur a apporté la réalisation de quasiment tout ce dont elles ont pu rêver, mais une souffrance due à la séparation de leur propre soi, dont l'abandon précoce n'avait jamais pu être pleuré comme il l'aurait dû, et qui de ce fait n'a jamais pu vivre. Tout se passe comme si le corps utilisait la dépression pour protester contre cette infidélité à soi-même, contre le mensonge, contre cette coupure de ses véritables sentiments, parce qu'il ne peut tout simplement pas vivre sans sentiments authentiques. Il a besoin du libre flux des émotions, qui aussi se modifient constamment : fureur, tristesse, joie. Quand elles sont coincées dans la dépression, le corps ne peut pas fonctionner normalement.
"En 1979, dans "le Drame de l'enfant doué", j'ai expliqué comment certaines personnes réussissent à se tenir éloignées de la dépression grâce à des fantasmes de grandiosité ou à des actions extraordinaires, et comment cela peut justement se produire dans le cas de psychanalystes ou de thérapeutes qui apprennent dans leur formation à comprendre les autres, mais pas à se comprendre eux-mêmes."
"La dépression, qui reflète ce vide intérieur, est, je le répète, le résultat de l'évitement de toutes les émotions qui sont reliées aux blessures précoces. Cela conduit à ce qu'une personne dépressive ne soit pour ainsi dire pas capable d'éprouver des sentiments conscients, à moins que, déclenchés par un événement extérieur, il ne soit débordé par des sentiments qui restent totalement incompréhensibles, parce que l'histoire véritable et non idéalisée de son enfance lui est inconnue, et qu'il vit cette irruption des sentiments comme une catastrophe soudaine. "
"Une thérapie efficace doit aider les patients à prendre conscience de l'histoire douloureuse refoulée de son enfance grâce à l'éveil de ses émotions et de ses rêves, afin qu'ils n'aient plus à craindre les dangers qui les ont menacés REELLEMENT au cours de l'enfance, mais qui, aujourd'hui, NE LES MENACENT PLUS. Les patients n'ont alors plus besoin de craindre et de répéter inconsciemment ce qui leur est arrivé à l'âge le plus tendre, puisqu'ils en ont pris connaissance, et, en présence du thérapeute, témoin lucide, ils peuvent réagir avec des émotions fortes. Alors seulement, ils cessent de se traiter eux-mêmes cruellement, ils arrêtent de s'accuser ou de se nuire par des dépendances de toute sorte, car à ce moment là, ils ont pu développer l'empathie pour l'enfant qui a souffert gravement du comportement des parents. Si des dangers devaient se manifester plus tard dans leur vie d'adultes, ils seront mieux armés pour leur faire face, car ils sont maintenant plus capables de comprendre leurs vieilles peurs et de les relativiser."
Cette façon de procéder est en nette opposition par rapport à toutes les formes de traitement dans lesquels il s'agit d'adopter un comportement nouveau, ou bien celles consistant à améliorer le bien-être (par la pratique du yoga, la méditation, la pensée positive, etc...). Dans toutes ces pratiques le sujet de l'enfance n'est jamais abordé. La peur d'aborder ce sujet est présente dans toute la société et elle est facile à constater. Elle est basée sur la peur des enfants jadis battus, la peur des punitions, s'ils leur prenait l'audace de réaliser la cruauté des parents. Si cette peur est si répandue, c'est parce que la plupart des personnes ont dû grandir sous les coups, ceci sans avoir le droit de se défendre. 

Sur ce, encore bonnes fêtes à tous !