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Ce blog est pour le partage autour des nouvelles thérapies douces, de la spiritualité ancrée et de l'éveil !
"Une vraie expérience spirituelle résulte dans l'amélioration du caractère de la personne, sinon c'est psychique mais pas spirituel"
"Instead of more detachment, humanity needs
better forms of attachment"
"La clarté ne souffre pas"
Affichage des articles dont le libellé est Eric Baret. Afficher tous les articles
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mardi 29 mai 2012
Vous avez déjà tout ce que vous voulez - Eric Baret
Quelques autres lignes d'Eric Baret, "Le seul désir", Edition Almora
Amis lecteurs, j'ai bien conscience qu'il s'agit ici d'un enseignement extrême, peu habituel en occident..
Mais pourtant j'en parle quand même.... avoir, faire, être, ce fameux triangle..
Pourrons nous un jour trouver cette sérénité, cette êtreté, qui, comme dit Mooji "ne dépend pas de la position des planètes ?".. mythe ou réalité ? l'auteur y est il arrivé ?
"Être c'est être libre de l'avoir", phrase choc pour Arnaud Desjardin prononcée par Swami Prajnanpad..
Ainsi ce que l'on chercherait ce serait nous-même, notre propre parfum, notre être...
Je vous laisse avec ces quelques extraits:
"Si quelque chose me dérange, c'est que j'ai inversé les choses, le problème n'est pas là bas, le problème est ici.
Personne ne peut me déranger, il n'y a que moi qui puisse me déranger. Je suis l'auteur de mon propre dérangement. Quand quelque chose semble se présenter comme extérieur, c'est une pensée. Comment aurait-on une sensation extérieure ? Ce qui est profond c'est le ressenti. Le ressenti est non duel. La pensée est toujours duelle.
Vous n'attendez plus rien de ce qui se passe, parce que vous avez compris profondément que ce que vous cherchez n'est pas dans ce qui se passe. Ce que vous cherchez est ce que vous êtes. Vous ne pouvez pas le trouver avec une voiture, un mari, un enfant, un corps, une religion, donc vous n'utilisez plus la beauté de la vie pour vous trouver.
Tant qu'il y a la moindre attente, vous êtes toujours déçu, amer. Lorsque vous ne voulez rien, cette douleur-là n'est plus possible.
Je suis avec ce qui arrive dans l'instant. La douleur, le deuil, la naissance, l'argent, la pauvreté - je veux ce qui est là, maintenant.
Tant qu'il y a une attente, il y a une peur. Tant qu'il y a une peur, on ne peut pas fonctionner.
Dans les prétendues voies spirituelles, il y a une espèce de fantasme de perfectionnement, le fantasme de s'épurer, de comprendre, de s'améliorer, de se changer.. il n'y a rien à atteindre dans la vie.
Ce qui arrive est ici, jamais là bas. Tant que l'on croit le problème hors de soi, on est en train de se raconter une histoire, on ne peut pas écouter. Je ne peux pas sentir et penser à la fois.
Cela se fait tout seul. Tôt ou tard, on se rend compte que l'environnement est parfait, que c'est nous qui avons un problème.
Tant que j'ai la fantaisie de prétendre que le monde existe et qu'il me fait souffrir, aucune maturation n'est possible. Je ne connais que ma projection du monde et je ne peux rien connaître d'autre. Je dois avoir l'humilité de reconnaître que c'est ma propre souffrance qui m'est révélée par la situation."
dimanche 13 mai 2012
Amour vrai = donner
Au moment où les énergies de romance arrivent.. un petit rappel..
Tout ceci ne concerne que très peu de monde aujourd'hui, peut être plus dans 200 ans...
"L'amour est sans conditions, sans demandes. Aimer quelqu'un, c'est donner, ce n'est pas demander. Mais l'égo ne peut pas vivre cet amour; il a besoin de demander, d'exiger, d'avoir droit... alors bien sûr il y a confusion"
"Un ego ne peut pas dire "oui". Dans le oui, il n'y a pas de place pour la sécurité. Dans un oui, il n'y a que vacuité, ouverture, acceptation"
(Extrait Eric Baret, Le seul désir, édition Almora).
mardi 8 mai 2012
L'amour est sans direction
Voilà qui choquera peut être certain(e)s... mais c'est vrai quand on "avance", on sent bien que l'amour que l'on porte, que l'on est, n'est pas pour quelqu'un en particulier... ma fille s'étonne que je semble porter plusieurs femmes dans mon coeur... une amie trouve que je tombe facilement amoureux..
L'amour est... avant même que vous ne voyez la personne... et après aussi..
Il y a une résonance avec quelqu'un, mais c'est organique ou lié au plan d'âme... l'amour lui est pour tous..
Quand on voit la vitesse avec laquelle certaines personnes qui vous jurent vous "aimer" vous quittent, retournant leur veste en l'espace de 15 jours et niant tout ce qui a été dit avant....cela fait sourire... la première fois on en est consterné... ensuite on le sent déjà à l'avance...il n'y a que peu de personnes dans le coeur... ou alors seulement par petits moments, et ensuite les blessures font tomber dans l'égo, la demande, la critique, le rejet..
Quelques passages d'Eric Baret - Le Seul Désir, édition Almora.
"Un amour qui commence et qui finit, ce n'est pas vraiment un amour. Aimer c'est écouter, être présent.
Aimer quelqu'un sur un plan humain, c'est un fantasme. L'égo ne peut pas aimer. Il utilise, prétend, se sécurise. Quand vous vous trouvez avec quelqu'un qui correspond à votre fantasme physique, psychologique, intellectuel, affectif, vous dites l'aimer profondément. Quand cette personne fait ensuite ceci ou cela, vous dites que c'est quelqu'un de détestable.
On n'aime pas quelqu'un; on aime tout court, parce que l'amour est sans direction. Ce que j'aime, c'est ce qui est présent devant moi. Personne ne vous aime, personne ne vous aimera jamais, personne ne vous a jamais aimé et c'est merveilleux ainsi. Les gens ne peuvent que prétendre.
A un moment donné, vous vous rendez compte que vous n'avez pas besoin d'aimer, pas plus que d'être aimé. Que reste-t-il ? Il reste le sentiment d'amour, cette communion entre tous les êtres et qui n'est pas directionnelle.
Vous vous rendez compte que c'est à vous d'aimer. Ce qui vous rend heureux c'est d'aimer. Si quelqu'un vous dit vous aimer profondément mais que vous ne l'aimez pas, cela ne vous fait rien. Par contre, quand vous aimez, cela vous rend heureux. Les choses étaient vues à l'envers: c'est à moi d'aimer. Quand j'aime mon corps, mon psychisme, mon environnement, il y a tranquillité. Mais vouloir être aimé est un concept.
Avoir besoin d'être aimé est une forme de maladie très intense sur le plan somatique. C'est terrible, tout comme la jalousie. Cela détruit le système hormonal, le système cellulaire. Ce besoin d'amour est un poison. Le remède, c'est d'aimer. On ne peut qu'aimer. Quand on dit "Je n'aime pas", on nie l'essentiel en soi-même, parce qu'il n'y a rien que l'on ne puisse pas aimer. Quand je dis ne pas aimer telle personne, je nie l'amour qui est en moi. Alors, je souffre.
L'amour, c'est la plasticité. Aucune demande possible. Plus vous vous familiarisez avec l'attitude de tout donner et de ne rien demander, plus vos relations affectives deviennent simples, faciles, harmonieuses. Dès l'instant où vous demandez la moindre chose, vous rencontrez l'amertume, la déception, les regrets, l'hésitation, l'agitation, le conflit.
Cela ne nie pas l'intensité des rapports humains, au contraire. C'est le fantasme d'aimer qui rend mièvres les rapports humains.
Si vous n'avez pas l'idée d'aimer quelqu'un, vous n'avez pas non plus besoin de changer de mari tous les dix ans. Vous savez très bien qu'avec un autre ce sera pareil; on rencontre uniquement sa propre problématique. On peut passer toute une vie dans un rapport merveilleux, on peut passer toute une vie à approfondir ce rapport; c'est un rapport sans demande, un rapport d'amour, dans le sens où l'on aime profondément ce qui est là. Autrement, il y a toujours déception. On est déçu, amer. On s'énerve facilement, on est acariâtre, parce que l'on est déçu sans le savoir, parce que l'on a demandé quelque chose qui n'existait pas. Cette prise de conscience nous libère de toute demande. Que reste-t-il alors ? Il reste l'amour, le non-besoin."
L'amour est... avant même que vous ne voyez la personne... et après aussi..
Il y a une résonance avec quelqu'un, mais c'est organique ou lié au plan d'âme... l'amour lui est pour tous..
Quand on voit la vitesse avec laquelle certaines personnes qui vous jurent vous "aimer" vous quittent, retournant leur veste en l'espace de 15 jours et niant tout ce qui a été dit avant....cela fait sourire... la première fois on en est consterné... ensuite on le sent déjà à l'avance...il n'y a que peu de personnes dans le coeur... ou alors seulement par petits moments, et ensuite les blessures font tomber dans l'égo, la demande, la critique, le rejet..
Quelques passages d'Eric Baret - Le Seul Désir, édition Almora.
"Un amour qui commence et qui finit, ce n'est pas vraiment un amour. Aimer c'est écouter, être présent.
Aimer quelqu'un sur un plan humain, c'est un fantasme. L'égo ne peut pas aimer. Il utilise, prétend, se sécurise. Quand vous vous trouvez avec quelqu'un qui correspond à votre fantasme physique, psychologique, intellectuel, affectif, vous dites l'aimer profondément. Quand cette personne fait ensuite ceci ou cela, vous dites que c'est quelqu'un de détestable.
On n'aime pas quelqu'un; on aime tout court, parce que l'amour est sans direction. Ce que j'aime, c'est ce qui est présent devant moi. Personne ne vous aime, personne ne vous aimera jamais, personne ne vous a jamais aimé et c'est merveilleux ainsi. Les gens ne peuvent que prétendre.
A un moment donné, vous vous rendez compte que vous n'avez pas besoin d'aimer, pas plus que d'être aimé. Que reste-t-il ? Il reste le sentiment d'amour, cette communion entre tous les êtres et qui n'est pas directionnelle.
Vous vous rendez compte que c'est à vous d'aimer. Ce qui vous rend heureux c'est d'aimer. Si quelqu'un vous dit vous aimer profondément mais que vous ne l'aimez pas, cela ne vous fait rien. Par contre, quand vous aimez, cela vous rend heureux. Les choses étaient vues à l'envers: c'est à moi d'aimer. Quand j'aime mon corps, mon psychisme, mon environnement, il y a tranquillité. Mais vouloir être aimé est un concept.
Avoir besoin d'être aimé est une forme de maladie très intense sur le plan somatique. C'est terrible, tout comme la jalousie. Cela détruit le système hormonal, le système cellulaire. Ce besoin d'amour est un poison. Le remède, c'est d'aimer. On ne peut qu'aimer. Quand on dit "Je n'aime pas", on nie l'essentiel en soi-même, parce qu'il n'y a rien que l'on ne puisse pas aimer. Quand je dis ne pas aimer telle personne, je nie l'amour qui est en moi. Alors, je souffre.
L'amour, c'est la plasticité. Aucune demande possible. Plus vous vous familiarisez avec l'attitude de tout donner et de ne rien demander, plus vos relations affectives deviennent simples, faciles, harmonieuses. Dès l'instant où vous demandez la moindre chose, vous rencontrez l'amertume, la déception, les regrets, l'hésitation, l'agitation, le conflit.
Cela ne nie pas l'intensité des rapports humains, au contraire. C'est le fantasme d'aimer qui rend mièvres les rapports humains.
Si vous n'avez pas l'idée d'aimer quelqu'un, vous n'avez pas non plus besoin de changer de mari tous les dix ans. Vous savez très bien qu'avec un autre ce sera pareil; on rencontre uniquement sa propre problématique. On peut passer toute une vie dans un rapport merveilleux, on peut passer toute une vie à approfondir ce rapport; c'est un rapport sans demande, un rapport d'amour, dans le sens où l'on aime profondément ce qui est là. Autrement, il y a toujours déception. On est déçu, amer. On s'énerve facilement, on est acariâtre, parce que l'on est déçu sans le savoir, parce que l'on a demandé quelque chose qui n'existait pas. Cette prise de conscience nous libère de toute demande. Que reste-t-il alors ? Il reste l'amour, le non-besoin."
"Vous êtes nourri de votre amour"
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| Le Fou va-t-il atterrir (enfin amerrir) ? |
Encore quelques extraits de "Le Seul Désir" Eric Baret.... toujours cette croyance que l'on va se trouver dans un projet, ou dans une relation...que enfin demain je serai heureux... quand ceci, quand cela... hum.....comme il dit, "vous serez mort avant", lol
En ce qui me concerne et mes brillantes expériences (smile):
"Quand j'aurai une très belle femme"... déjà essayé plusieurs fois => perdu,
"Quand j'aurai une très belle voiture"... déjà essayé => perdu,
"Quand j'aurai une très belle maison et habiterai au bord de la mer"... déjà => perdu...
"Quand ceci, quand cela"..."Ras le bol"... (smile)
Comme dit Mooji, "vous avez le choix d'être heureux maintenant ou dans un an, que choisissez vous ?"
Eric Baret, Le seul désir, édition Almora:
"Me rendre compte que j'avais inversé les priorités. Je cherchais à recevoir, à être aimé, à être compris, alors que j'ai besoin de donner, d'aimer, de comprendre. Ma tranquillité, ma sécurité, c'est cela. Je ne demande plus rien. Je ne demande plus à être compris, je comprends. Je ne demande plus à être aimé, j'aime. Je ne demande plus à être respecté, je respecte. Là je trouve mon autonomie. Mais tant qu'il y a en moi la moindre velléité de vouloir être aimé, de vouloir recevoir, je ne suis plus dans mon honnêteté essentielle et cela me fait souffrir. C'est cette prétention qui me fait souffrir. Parce que ce qui rend profondément heureux, c'est de donner, non de recevoir.
Ce qui rend heureux, c'est d'aimer. Quand vous aimez profondément quelqu'un, qu'il vous aime ou non ne vous importe pas. Vous êtes nourri de votre amour. Dans cet amour, vous trouvez ce qui est essentiel, cette disponibilité. C'est cela, pressentir l'essentiel. Personne ne peut me le donner, me le transmettre. Je ne peux l'apprendre nulle part. C'est toujours disponible, sauf quand je prétends avoir besoin de quoi que ce soit. C'est un cadeau que je me refuse constamment. quand je dis: "J'ai besoin de ça", je refuse toute la richesse du monde.
Je n'ai besoin de rien. J'ai besoin de ce qui est là, maintenant; tout le reste n'est que fantasme"
dimanche 6 mai 2012
La joie sans raison
Ces petits passages, tirés du livre "le seul désir", d'Eric Baret, décrivent bien, je trouve, le cheminement de l'éveil (si on veut mettre des noms sur ces choses là, mais mieux vaut éviter)... comme disait Ma Ananda Moyi, il vous sera donné selon votre effacement...lorsqu'une certaine maturité, un certain contact intérieur se fait, on peut commencer à arrêter de se chercher ailleurs que là où l'on est déjà... autre chose que ce qui est sera-t-il fondamentalement mieux, une fois le fantasme épuisé ?... tranquillité...vrai refuge...demeure éternelle... je n'ai rien à ajouter aux lignes ci dessous, si ce n'est que cette attitude, cette façon d'entrer en relation avec les gens et les choses, ne doit pas exclure, à mon sens, d'avoir des préférences et des rêves aussi, mais de façon légère.. il faut aussi savoir, comme disait Arnaud Desjardin, que toute chose obtenue amène avec elle des conséquences non voulues... donc l'attitude de ne plus rien demander est aussi valable (puisque de toute façon des évènements sont inscrits au plan d'âme aussi)... c'est à chacun de faire comme il le sent, créer ou simplement être accueil pour ce qui se présente, ou les deux... pas de système ni d'idéologie..
Ci dessous, extrait "Le seul désir", édition Almora.
"Simplement, un basculement se fait: on ne se cherche plus dans la situation; on ne se cherche plus dans l'objet. On continue de fonctionner comme avant, mais on n'attend plus rien. On est disponible à tout. Il y a une forme d'émerveillement à voir ce qui peut venir, ce qui va venir, que ce soit la souffrance, la vieillesse, la pauvreté, la guerre, la santé, la richesse, la paix. On n'a plus d'a priori. Tout ce qui arrive à l'humain, on est prêt à y faire face. Le corps répondra à sa manière, mais on n'a pas d'a priori. L'hivers et l'été sont inséparables.
Faire face clairement à mes obligations, à mon fonctionnement, mais ne rien en attendre. Une forme de clarté, de disponibilité vient alors. Je ne me cherche plus dans ma famille, dans mon travail, dans mon corps, dans ma pensée; je cesse d'être un dictateur, d'exiger de ma mère, de mon père, de mon corps, de mon psychisme, de mon pays qu'ils soient comme je veux qu'ils soient. Je respecte que ma mère, mon père, mon pays fonctionnement à leur manière. Même chose pour mon corps et mon psychisme.
Petit à petit s'installe chez certains êtres le pressentiment qu'ils n'ont pas à se trouver dans leurs activités, c'est à dire qu'ils n'ont pas à chercher le bonheur dans ce qu'ils font. Je ne demande plus à mon mari de me donner le bonheur, pas plus qu'à mon enfant, à mon travail, à mon corps, à ma famille, à ma race, à mes convictions, à mon compte en banque. Je me rends compte que la disponibilité fondamentale en moi respire indépendamment de ces éléments. Souvent je m'y accroche de nouveau; mais peut à peut, quand je me donne à un ressenti corporel sans intention, il y a dans la journée des moments de très grande joie, sans raison. Mon enfant est toujours aussi insupportable, ma femme est toujours aussi difficile, mon état de santé ne s'est pas amélioré, je ne sais toujours pas comment payer le loyer.... mais je me promène dans la rue et je me sens satisfait; et si, à ce moment-là, je rencontre un grand magicien capable d'exaucer mes voeux, je ne souhaite rien ! Tout ce que l'on pourrait me donner, je n'en ai pas besoin.... se familiariser avec ces moments... Alors, dans la vie familiale, professionnelle, corporelle, on devient vraiment opérationnel. Et l'on ne demande plus rien.
Quand on ne demande plus, on donne. Et l'on a réalisé l'essentiel, parce que donner est la nature profonde des choses. Pour donner, il faut se rendre compte que l'on n'a rien. Tant que l'on prétend avoir quoi que ce soit, on ne peut rien donner. Si je réalise profondément que je n'ai rien dans ma poche, une résonance se fait en moi. Cette résonance n'est que don. Là se trouve la joie, la paix. Mais tant que je veux quoi que ce soit, tant que j'ai besoin que l'on me donne, que l'on m'aime ou me respecte, je suis dans le manque, dans la misère, parce que je nie ma nature essentielle, qui est de donner."
Ci dessous, extrait "Le seul désir", édition Almora.
"Simplement, un basculement se fait: on ne se cherche plus dans la situation; on ne se cherche plus dans l'objet. On continue de fonctionner comme avant, mais on n'attend plus rien. On est disponible à tout. Il y a une forme d'émerveillement à voir ce qui peut venir, ce qui va venir, que ce soit la souffrance, la vieillesse, la pauvreté, la guerre, la santé, la richesse, la paix. On n'a plus d'a priori. Tout ce qui arrive à l'humain, on est prêt à y faire face. Le corps répondra à sa manière, mais on n'a pas d'a priori. L'hivers et l'été sont inséparables.
Faire face clairement à mes obligations, à mon fonctionnement, mais ne rien en attendre. Une forme de clarté, de disponibilité vient alors. Je ne me cherche plus dans ma famille, dans mon travail, dans mon corps, dans ma pensée; je cesse d'être un dictateur, d'exiger de ma mère, de mon père, de mon corps, de mon psychisme, de mon pays qu'ils soient comme je veux qu'ils soient. Je respecte que ma mère, mon père, mon pays fonctionnement à leur manière. Même chose pour mon corps et mon psychisme.
Petit à petit s'installe chez certains êtres le pressentiment qu'ils n'ont pas à se trouver dans leurs activités, c'est à dire qu'ils n'ont pas à chercher le bonheur dans ce qu'ils font. Je ne demande plus à mon mari de me donner le bonheur, pas plus qu'à mon enfant, à mon travail, à mon corps, à ma famille, à ma race, à mes convictions, à mon compte en banque. Je me rends compte que la disponibilité fondamentale en moi respire indépendamment de ces éléments. Souvent je m'y accroche de nouveau; mais peut à peut, quand je me donne à un ressenti corporel sans intention, il y a dans la journée des moments de très grande joie, sans raison. Mon enfant est toujours aussi insupportable, ma femme est toujours aussi difficile, mon état de santé ne s'est pas amélioré, je ne sais toujours pas comment payer le loyer.... mais je me promène dans la rue et je me sens satisfait; et si, à ce moment-là, je rencontre un grand magicien capable d'exaucer mes voeux, je ne souhaite rien ! Tout ce que l'on pourrait me donner, je n'en ai pas besoin.... se familiariser avec ces moments... Alors, dans la vie familiale, professionnelle, corporelle, on devient vraiment opérationnel. Et l'on ne demande plus rien.
Quand on ne demande plus, on donne. Et l'on a réalisé l'essentiel, parce que donner est la nature profonde des choses. Pour donner, il faut se rendre compte que l'on n'a rien. Tant que l'on prétend avoir quoi que ce soit, on ne peut rien donner. Si je réalise profondément que je n'ai rien dans ma poche, une résonance se fait en moi. Cette résonance n'est que don. Là se trouve la joie, la paix. Mais tant que je veux quoi que ce soit, tant que j'ai besoin que l'on me donne, que l'on m'aime ou me respecte, je suis dans le manque, dans la misère, parce que je nie ma nature essentielle, qui est de donner."
mercredi 2 mai 2012
Dès que l'on veut quelque chose, la peur est là
Pour le plaisir du partage... à un moment donné, vous êtes juste fatigué de vouloir... vous prenez alors les choses comme elles viennent, et ne demandez plus grand chose...
Peut être la tranquillité se révèle alors, celle qui nous attendait..cessez de prétendre quoi que ce soit...cessez de prétendre avoir besoin de quelque chose, de quelqu'un... et d'être quelqu'un... ni existence, ni non existence... toute expérience n'est alors que prétexte à faire résonner la vibration fondamentale, celle d'être..
(ci dessous, extraits de: Eric Baret, le seul désir, édition Almora)
"Dissoudre la peur n'est pas un but pour nous. La peur peut se dissoudre, bien sûr, mais l'on n'a pas besoin d'être sans peur. On sent la peur, mais vouloir être sans peur, c'est un peu comme vouloir être sans maladie: une forme de fantasme. Parfois le corps est sans maladie, parfois la maladie intervient. La peur peut intervenir, mais l'on est très conscient. On n'a pas peur, on sent la peur. c'est ce qui importe. Alors la peur reste physiologique et, comme on l'a dit très souvent, c'est la peur physiologique qui permet éventuellement de se sortir d'une situation complexe, car elle donne la rapidité, la puissance, la capacité d'absorption des coups, s'il le faut.
La peur psychologique, qui fige sur place, qui englue dans la situation, n'est plus nécessaire. Mais elle se refixe aussitôt qu'on a un projet. Dès que l'on quitte la résonance, que l'on se cherche à l'extérieur, que l'on veut quelque chose, la peur est là, c'est inévitable."
"Chaque fois que je sens en moi le fantasme d'attendre la joie demain, je suis encore en train de nier ce qui est essentiel. Tant que je pense qu'une quelconque situation peut m'apporter quoi que ce soit, je suis dans la négation, je nie profondément ma résonance. Et la résonance n'aime pas être reniée, il y a toujours drame, déception.
Nous avons en nous constamment des bulles de joie qui montent, qui percutent le cerveau, mais nous refusons constamment. Nous disons:"non, ce n'est pas le moment, je veux être heureux demain, je serai heureux quand j'aurai divorcé, quand je me serai remarié, quand j'aurai un enfant, quand je n'aurai plus d'enfant, quand je serai plus vieux, plus riche, plus sage, quand je méditerai davantage, quand je serai moins agité..." demain ! voir le mécanisme.
Peut être la tranquillité se révèle alors, celle qui nous attendait..cessez de prétendre quoi que ce soit...cessez de prétendre avoir besoin de quelque chose, de quelqu'un... et d'être quelqu'un... ni existence, ni non existence... toute expérience n'est alors que prétexte à faire résonner la vibration fondamentale, celle d'être..
(ci dessous, extraits de: Eric Baret, le seul désir, édition Almora)
"Dissoudre la peur n'est pas un but pour nous. La peur peut se dissoudre, bien sûr, mais l'on n'a pas besoin d'être sans peur. On sent la peur, mais vouloir être sans peur, c'est un peu comme vouloir être sans maladie: une forme de fantasme. Parfois le corps est sans maladie, parfois la maladie intervient. La peur peut intervenir, mais l'on est très conscient. On n'a pas peur, on sent la peur. c'est ce qui importe. Alors la peur reste physiologique et, comme on l'a dit très souvent, c'est la peur physiologique qui permet éventuellement de se sortir d'une situation complexe, car elle donne la rapidité, la puissance, la capacité d'absorption des coups, s'il le faut.
La peur psychologique, qui fige sur place, qui englue dans la situation, n'est plus nécessaire. Mais elle se refixe aussitôt qu'on a un projet. Dès que l'on quitte la résonance, que l'on se cherche à l'extérieur, que l'on veut quelque chose, la peur est là, c'est inévitable."
"Chaque fois que je sens en moi le fantasme d'attendre la joie demain, je suis encore en train de nier ce qui est essentiel. Tant que je pense qu'une quelconque situation peut m'apporter quoi que ce soit, je suis dans la négation, je nie profondément ma résonance. Et la résonance n'aime pas être reniée, il y a toujours drame, déception.
Nous avons en nous constamment des bulles de joie qui montent, qui percutent le cerveau, mais nous refusons constamment. Nous disons:"non, ce n'est pas le moment, je veux être heureux demain, je serai heureux quand j'aurai divorcé, quand je me serai remarié, quand j'aurai un enfant, quand je n'aurai plus d'enfant, quand je serai plus vieux, plus riche, plus sage, quand je méditerai davantage, quand je serai moins agité..." demain ! voir le mécanisme.
dimanche 29 avril 2012
Le désir commun à tous c'est la Tranquillité
Aloha !
Avec un peu d'expérience, la voyance, on finit par soupçonner que les choses importantes de la vie sont déjà arrangées d'avance... peut être finit-on alors d'être en guerre avec la vie et de prétendre de mieux savoir que Dieu ce qui doit se passer ? On laisse venir les personnes, on les les laisse partir... j'ai toujours mes préférences dans la vie, mais peut être ai je perdu l'illusion de pouvoir me nourrir d'une rencontre, d'une situation ? Quand on a eu la chance de conduire les plus belles voitures ou de fréquenter les plus belles femmes, on finit peut être par guérir de certains fantasmes ? Mais on ne met pas un stock de liberté ou d'amour de côté pour toujours, c'est bien un art de vivre d'instant en instant... remplacer ses désirs par des préférences...
Je mets ici quelques lignes d'Eric Baret (Le Seul Désir, édition Almora). J'aime ces passages, quand il s'agit ainsi juste d'une invitation à un art de vivre.. la spiritualité se fait alors légère... quand il n'y a pas de prétentions à expliquer notre nature (ontologie) ou celle du monde... pas de systèmes..
"On ne désire que la tranquillité et on a l'impression que la Légion d'honneur ou une nouvelle maison nous la donnera. Ce que l'on désire vraiment, c'est être satisfait. Or, aucune situation n'a le pouvoir d'être totalement satisfaisante. Elle résonne en tant que souvenir; on pense par association d'idées que, si l'on avait une piscine, ou plus d'argent, ou un corps différent, ou un nouvel enfant, si l'on était divorcé, ou plus jeune - chacun selon sa fantaisie -, on serait tranquille et heureux....Mais le désir commun à tous, c'est le désir de tranquillité.
On peut conduire une Maserati rouge et être tranquille. La tranquillité n'empêche pas d'avoir une ravissante maîtresse ni de jouer au football. Simplement, on se rend compte que la tranquillité n'est pas dans la Maserati, ni dans la ravissante maîtresse, ni dans le fait de jouer au football. Donc, quand votre maîtresse préférera le voisin et quand vous vous serez détruit la cheville en jouant au football, cela ne vous manquera pas.
La tranquillité n'empêche aucune activité. Elle empêche seulement de prendre l'activité pour ce qu'elle n'est pas. L'activité est ce qu'elle est. Caresser un chat, caresser une maîtresse ou caresser une voiture est ce que c'est: beauté absolue, symbole - mais jamais cause - de notre liberté. La situation ne contient pas ce que je cherche. Mais toutes les situations sont possibles, cela n'empêche rien.
Aussi longtemps que l'on cherchera la tranquillité dans une situation, il y aura une forme de confusion. On ne pourra jamais se réjouir vraiment de la situation, parce qu'il y aura toujours une peur. Si je crois que la tranquillité est dans la Maserati, j'aurai peur qu'on me la vole. Si je pense que ma joie vient de cette femme, je ne serai jamais complètement tranquille, parce qu'elle peut mourir, parce qu'elle peut partir.
A un moment donné, on voit cela clairement. Et si l'on sait qu'il n'y a rien dans cette situation affective, mentale, financière, là on peut enfin agir librement. On peut gagner de l'argent et en perdre, parce qu'on sait qu'il n'y a rien là-dedans. On peut prendre tous les risques, parce que l'on sait que l'on ne risque rien.
Question: Que devient la relation amoureuse dans tout ça ?
La légèreté et l'humour constituent la relation; tout est ouvert. Ca vient, ça part, on est clair. C'est là que la beauté, que le jeu peut intervenir. Mais si la possibilité que ma femme me quitte me traumatise affectivement, je ne serai jamais vraiment là. Je serai dans l'idée que peut-être, si je fais ceci, si je dis cela, si je suis comme ci ou comme ça... Non ! Je suis présent.
Toute attente ôte la beauté, ôte la capacité. Quand on n'attend rien, on se situe dans le plein. Quand on se situe dans le plein, on a un rapport différent avec les situations.
Rendez vous compte que ce que vous demandez à quelqu'un, c'est votre propre tranquillité. Penser qu'une relation humaine va vous combler, ce n'est pas réalisable.
Cela n'empêche pas de vivre, de se marier, d'avoir des enfants, de fonctionner. Mais on arrête de demander à son mari ou à sa femme de nous combler, parce qu'ils ne peuvent pas le faire, parce qu'ils n'ont pas à le faire. Cesser de croire à ses contes de fées, c'est donner une liberté à l'autre. C'est arrêter de l'utiliser pour sa fantaisie personnelle. Donc c'est une preuve d'amour et d'affection. Tant que l'on demande à l'autre de nous combler, c'est qu'on se sert de lui comme d'un objet: s'il ne nous comble plus, on le change ! Quand on aime profondément quelqu'un, on se lui demande rien. Une relation profonde se crée.
Il ne s'agit pas de s'empêcher de demander, mais de voir le mécanisme. Quand je demande, je suis dans la misère. Tant que j'attends quelque chose de ma femme, de mon mari, de mon enfant, de mon corps, de ma voiture, je suis dans la misère. Et dans les moments où je ne demande rien, je m'aperçois qu'il y a cette tranquillité, cette disponibilité dans laquelle je peux enfin être présent à ma femme, à mon mari, à mon enfant, à mes parents.... Je suis présent parce que, à ce moment-là, j'écoute...
Quand je demande, je n'écoute pas..
Dans une relation intime avec un être humain, il n'y a que jeu. Vous pouvez très bien demander à votre mari: "Est ce que tu m'aimes ?" C'est le ressenti, la souplesse du jeu qui vous dicte cette question. Lui, par jeu, par souplesse, dira oui ou non, selon le moment. Mais il n'y aura plus l'intensité dramatique, psychologique. Vous savez très bien que le oui ou le non qu'il vous donne fait partie du jeu. Vous n'en attendez rien.
Si l'on entre vraiment dans la sensibilité dont nous parlons ici, le besoin d'être aimé - qui est à respecter - va s'éliminer. On croit avoir besoin des bras de quelqu'un, de la sécurité affective de quelqu'un, de l'amour de quelqu'un, de l'argent de quelqu'un... Non. Ce que l'on cherche dans cette relation, c'est la tranquillité, l'absence de besoins. S'en rendre compte, voilà une constatation vraiment scientifique.
Rien ne change alors. La vie continue comme avant. Simplement, au lieu de demander quelque chose à une relation, vous donnez quelque chose à cette relation. Au lieu de demander à être aidé par la relation, vous aidez la relation. Ce n'est pas un acquis, c'est sur l'instant. L'instant d'après, vous vous découvrez de nouveau en train de prétendre que vous dépendez de cette relation. Vous dépendez de cette situation et vous en subissez les conséquences affectives. Vous remarquez cette attitude et de nouveau tout se vide.
Vous ne pouvez pas être libre à jamais. Cette vision n'existe que dans l'instant. L'instant d'après, un nouveau fantasme peut survenir, et être reconnu comme tel.
Quand on laisse vivre ses émotions, elles se réfèrent à ce qui semble être une émotion primordiale, que nous avons appelée "tranquillité". "
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| Girls and Sport Cars... la vraie vie quoi ! Ben quoi, comment ça j'ai rien compris ?! |
vendredi 20 avril 2012
C'est l'égo qui bloque en refusant l'émotion
Une petite video toute simple par Eric Baret sur la gestion des émotions..
Notre refus de l'émotion la bloque et créé plein de problèmes..
Je crois qu'une bonne partie des vraies thérapies, c'est, tout simplement: qu'est ce que je refuse, qu'est ce que je bloque comme émotions (passé, présent, futur)..
Je laisse revenir tous mes souvenirs, j'accepte que cela se soit passé ainsi, cela se libère...
Je constate la mécanique de refus du présent: je suis 100% dans le refus, je le constate.
J'accepte la totale incertitude du futur; ma sécurité c'est ma disponibilité pour ce qui arrive...
Et ben déjà avec ça....ça change !!!
Le plus beau projet c'est d'être sans projet - Eric Baret
Quelques lignes piochées dans les toutes premières pages du livre d'Eric Baret "Le seul désir", édition Almora.
Sur toutes ces attentes et ces refus qui nous détruisent...
"Vous voyez des images: l'image que si vous couchiez avec votre voisine, si vous achetiez une belle voiture ou si vous pratiquez le yoga, vous trouveriez quelque chose qui vous satisferait. C'est un fantasme, une illusion. A un moment donné, il vient une maturation, on n'a plus besoin de fabriquer quelque chose. Plus besoin de fabriquer une vie - une belle vie, une vie réussi, aimer, être aimé, être approuvé, être quoi que ce soit. Vous êtes ce que vous apporte la vie. Vous êtes en prison, vous êtes avec un ami qui meurt, vous ne savez pas comment payer votre loyer: c'est cela, la vie. Rien ne manque. L'idée d'attraper quelque chose vous quitte. Il va vous venir cette saveur...
Le problème n'est pas le désir, mais l'histoire bâtie autour. Quand le désir se libère des images, il reste un vrai désir: le désir de la vie.
Votre désir est ce qui se présente.
Se rendre compte qu'on est constamment en train d'imposer à son corps, à son psychisme et à son entourage une idée: "ça serait mieux comme ça". Voir qu'on agit en dictateur.
S'en rendre compte suffit.
La violence c'est de penser qu'on n'aurait pas dû vous gifler il y a 30 ans.
Quelle souffrance que d'attendre ou revendiquer l'amour !
A un moment donné vous ne partez plus en guerre contre la vie.
On peut avoir des problèmes fonctionnels; ils ne sont plus problématiques psychologiquement.
Ce n'est pas parce qu'on divorce qu'on rate quelque chose, ce n'est pas parce qu'on se marie qu'on gagne quelque chose.
Vous matraquez à droite et à gauche tout ce qui va à l'encontre de votre projet misérable.
Votre sécurité, c'est votre disponibilité, c'est ce qui se présente à vous.
Les hommes, les femmes, vos enfants, votre voiture: tout va disparaître.
Ma maison c'est la disponibilité.
Quand vous sentez la peur dans la poitrine ou dans le ventre, vous n'avez pas peur. Vous sentez la jalousie, mais vous n'êtes pas jaloux. Cela, c'est possible. Mais vous ne pourrez jamais changer votre fonctionnement biologique.
Chaque fois que quelque chose m'agresse, je dis merci. Je regarde et je vois que c'est moi qui m'agresse en pensant qu'on devrait me traiter autrement. Tout ce qui nous agresse, c'est un cadeau pour nous montrer nos peurs.
La maladie se construit très longtemps à l'avance. Quand vous êtes sensible, la maladie n'est jamais une surprise
Si on vous dit que vous avez un cancer, vous oubliez votre corps. Vous ouvrez des livres... Non ! c'est moi le cancer. Je laisse le cancer vraiment me parler. Et là je vois ce qui convient. Dans l'écoute, on voit des guérisons extraordinaires. Il n'y a pas de combat. Il y a une écoute."
mercredi 18 avril 2012
La véritable relation part du plein
L'extrait ci dessous résume le point de vue d'Eric Baret et son approche cachemirienne sur les rapports dans le couple.
Il n'est pas le seul à dire qu'un couple fonctionne sainement quand chacun est suffisamment autonome (et ne vient pas pour se nourrir de la relation).
Il le dit avec ses mots à lui, sa façon radicale, cela a une vertu pédagogique.
On peut être plus doux aussi, plus conciliant, (plus réaliste ?)... pour moi c'est un idéal, existe-t-il vraiment ?.. Eric Baret dit aussi à un moment que l'on peut se demander si la structure psychologique peut être complètement libre car il y a un réflexe de préhension qui demeure quelque peu.
Il y a aussi dans certaines rencontres des ouvertures vers le spirituel qui se font, et ce même si aucun des deux n'est autonome.
On peut comprendre que plus on est autonome, mieux ça vaut..
Je prends de son approche les côté pratiques et applicables. Je reste dubitatif sur l'absence de limite dans l'approche cachemirienne: être 100% écoute à ses ressentis, je sais à quoi cela va (encore) me conduire: une dissolution du sens du moi (la pensée étant désactivé au profit du ressenti). Je suis en phase avec cette approche pour l'aspect thérapeutique de libération émotionnelle que cela permet (accompagnée du souffle, comme un rebirth light)... par contre, la réalisation de l'unité avec le tout, hum... est ce adapté à une vie en occident ? (où je dois me lever le matin pour aller gagner ma croûte)... c'est encore cet agenda oriental de "vilainisation" de la pensée et du plan mental (voir explications de Joel et Diana sur ce blog). Mais qui vous dit que le plan mental n'a pas son importance, par exemple comme force créatrice !?
Nous avons déjà présenté une autre approche sur ce blog, qui est une dialectique entre la personnalité et l'impersonnel (lire mes articles tagués "sagesse"). Pour garder une personnalité, il faut garder ses projections, ses identifications mentales... autant en changer le contenu (enlever certaines charges)... je sais que ce n'est qu'une identification (pour l'avoir vérifier de façon expérientielle), mais j'ai choisi de la garder à des fins de garde-fou.
Ceci étant dit, voilà l'extrait en question...
" A un moment donné, il faudrait que les hommes et les femmes arrêtent de demander à l'autre ce qu'ils ou ce qu'elle ne peuvent pas donner. une femme ne peut donner le bonheur à un homme, pas plus qu'un homme ne peut le donner à une femme. Il peut, s'il a l'écoute nécessaire, permettre à l'autre de s'exprimer afin que la maturité de l'autre puisse se concrétiser. Mais dans les relations humaines, il n'y a rien à demander. Vous ne pouvez ni demander ni recevoir. C'est une forme de compensation. La véritable relation part du plein. Vous sentez votre autonomie. Vous pressentez le silence et vous vivez ce pressentiment du silence avec un autre. A ce moment-là, le problème de couple se présente tout autrement. Cependant, si vous épousez quelqu'un en pensant que cette personne comblera totalement vos besoins, vous allez tôt ou tard vous plaindre. C'est une mauvaise orientation. Un bon thérapeute vous amènera à réaliser qu'il n'y a rien à demander à la vie. Tout vous est donné. Mais on refuse constamment.
C'est votre demande qui crée le refus. Quand on demande, on ne peut pas recevoir. Les relations compulsives entre les hommes et les femmes sont des activités comme les autres, mais, éventuellement, cela ne nous concerne plus tellement."
(Eric Baret, Les crocodiles ne pensent pas)
Bon voilà, c'est dit de façon un peu extrême (comme souvent avec lui), il y a du vrai là dedans... mais cela n'a de valeurs que si on propose une façon d'aller vers cette autonomie, et de se libérer de ses manques... sinon c'est juste des paroles dans le vent....
Et j'ajoute que si on sait le faire - remettre les personnes en contact avec leur liberté intérieure - et ben faut pas se priver de le faire et le faire savoir, car il y a beaucoup de gens en souffrance émotionnelle !
L'approche cachemirienne et les peurs
Quelques extraits des propos d'Eric Baret pour gérer la problématique des peurs qui peuvent nous habiter.
Quelle serait, à votre avis, la voie la plus directe pour parvenir à la perception du divin?
Par l'acceptation totale de l'absence de divin. Par la prise de conscience que tout votre fonctionnement est sans cesse refus, sans cesse ajournement. Par la prise de conscience que l'on vit uniquement dans la mémoire, que le corps vit sans cesse dans l'attraction-répulsion, dans la peur, qu'il y a sans cesse cette référence à soi-même.
Quand vous voyez que profondément il n’y a que l’insécurité, il y a un certain basculement qui se fait. Il n’y a que l’insécurité. Quand vous l’avez reconnue, corporellement et mentalement, vous décollez de cette insécurité et là vous rejoignez la sécurité profonde. Il n’y a pas de sécurité corporelle. Votre corps est fait pour être écrasé par un camion. Tôt ou tard, votre corps ne pourra pas éviter tel ou tel accident. Vous ne pouvez rien changer à cela. Vous pouvez apprendre les arts martiaux, vous pouvez acheter un revolver, mais vous n’enrayerez pas l’insécurité. La seule manière de vivre avec l’insécurité, c’est de l’accepter totalement. L’insécurité fait la beauté du corps, fait la beauté de la vie. Toute la créativité de la vie y participe, sinon elle n’aurait pas d’éclat. Il faut faire la différence entre l’insécurité psychologique et l’insécurité physiologique. L’insécurité physiologique est purement fonctionnelle. L’émotion à la vue d’un lion va mettre en branle masse musculaire et orchestrer tout un processus de fuite rapide. Cette réaction chimique et les processus mis en branle par l’émotion sont purement physiologiques, fonctionnels. Généralement, l’insécurité est psychologique.
C’est l’amour qui l’enrayera. L’amour de votre structure. Eprouvez complètement votre structure corporelle dans un espace et vous verrez la peur disparaître. La peur est une restriction.
(…)
Beaucoup de maladies viennent de la peur : peur du passé, peur du futur, peur de perdre, peur de ne pas faire face, peur de ses pulsions et de ses impulsions. Quand vous écoutez votre corporalité, votre structure, la peur psychologique vous quitte. La peur psychologique paralyse l’action alors que la peur physiologique donne la possibilité de réagir avec la rapidité nécessaire.
(…)
La plupart des humains éprouvent une insécurité psychologique. Ils aiment ou n’aiment pas telle ou telle personne, telle ou telle situation. Dans la vie, il n’y a rien à aimer ou à ne pas aimer. Tout est rythme et vibration. A ce moment-là, la vie devient plus fonctionnelle. Il faut analyser la structure du corps. Que se passe-t-il quand quelqu’un vous agresse ? Que se passe-t-il, dans le corps, quand vous vous rappelez tel ou tel événement qui s’est produit alors que vous étiez plus jeune ? Que se passe-t-il quand vous pensez à telle ou telle personne ou à telle autre qui a quitté ce monde ? Comment réagissez-vous ?
Ecoutez votre structure corporelle sensorielle sans tirer de conclusions. Vous allez bientôt découvrir une très grande sensibilité dont le corps n’est qu’un camouflage psychologique. Ecouter convenablement son corps, c’est le sens civique de la vie. Si vous ne le faites pas tous les jours, il y aura agression. Quand vous écoutez vraiment, tout élément psychologique disparaît. Il peut rester des relents, des traces, mais ils ne sont plus des références qui vous tiennent prisonnier. "
C'est un peu comme une farce tragique: on est constamment entrain de dire non à ce qui peut nous montrer nos limitations, pour vivre dans une hypothétique de sagesse, de liberté. Alors on ne veut surtout pas se voir dans la peur, dans l'incertitude, surtout pas se rendre compte que l'on ne sait rien, que l'on ne peut rien. Donc on ajourne constamment ces opportunités pour vivre dans une image spirituelle, de méditer, de devenir comme ceci et comme cela, d'être libre de ceci et de cela. Mais un jour on se rend compte du mécanisme; alors il y a changement. On ne cherche plus à devenir quoi que ce soit, à éviter quoi que ce soit.
C'est la fin de tout enseignement spirituel, c'est le début de la vie spirituelle. Il ne peut pas y avoir les deux à la fois.
Un homme sensé, c'est quelqu'un qui vit en harmonie avec ses émotions: il connaît ses peurs, ses anxiétés, ses jalousies, ses culpabilités, et il est complètement en accord avec elles. Quand quelqu'un s'ouvre à ses émotions,celles-ci quittent leurs prolongations pathologiques, elles deviennent poétiques. Au lieu d'avoir peur de sa peur, on écrira sur la peur, on peindra sur la peur, on fera de la musique sur la peur.
Quittez toute voie spirituelle. Restez chez vous. Jetez
vos tofus et votre prétention à la paix par l'alimentation, le yoga ou
le taî-chi-chuan. Regardez. Ressentez. Regardez combien vous vous enfuyez
de la réalité quotidienne. Pas de recette, d'exercice, d'attitude à observer.
Etre lucide. Sentez la peine, la tristesse, la peur. C'est Dieu en activité.
C'est votre chance.
Quand
vous ne prétendez plus que les choses devraient être autrement, mais que
vous vous donnez à ce qui est dans l'instant, tout est possible.Se familiariser avec cette disponibilité aux instants de la vie. Je n’ai pas besoin de changer quoi que ce soit en moi : mes peurs, mon arrogance, mes prétentions, mes limites, tout cela m’est nécessaire pour pressentir le sans-limite.
mardi 17 avril 2012
Se coucher heureux et se réveiller heureux ??
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| Oia Village, Santorini |
Hello Folks,
J'ai une certaine sympathie, ou une sympathie certaine, pour l'approche du tantrisme cachemirien, tel que par exemple présenté par Eric Baret (voir par ex. "Dans la nudité des tantras" edition Almora). Sans pour autant en faire un système, ou en déduire une conclusion intellectuelle et ontologique..ça, ce serait vouloir résoudre les secrets de l'univers, et c'est se mettre une charge supplémentaire !
L'approche proposée, sur le plan pratique, consiste à accueillir, écouter ses ressentis dans son corps.
Non pas "je suis triste" ou "je suis déprimé"... ceci est une pensée... qui vous a dit que vous étiez déprimés ? Il faut comprendre que la majorité des thérapies proposées par les psys sont des thérapies mentales...c'est très long et cela ne marche pas forcément (il reste même, d'après certains, à démontrer que la psychanalyse donne des résultats..).
Non pas "je suis triste" ou "je suis déprimé", mais je sens la tristesse, je sens la dépression, et on écoute dans son corps: à quel endroit (le ventre, la gorge ?)... on accompagne par le souffle... on laisse l'émotion se déployer entièrement... on prend du temps à soi pour faire cela... au lieu de refouler l'émotion....
Comment faire pour arriver un jour à se coucher heureux et se réveiller heureux..??
Prendre un peu de temps certains jours pour examiner "qu'est ce que je n'ai pas accepté ?"...ou "qu'est ce que j'attends avec trop de force ?".."qu'est ce qui me fait peur ?". et si on n'accepte pas aujourd'hui, c'est ainsi... on ne peut pas se forcer à accepter quelque chose qui nous est arrivé... mais on peut accepter sa non-acceptation, c'est à dire écouter, sans mentaliser, le déploiement dans son corps de ce refus... petit à petit, la tension cristallisée pourra se déployer... ou peut être même se transformer dans notre essence fondamentale, (qui est joie et paix)..
Si c'est un trauma lourd qui nous bloque, il peut être intelligent de se faire accompagner dans les ressentis qui remontent alors !
Derrière nos peurs, et nos souffrances, il y a une paix et une joie intrinsèque..("notre droit de n'essence"). Mais elle ne peut être saisie par un acte de préhension, elle se dévoile lorsque notre projet devient "ce qui est". "Le yoga c'est faire face à ce qui est"..."certains vont dans des brasseries pour manger de la choucroute et sont heureux, d'autres font du yoga toute leur vie et sont déprimés, l'un n'a pas plus de valeur que l'autre, ce qui compte (pour nous amener vers l'essence) c'est d'être dans son ressenti."
La disponibilité sans jugement pour ce qui est, en passant par l'écoute du corps, en étant juste présent à ce qui est, est une façon de nous retrouver dans ce centre (le notre, celui de la vie), dont il est fait mention dans les thérapies ACT et IFS...
On ne peut pas provoquer le lâcher prise mais voir la mécanique qui fait que l'on se met en tension et à côté de ce qui est (regrets du passé /désirs pour le futur). Voir cette mécanique crée une brèche à travers laquelle, progressivement, de petits moments de conscience, de bien-être sans cause, vont commencer à être vécus !
C'est en fait une attitude de chaque instant à laquelle on est invité: accueillir ce qui se présente, dans ses ressentis... c'est vrai que si on fait cela, il n'y a guère de place pour mentaliser, car on ne peut sentir et penser en même temps...
Sur le plan de la Sagesse, le propos est de constater que l'on refuse tout le temps ce qui est, et ce qui s'est passé, et que l'on rêve tout le temps à la situation de demain...
Avec la maturité, vient, ou ne vient pas, la compréhension que l'on se trompe en cherchant à se réaliser dans une situation... car il y aura certainement toujours des choses qui vont clocher, et que surtout c'est en nous même que se situe la sérénité et la sécurité... ce sont toujours ces attentes que l'on plaque (sur quelqu'un, sur un travail, une situation) qui nous empêchent de trouver en nous...
Tout ceci n'interdit pas, bien sûr, d'avoir des préférences, des projets, dans la matière... mais idéalement, une certaine légèreté finit pas s'installer, quand le moment est venu...
lundi 16 avril 2012
Arrêter de critiquer sa vie - Eric Baret
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| Le domaine Pins Paul (06) |
Hello !
Je vous mets un peu d'Eric Baret, c'est tiré de son livre (épuisé) "de l'abandon".
Attention, il ne s'agit pas d'en dériver une philosophie, et de se dire "qu'on n'existe pas", qu'on n'est pas ceci ou pas cela, ou qu'on n'a pas le droit de penser.... c'est juste plutôt se dé-tendre...
J'ajoute que souvent ce sont les choses qu'on n'a pas accepté qui nous plombent (consciemment ou inconsciemment). Comment revenir à notre liberté intrinsèque, à notre joie naturelle, sans s'encombrer de croyances et de pratiques ? ....
"Quand je n'ai plus confiance ni en moi ni en l'environnement, il reste une confiance qui n'est plus dirigée vers quelque chose mais qui est simplement un non-commentaire. J'arrête de critiquer ma vie, de penser qu'elle devrait ou pourrait être autrement. Je cesse de savoir quoi que ce soit. Reste la disponibilité. En l'absence de réaction psychologique, la simplicité de la vie m'apparaît. Tout ce qui m'arrive est présence. La confiance naît quand j'abandonne tout espoir. Une confiance sans objet.
L'espoir est une forme d'ajournement: demain je serai heureux. Ce n'est pas admissible: on sera mort avant cela; plus le temps d'être heureux demain. "Quand je ferai plus de yoga, quand je serai plus sage, moins coléreux, plus riche, marié, divorcé, quand je mangerai moins de sucre, que je serai en meilleure forme, que j'habiterai ailleurs... seulement alors je serai heureux." Voilà l'espoir !
Pourquoi attendre ? Qu'y aura-t-il de plus demain ? Rien. Je projetterai la même misère qu'aujourd'hui. Si j'arrête aujourd'hui, cela s'arrête aussi pour demain. Si je continue aujourd'hui, cela continuera demain. Je dois arrêter, maintenant, dans l'instant. j'écoute, je ressens: dans ce ressenti, le mécanisme de fuite vers l'avant, vers demain, est vu pour ce qu'il est. Donc, toujours revenir à la sensibilité du moment. Écouter l'instant sans le lier à celui d'avant ou d'après, sans le comparer, sans rien savoir, sans anticiper ni se rappeler.
L'espoir est une fuite.
Question: la résignation aussi ?
Oui, les deux sont un manque d'écoute. La résignation c'est se référer au passé, l'espoir c'est regarder demain: dans les deux cas, je ne suis pas présent."
lundi 27 juin 2011
Vous ne pouvez pas lâcher prise, inutile de faire semblant (Eric Baret)
| Bhairava - Katmandou |
Toujours très direct, mais du coup efficace, Eric décerne ici quelques coups (de maître)... on peut apercevoir ici notamment à quel point notre perception d'être une personnalité, séparée, est fortement lié à notre vagabondage intérieur dans le temps, le passé et le futur, mais que dans l'instant, lorsque l'on est présent à ce qui est, alors c'est autre chose...
Simplement se rendre disponible à ce qui est...à la fois au dedans et au dehors...sans juger... alors....
Extrait de "De l'abandon", Eric Baret (livre épuisé mais disponible sur amazon)
"Je n'ai pas besoin d'être intelligent, de comprendre quoi que ce soit pour découvrir cet espace de liberté dans le coeur: c'est cela qui nous concerne. Je respecte les gens qui savent ce qu'est la conscience ou l'essence, mais, ici, ces choses nous dépassent. La philosophie, avec tout le respect que j'en ai, est encore un concept. La possibilité d'accepter la vie dans l'instant ne nécessite aucune théorie."
Comment peut on avoir accès à ce que vous voulez transmettre ? Quelle attitude avoir pour atteindre cette disponibilité ?
"Vous vous rendrez compte à chaque instant que vous la refusez... - "Je devrais être différent et le monde aussi. Quand je serai différent, que j'aurai moins de peur, de regret, d'amertume, d'attente, je serai libre.." -
Je vois le mécanisme: je suis toujours en train de dire non à la réalité, de m'embarquer dans un projet spirituel. Clairement je m'en rends compte. Je ne peux rien faire contre. Il n'est pas en mon pouvoir de m'empêcher de penser que le bouddhisme, le taoïsme, l'enseignement de Gurdjeff, la méditation solitaire ou le mariage avec cinq femmes est la solution pour moi. Mais je peux voir que tout mon dynamisme vient uniquement de cette peur d'écouter.
Dans le fait d'être présent, simplement, il n'y a personne de présent. S'il y avait quelqu'un de présent, ce serait le passé. Le mental ne peut comprendre, il m'éloigne..
La personnalité n'existe que dans le futur ou le passé. Quand je dis non, je me trouve en tant que personnalité avec un futur et un passé. Quand je dis oui, il n'y a personne qui dit oui. Le oui élimine la personne.
Un lâcher prise volontaire est impossible. Cela vient lorsque vous arrêtez de vouloir lâcher prise.
Vous avez observé de plus en plus consciemment le mécanisme qui vous fait aller toujours vers quelque chose. Vous ne pouvez rien faire contre: seulement le constater. Cette vision - "je suis toujours en train de quitter l'essence, la présence" - crée une sorte de fissure. Dans cette fissure, malgré vous, vont s'insinuer des moments de joie libre de cause. Ils vont vous permettre de vérifier que la joie n'est pas liée à la situation, qu'elle ne dépend de rien. Vous allez intégrer davantage le fait que vous n'avez besoin de rien dans la vie, parce qu'elle se finit dans l'instant. Vous n'avez pas le temps de construire une vie consciente. On ne peut rien devenir.
Toute l'énergie utilisée pour attraper, devenir, trouver et être quelqu'un va progressivement revenir vers vous. Vous connaîtrez de plus en plus souvent de moments de tranquillité sans raison.
Ce n'est pas entre vos mains, vous ne pouvez pas en décider.
De nouveau vous allez voir une très belle femmes, une très belle voiture, un beau maître avec une grande barbe, et vous allez vous laisser embarquer dans un futur.
La vie est ce qu'elle est: il y a des femmes, des maîtres, des chiens, mais vous n'allez plus rien leur demander. Alors, si c'est le bouddhisme qui vous a pris, vous allez devenir un vrai bouddhiste: vous étudierez le bouddhisme pour la joie de l'étude, sans rien en attendre. Le bouddhisme ne peut rien pour vous, mais vous pouvez tout lui donner. Si c'est une femme, vous allez tout donner à cette femme et ne jamais rien demander. La femme ne peut rien pour vous. Etc. Dans tout ce qui se présentera, vous trouverez cette résonance, parce que la joie est de donner, non de recevoir. Toutes les activités vont apparaître ainsi.
Cette présence à l'émotion constitue le changement. c'est la magie. C'est au delà de tous les siddhis (pouvoirs psychiques) possibles."
dimanche 19 juin 2011
Un esprit libre est un esprit libéré du passé et du futur (Eric Baret)
Quelques extraits du livre "Le seul désir" d'Eric Baret.
Eric, inspiré par le Shivaïsme du Cachemire, toujours iconoclaste dans son approche, nous invite, comme Ramana à simplement accueillir ce qui se présente à nous, en retrouvant notre tranquillité d'arrière plan..
"Quand je suis sans intention, je pressens un courant d'apaisement, de profonde satisfaction, sous-jacent à toutes les vicissitudes de la vie. Se donner à ce courant, à cette évidence, sans jamais chercher à la comprendre, à se l'approprier, crée une très grande relaxation corporelle".
"Quand on se rend disponible à ce qui est, ce qui jusque là était expérimenté comme peur et désir devient beauté et joie".
"Le terme esprit libre se réfère à un mental libéré du passé et du futur; pas d'intention, nulle part où aller"
"L'ego prend, utilise et jette"
"Chercher une raison, une explication, est un manque de maturité". "Petit à petit, l'esprit perd sa prétention à comprendre ce qui le dépasse"
"Faire face au ressenti, voilà le sommet de la tradition cachemirienne".
"Pour le Vedanta, vous n'êtes pas le corps, le sens et l'esprit; vous êtes le connaisseur. Selon l'approche tantrique, vous êtes également ce qui est connu; on inclut le connu par le ressenti."
"Aussi longtemps que l'on ne ressent pas son corps, ses émotions, on leur est complètement identifié"
"Je connais l'agitation, la tristesse, la jalousie, l'amertume, mais je ne suis pas triste, je ne suis pas amer. Ces états me traversent"
"Si nous nous identifions à l'émotion, "j'ai peur, je suis fatigué, je suis pauvre, je suis riche" nous sommes coupés de l'essentiel. Le Vijnana Bhairava Tantra vous ramène au fait que, dans chaque situation, il y a l'espace."
"Chaque fois que je suis triste, je peux me rendre compte que j'ai encore la prétention de savoir ce qui est juste... reste une tranquillité dans laquelle la situation est ce qu'elle est"
"Quand vous n'utilisez plus la situation pour vous trouver, vous devenez disponible à la situation. Mais quand vous cherchez à vous trouver dans quelque chose, vous étouffez la vie".
"Tant qu'il y a une attente, il y a une peur"
"Dès l'instant où je demande c'est le conflit"
mardi 14 juin 2011
Nous sommes Disponibilité pour ce qui est (Eric Baret)
Eric Baret, à la suite de Jean Klein, inspiré par le shivaïsme du Kashmir, nous invite à redevenir cette Disponibilité que nous sommes, disponibilité à la Vie telle qu'elle se présente, en Nous... cette approche directe, est libératrice!
Vous pouvez passer votre vie à vous imaginer réussir ou rater. Mais vous ne pouvez rien rater ni réussir : c'est une idéologie.
Un jour vous serez las d'imaginer. À cet instant, vos réussites et vos échecs imaginaires, vos fantasmes de réussites et d’échecs futurs s’élimineront aussi. Voilà l’accomplissement, il n'y en a pas d'autre. C'est cela qu'il faut laisser s'installer en nous.
Pas de place pour un regret, un espoir ou une amertume : tout cela est une forme d'agitation. Restez tranquille, clair. La vie se déroule en vous, vous n'êtes pas dans la vie.
Supprimez tout commentaire idéologique sur votre vie. Votre savoir sur la vie vous empêche de voir combien elle est parfaite. Il n'y a rien à y changer. Votre vie change, c'est la vie. Vous n'avez pas à vous mettre en accord avec quoi que ce soit. Sinon vous allez toujours vous sentir en désaccord.
Vouloir être en accord est une peur. Peur de quoi ? La cause de la peur est imaginaire. À un moment donné on cesse de trembler. Ce qui se présente est l'accord. Quand je ne le qualifie plus de positif ou de négatif, de réussite ou d'échec, ce qui se présente n'est autre que moi-même, que ma résonance : là, il y a accord véritable. Ce n'est pas un accord d'un sujet vers un objet, c'est un accord d'unité, sans séparation. Un accord avec votre corps lorsqu'il souffre ou fonctionne, avec la vie dans ce qu'elle vous offre. Sans demande d'accomplir, de recevoir quoi que ce soit.
C'est extraordinaire d'écouter. Cela transcende ce que l'on écoute. L'accord profond de la vie consiste à écouter.
Il faut se mettre en accord avec ce qui se présente dans l'instant. Mais cela, vous ne pouvez pas le faire. C'est une grâce qui vous appelle et que vous refusez à chaque instant parce que vous voulez être en accord avec l'instant d'après… Voir le mécanisme.
L'émotion qui surgit en moi, c'est avec elle que je dois être en accord. Il n'y a rien d'autre.
Que mon mari devienne exactement ce que je désire de lui, le lendemain autre chose manquera quand même… Ce que je demande à mon mari, à mon chameau c'est moi-même. Cela, aucun chameau ne peut me le donner. Dans l’instant où je n’attends plus rien de quoi que ce soit, y compris de moi-même, je réalise qu'écouter est ma sécurité, ma jouissance, ma satisfaction. Je n’ai plus besoin que l'on m’écoute, que l’on m’aime ou me déteste ; je comprends, je respecte la façon dont le monde me voit – il a ses raisons.
L'environnement ne crée aucun heurt psychologique. S’il suscite en moi la moindre difficulté, c'est que je porte une forme de jugement : je reviens vers moi-même. Au lieu de vivre la réalité, je pense que l'environnement devrait être différent. L'environnement est ce qu’il est. N’être pas d'accord avec la réalité c'est avoir un problème : non avec elle, avec soi.
Regarder clairement en soi. S’apercevoir que son mari, son patron, son chien ne peuvent faire autrement que de sentir ce qu'ils ressentent, d’agir comme ils agissent. Dans ce respect, cet amour de la réalité, je réintègre la disponibilité.
dimanche 30 janvier 2011
Eric Baret: Un chat sur son fauteuil est totalement satisfait; la Tranquilité c'est simplement d'arrêter de prétendre d'avoir besoin de quoi que ce soit...
Miaou Miaou !!
Des extraits d'une interview d'Eric Baret qui a travaillé avec Jean Klein, autour de la tradition du shivaïsme du Cachemire.. une belle tradition, qui unifie l'approche non duelle avec une approche corporelle..
Eric est un ancien de la légion étrangère....
Eric: La tranquilité c'est simplement arrêter de prétendre d'avoir besoin de quoi que ce soit.
Un chat sur son fauteuil est totalement satisfait. L'être humain est totalement insatisfait. Après un moment de satisfaction, tôt ou tard, il va chercher autre chose. Parce que finalement il a ce pressentiment de la liberté, il la cherche par tous les moyens: par les guerres, les paix, par toutes les excentricités possibles. Une maturation se fait. Vous cherchez dans la juste direction.
Quelle serait, à votre avis, la voie la plus directe pour parvenir à la perception du divin?
Eric Baret: Par l'acceptation totale de l'absence de divin. Par la prise de conscience que tout votre fonctionnement est sans cesse refus, sans cesse ajournement. Par la prise de conscience que l'on vit uniquement dans la mémoire, que le corps vit sans cesse dans l'attraction-répulsion, dans la peur, qu'il y a sans cesse cette référence à soi-même [....]
Le mot Dieu, c'est un concept. Quand vous levez le concept «Dieu» il peut rester une intimité. Mais l'intimité n'est jamais formulable. Le Dieu dont parle Eckhart est écoute, mais il n'a pas de barbe blanche. [...]
Dieu se reflète d'abord comme absence, ensuite comme présence et ensuite, si celui qui a perçu l'absence de Dieu puis la présence de Dieu a la grâce d'abdiquer totalement, il reste une évidence.
C'est la lumière qui éclaire les états de veille, de rêve, de sommeil profond.
L'éveil, c'est l'humilité, c'est arrêter de prétendre être ceci ou cela, arrêter de prétendre être auteur, arrêter de prétendre diriger sa vie, se rendre compte que le courant des choses est là et se donner à ce courant sans vouloir diriger. Quand vous lisez Ib'n Ata Allâh al-Iskantari, Layman P'ang, ou la Ribhu Gita il y a ce même silence, cette même humilité qui ont présidé à l'expression. Mais il n'y a pas d'éveil personnel. Quand Eckhart finit son sermon, il dit toujours, d'une manière ou d'une autre: «Prions pour que cette vérité prenne corps en nous.» Il ne prétend jamais être dans la vérité."
Parce que cette notion d'éveil, telle qu'on la connaît en Amérique du Nord, en Occident, elle prend un sens beaucoup plus, je dirais, exubérant.
Cela, c'est du commerce. Ce sont des gens qui cherchent des décorations, la Légion d'honneur. On sait très bien maintenant que la Légion d'honneur, cela ne vaut plus grand-chose.
... La Légion d'honneur de la spiritualité.
Oui! Alors, beaucoup de gens ont la Légion d 'honneur. C'est facile d'acheter une femme jeune et jolie. C'est facile dans notre société de gagner beaucoup d'argent. Finalement, le dernier élément... on achète l'éveil. Ce n'est pas très cher.
Ou cela peut être très cher.
C'est une denrée comme une autre. L'éveil personnel, c'est un manque de compréhension.
L'éveil, c'est la réalisation qu'il n'y a personne qui peut s'éveiller. On est dans un moment de totale humilité. Dire «Je suis éveillé» est factice. Cela ne veut rien dire.
N'y a-t-il pas d'effets physiologiques qui accompagnent cette humilité qui nous viendrait soudainement? Et d'abord, y a-t-il soudaineté? C' est un autre cliché en ce qui concerne l'éveil ici. On se dit que c'est une chose qui nous vient soudainement et qui, en plus, s'accompagnerait de phénomènes lumineux et autres. Tout un cirque en fait...
Il y a des degrés de relativité de l'ignorance. C'est-à-dire que vous pouvez très bien constater une certaine forme de purification. Il y a cinq ans lorsqu'un homme vous quittait, vous étiez traumatisée pendant un bon moment. Le prochain homme qui vous quitte, vous êtes traumatisée pendant quinze jours, puis deux jours. Il y a dix ans quand vous vous retrouviez sans argent avec un loyer à payer, cela vous mettait dans des états pas possibles. Un jour, vous vous trouvez sans argent avec un loyer à payer et vous sortez dehors et regardez le ciel et vous êtes heureuse. Incontestablement, on peut percevoir une forme d'apaisement qui se fait dans ce que l'on appelle une démarche spirituelle. Vous pouvez voir à quel point, à une époque, votre corps etait toujours en réaction, toujours tendu. Vous dormiez huit heures par nuit et vous vous réveilliez fatigué. Vous pouvez vous rendre compte qu'à une autre époque, vous dormez le tiers de ce temps et vous vous réveillez complètement disponible. Si on vous dit que vous êtes un homme imbécile, aucune région de votre corps n'est ébranlée par ce commentaire. On peut tout à fait se rendre compte de cela. C'est une constatation purement objective.
Au niveau de l'effet physiologique de l'éveil, mon maître a formulé qu'en effet, à la suite d'une compréhension totale, la transformation s'immisce dans toutes les cellules et qu'il y a une harmonisation corporelle et mentale. C'est seulement en Inde que l'on a porté l'attention là-dessus. Dans la tradition chrétienne, on n'a jamais mis l'accent sur cette extériorisation; dans le bouddhisme et dans l'Islam, très peu. Pour la bonne raison que cela n'a aucune importance. Lorsque quelqu'un est libre de lui-même, que dans son corps se fasse un certain rééquilibre, que son psychisme se transforme, cela ne le concerne pas parce qu'il n'y a plus de personne.
L'éveil est soudain alors que la transformation du corps, dans l'espace-temps, est progressive. On n'a même pas besoin d'en parler, dans le sens où la recherche de l'éveil n'est pas la recherche de ces expressions. En profondeur, elle est le pressentiment d'être libre. Cela n'a rien à voir avec un effet. On pourrait dire que c'est presque dommage qu'il y ait ces effets. Ce qui importe, c'est de se sentir libre.
Croyez-vous qu'un maître spirituel peut aider «l' élève» à se libérer?
Non. Mais il peut aider la personne qu'il rencontre à se rendre compte qu'elle n'est pas libérée, à mieux se rendre compte de ses antagonismes, ses restrictions. Il va l'amener à prendre conscience à quel point sa vie est étriquée et à quel point elle aspire à ce qui est au-delà de la restriction. Mais il n'y a pas d'éveil, donc pas d'éveillé, donc personne qui puisse être aidé. Il s'agit d'un processus de maturation. C'est un peu comme lorsqu'un petit enfant demande certaines choses et que vous lui racontez un mythe; quatre ans plus tard, lorsqu'il posera la même question, vous lui raconterez un autre mythe qui sera plus substantiel; jusqu'à ce qu'un jour, vous puissiez exprimer les choses plus directement. Un instructeur spirituel est celui qui va aider votre formulation, votre questionnement, à se préciser.
Pensez-vous qu'il est nécessaire d'avoir cet instructeur, faute de quoi on vivrait des égarements fréquents ou répétitifs, ou encore une stagnation?
Le problème ne se pose pas. C'est un peu comme si on demandait «Est-il nécessaire de tomber amoureux?». Vous tombez amoureux ou vous ne tombez pas amoureux. Vous faites une rencontre ou vous ne la faites pas. Si vous la faites, c'est parfait; si vous ne la faites pas, c'est parfait aussi.
On dit souvent que c'est lui qui nous cherche, que ce n est pas nous qui cherchons; nous, nous trouvons.
C'est un courant. Un courant qui vous prend en charge. Il faut faire une grande différence, une totale différence, une absolue différence entre un maître et un instructeur spirituel. Le maître est ce que l'on appelle un guru. Le guru, c'est celui qui est pleinement établi dans la vérité, dont la présence se reflétera dans la présence de l'élève. Son enseignement n'a aucun sens: il n'enseigne pas. Son être seul est son enseignement. Il y a des gurus qui formulent, répondent à des questions; il y en a qui ne répondent pas. Les paroles de ceux qui répondent ne constituent pas leur enseignement véritable.
L'instructeur spirituel, c'est quelqu'un qui a eu un pressentiment profond de la vérité et qui s'est rendu compte de ses antagonismes, mais qui n'est pas établi sciemment dans la vérité. Il a des moments où les éléments supérieurs à ses capacités passent à travers lui, où un enseignement, un courant peut s'exprimer; il peut participer au cheminement d'un de ses amis. C'est ce que l'on appelle un «upa guru». Il aide à préciser la question fondamentale, mais le seul qui a droit au titre de maître ou de guru dans le sens de l'Inde, c'est celui qui est assis dans la vérité. À jamais, celui qui ne peut jamais revenir à un fonctionnement personnel. Chez qui jamais un désir ou une peur ne peuvent apparaître, sinon cela signifie que la personne a encore un fonctionnement personnel, limité, réactif.
Maître Eckhart dit très clairement au sujet de Saint Paul: «Quand la grâce l'a quitté, il resta ce qu'il était»: un pauvre homme.
Il n'y a pas de désir chez un maître. Un maître n'a pas un ego qui vient de temps en temps et qui s'en va.
Mais tant qu'il y a une personne, est-ce qu'il n 'y a pas un ego?
Oui. Mais chez un maître, il n'y a plus de personne.
Ils doivent être extrêmement rares quand même, non?
Il y a effectivement très peu de maîtres Eckhart. Mais le fait qu'il y en ait un suffit à prouver la possibilité. Quand vous rencontrez un tel être qui ne prétend rien, n'enseigne rien, ne demande rien, vous êtes percuté. C'est ce qui importe.
Des extraits d'une interview d'Eric Baret qui a travaillé avec Jean Klein, autour de la tradition du shivaïsme du Cachemire.. une belle tradition, qui unifie l'approche non duelle avec une approche corporelle..
Eric est un ancien de la légion étrangère....
Eric: La tranquilité c'est simplement arrêter de prétendre d'avoir besoin de quoi que ce soit.
Un chat sur son fauteuil est totalement satisfait. L'être humain est totalement insatisfait. Après un moment de satisfaction, tôt ou tard, il va chercher autre chose. Parce que finalement il a ce pressentiment de la liberté, il la cherche par tous les moyens: par les guerres, les paix, par toutes les excentricités possibles. Une maturation se fait. Vous cherchez dans la juste direction.
Quelle serait, à votre avis, la voie la plus directe pour parvenir à la perception du divin?
Eric Baret: Par l'acceptation totale de l'absence de divin. Par la prise de conscience que tout votre fonctionnement est sans cesse refus, sans cesse ajournement. Par la prise de conscience que l'on vit uniquement dans la mémoire, que le corps vit sans cesse dans l'attraction-répulsion, dans la peur, qu'il y a sans cesse cette référence à soi-même [....]
Le mot Dieu, c'est un concept. Quand vous levez le concept «Dieu» il peut rester une intimité. Mais l'intimité n'est jamais formulable. Le Dieu dont parle Eckhart est écoute, mais il n'a pas de barbe blanche. [...]
Dieu se reflète d'abord comme absence, ensuite comme présence et ensuite, si celui qui a perçu l'absence de Dieu puis la présence de Dieu a la grâce d'abdiquer totalement, il reste une évidence.
C'est la lumière qui éclaire les états de veille, de rêve, de sommeil profond.
L'éveil, c'est l'humilité, c'est arrêter de prétendre être ceci ou cela, arrêter de prétendre être auteur, arrêter de prétendre diriger sa vie, se rendre compte que le courant des choses est là et se donner à ce courant sans vouloir diriger. Quand vous lisez Ib'n Ata Allâh al-Iskantari, Layman P'ang, ou la Ribhu Gita il y a ce même silence, cette même humilité qui ont présidé à l'expression. Mais il n'y a pas d'éveil personnel. Quand Eckhart finit son sermon, il dit toujours, d'une manière ou d'une autre: «Prions pour que cette vérité prenne corps en nous.» Il ne prétend jamais être dans la vérité."
Parce que cette notion d'éveil, telle qu'on la connaît en Amérique du Nord, en Occident, elle prend un sens beaucoup plus, je dirais, exubérant.
Cela, c'est du commerce. Ce sont des gens qui cherchent des décorations, la Légion d'honneur. On sait très bien maintenant que la Légion d'honneur, cela ne vaut plus grand-chose.
... La Légion d'honneur de la spiritualité.
Oui! Alors, beaucoup de gens ont la Légion d 'honneur. C'est facile d'acheter une femme jeune et jolie. C'est facile dans notre société de gagner beaucoup d'argent. Finalement, le dernier élément... on achète l'éveil. Ce n'est pas très cher.
Ou cela peut être très cher.
C'est une denrée comme une autre. L'éveil personnel, c'est un manque de compréhension.
L'éveil, c'est la réalisation qu'il n'y a personne qui peut s'éveiller. On est dans un moment de totale humilité. Dire «Je suis éveillé» est factice. Cela ne veut rien dire.
N'y a-t-il pas d'effets physiologiques qui accompagnent cette humilité qui nous viendrait soudainement? Et d'abord, y a-t-il soudaineté? C' est un autre cliché en ce qui concerne l'éveil ici. On se dit que c'est une chose qui nous vient soudainement et qui, en plus, s'accompagnerait de phénomènes lumineux et autres. Tout un cirque en fait...
Il y a des degrés de relativité de l'ignorance. C'est-à-dire que vous pouvez très bien constater une certaine forme de purification. Il y a cinq ans lorsqu'un homme vous quittait, vous étiez traumatisée pendant un bon moment. Le prochain homme qui vous quitte, vous êtes traumatisée pendant quinze jours, puis deux jours. Il y a dix ans quand vous vous retrouviez sans argent avec un loyer à payer, cela vous mettait dans des états pas possibles. Un jour, vous vous trouvez sans argent avec un loyer à payer et vous sortez dehors et regardez le ciel et vous êtes heureuse. Incontestablement, on peut percevoir une forme d'apaisement qui se fait dans ce que l'on appelle une démarche spirituelle. Vous pouvez voir à quel point, à une époque, votre corps etait toujours en réaction, toujours tendu. Vous dormiez huit heures par nuit et vous vous réveilliez fatigué. Vous pouvez vous rendre compte qu'à une autre époque, vous dormez le tiers de ce temps et vous vous réveillez complètement disponible. Si on vous dit que vous êtes un homme imbécile, aucune région de votre corps n'est ébranlée par ce commentaire. On peut tout à fait se rendre compte de cela. C'est une constatation purement objective.
Au niveau de l'effet physiologique de l'éveil, mon maître a formulé qu'en effet, à la suite d'une compréhension totale, la transformation s'immisce dans toutes les cellules et qu'il y a une harmonisation corporelle et mentale. C'est seulement en Inde que l'on a porté l'attention là-dessus. Dans la tradition chrétienne, on n'a jamais mis l'accent sur cette extériorisation; dans le bouddhisme et dans l'Islam, très peu. Pour la bonne raison que cela n'a aucune importance. Lorsque quelqu'un est libre de lui-même, que dans son corps se fasse un certain rééquilibre, que son psychisme se transforme, cela ne le concerne pas parce qu'il n'y a plus de personne.
L'éveil est soudain alors que la transformation du corps, dans l'espace-temps, est progressive. On n'a même pas besoin d'en parler, dans le sens où la recherche de l'éveil n'est pas la recherche de ces expressions. En profondeur, elle est le pressentiment d'être libre. Cela n'a rien à voir avec un effet. On pourrait dire que c'est presque dommage qu'il y ait ces effets. Ce qui importe, c'est de se sentir libre.
Croyez-vous qu'un maître spirituel peut aider «l' élève» à se libérer?
Non. Mais il peut aider la personne qu'il rencontre à se rendre compte qu'elle n'est pas libérée, à mieux se rendre compte de ses antagonismes, ses restrictions. Il va l'amener à prendre conscience à quel point sa vie est étriquée et à quel point elle aspire à ce qui est au-delà de la restriction. Mais il n'y a pas d'éveil, donc pas d'éveillé, donc personne qui puisse être aidé. Il s'agit d'un processus de maturation. C'est un peu comme lorsqu'un petit enfant demande certaines choses et que vous lui racontez un mythe; quatre ans plus tard, lorsqu'il posera la même question, vous lui raconterez un autre mythe qui sera plus substantiel; jusqu'à ce qu'un jour, vous puissiez exprimer les choses plus directement. Un instructeur spirituel est celui qui va aider votre formulation, votre questionnement, à se préciser.
Pensez-vous qu'il est nécessaire d'avoir cet instructeur, faute de quoi on vivrait des égarements fréquents ou répétitifs, ou encore une stagnation?
Le problème ne se pose pas. C'est un peu comme si on demandait «Est-il nécessaire de tomber amoureux?». Vous tombez amoureux ou vous ne tombez pas amoureux. Vous faites une rencontre ou vous ne la faites pas. Si vous la faites, c'est parfait; si vous ne la faites pas, c'est parfait aussi.
On dit souvent que c'est lui qui nous cherche, que ce n est pas nous qui cherchons; nous, nous trouvons.
C'est un courant. Un courant qui vous prend en charge. Il faut faire une grande différence, une totale différence, une absolue différence entre un maître et un instructeur spirituel. Le maître est ce que l'on appelle un guru. Le guru, c'est celui qui est pleinement établi dans la vérité, dont la présence se reflétera dans la présence de l'élève. Son enseignement n'a aucun sens: il n'enseigne pas. Son être seul est son enseignement. Il y a des gurus qui formulent, répondent à des questions; il y en a qui ne répondent pas. Les paroles de ceux qui répondent ne constituent pas leur enseignement véritable.
L'instructeur spirituel, c'est quelqu'un qui a eu un pressentiment profond de la vérité et qui s'est rendu compte de ses antagonismes, mais qui n'est pas établi sciemment dans la vérité. Il a des moments où les éléments supérieurs à ses capacités passent à travers lui, où un enseignement, un courant peut s'exprimer; il peut participer au cheminement d'un de ses amis. C'est ce que l'on appelle un «upa guru». Il aide à préciser la question fondamentale, mais le seul qui a droit au titre de maître ou de guru dans le sens de l'Inde, c'est celui qui est assis dans la vérité. À jamais, celui qui ne peut jamais revenir à un fonctionnement personnel. Chez qui jamais un désir ou une peur ne peuvent apparaître, sinon cela signifie que la personne a encore un fonctionnement personnel, limité, réactif.
Maître Eckhart dit très clairement au sujet de Saint Paul: «Quand la grâce l'a quitté, il resta ce qu'il était»: un pauvre homme.
Il n'y a pas de désir chez un maître. Un maître n'a pas un ego qui vient de temps en temps et qui s'en va.
Mais tant qu'il y a une personne, est-ce qu'il n 'y a pas un ego?
Oui. Mais chez un maître, il n'y a plus de personne.
Ils doivent être extrêmement rares quand même, non?
Il y a effectivement très peu de maîtres Eckhart. Mais le fait qu'il y en ait un suffit à prouver la possibilité. Quand vous rencontrez un tel être qui ne prétend rien, n'enseigne rien, ne demande rien, vous êtes percuté. C'est ce qui importe.
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