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lundi 22 octobre 2012

Yolande: amoureuse du Silence


Ce Silence qui a un discours ininterrompu..
Hello !
De retour de Rennes où j'ai eu la joie de rencontrer et de partager avec Yolande Duran Serrano.
Environ 25 personnes présentes. Il est classique que ce genre de rencontre, où l'on parle de l'absolu, du contact avec la présence de l'Âme, n'attire que peu de monde... à comparer aux 500 personnes présentes lors de la venue de Marie Lise Labonté dans la même ville, pour parler... du petit moi..
J'ai aimé pouvoir lui poser des questions les yeux dans les yeux sur mon vécu. Elle m'a dit que "la révolution du Silence était en marche chez moi"... elle m'a poussé, au niveau mental, à "cette compréhension spontanée, que le Silence est toujours là, même quand on le perçoit moins... être dans la personnalité ou dans le Silence, ce sont des choses spontanées, sans effort...le petit moi est très compliqué, le Silence est simple..... le Silence ne bouge pas, c'est l'égo qui bouge... on ne choisit pas l'intensité du Silence...faire confiance dans le fait que ce Silence est toujours là."
Ces échanges ont été filmé et seront mis en ligne sur son site web: http://www.yolande.info/
Bref, j'ai aimé cette rencontre... même si j'exprimerais les choses différemment si j'avais à le faire... j'ai trouvé Yolande très influencée par sa rencontre avec Eric Baret (je dis cela sans jugement, c'est juste ainsi); elle emploie souvent le terme de "jaillissement spontané", typique du shivaïsme cachemirien, et adopte un discours non-dualiste sur la guérison "de se prendre pour une personne". Même si je reconnais et vis parfois ce dont elle parle, je préfère pour ma part une approche dialectique... la personne existe, sur son plan..(comme le disait Ma Ananda Moyi, tous les plans sont vrais à leur niveau).. et c'est d'ailleurs le réceptacle individuel  qui est visité par la Présence du Divin, le Tout Autre... sans admettre cela, on se trouve à professer une approche radicale qui rencontrera un écho limité, et on se trouve pris dans des contradictions... ainsi dans son dernier livre, elle écrit plusieurs fois "je sais que je vis une expérience d'ouverture énergétique, etc..." trahissant bien le fait que la personnalité reste bien sûr, et c'est tout naturel..
Étrangement, la journée a démarré par un texte de son cru qu'elle a fait lire sur le rôle du gourou...en espérant qu'elle ne soit pas atteinte de gourouïte aiguë, lol,  elle qui n'en n'a pas eu.. et par ailleurs il fallait s'acquitter de 90€ pour pouvoir entendre parler du Silence... je dis cela sans jugement ce sont juste des choses que je remarque..
A part ces points, j'aime ces deux livres, car elle a très fidèlement décrit ce ressenti au contact de l'Âme, en tout cas si je le compare au mien. Et également ces messages de diffusion.. "cette Énergie du Silence est disponible pour tous".... Yes !! Les moments où elle tente d'expliquer, de faire des différences entre le Silence et le ressenti du Silence me parlent moins...la philosophie ne m'intéresse pas plus que ça..
Nous ne sommes pas là au niveau du développement personnel, qu'elle balaye d'un revers de la main ("ne pas essayer de s'améliorer")... en effet, le contact avec le Tout Autre c'est juste un autre niveau, je le sais... mais dire que les efforts d'assouplissement psychologiques ne servent à rien, ça, je ne sais pas si on peut le dire... en effet cela semble ne pas servir au contact avec la Lumière, mais peut être que cela sert et est indispensable à certains...puisqu'elle même dit que de nature elle n'était pas dans le refus de ce qui lui arrivait...donc pour quelqu'un qui lutte contre le vécu, le développement personnel peut être nécessaire... bref je me méfie de tout dogmatisme radical !
J'ai trouvé Yolande parfois froide dans son contact, calme... elle sourit par moment, mais pas si souvent. Authentique, oui, tranchante. Gentille aussi, une petite tape dans le dos qu'elle me fait dans le couloir.
Nous sommes reparti avec son dernier livre "Amoureuse du Silence", dans la lignée du premier, avec cette sobriété de bon aloi, et une bibliographie intéressante, incluant notamment des auteurs soufis de la mystique arabe.
Phil, dans l'amour de cet amour qui nous baigne tous et qu'on a oublié de ressentir ! Puisse-t-il se diffuser au plus grand nombre, ce baume, ce champ quantique plein d'amour et qui guérit.., non pas de se prendre pour la personne, mais de croire n'être que la personne, et d'avoir perdu le contact avec l'essence-ciel.

lundi 1 octobre 2012

Yolande à Rennes le week end du 20 octobre

A noter que cette fameuse Yolande dont j'ai parlé sur mon blog vient sur Rennes le week end du 20 octobre. Histoire de partager quelques instants de Silence ensemble !
Bises à tous et toutes

Les 19/20/21/22 octobre 2012 à RENNES, France
35000 Rennes, 6 Cours des Alliés
n.convergences@free.fr
+33 9 53 77 81 43
+33 2 99 33 81 43
 http://n.convergences.free.fr/le.silence.guerit.pdf
http://n.convergences.free.fr/rencontre.energie.silence.pdf
http://n.convergences.free.fr/inscription.yolande.pdf:

Pour ceux qui veulent l'agenda en dehors de la Bretagne, c'est ici: 
http://www.yolande.info/agenda/



dimanche 16 septembre 2012

Video de Yolande

En bas de page, les videos de Yolande sur son éveil (Justin.TV) et une autre petite video sur youtube:
A la fois en Anglais et en Français.
Je trouve que Yolande décrit bien ce que c'est que l'éveil, si tant t'est que ce soit possible...
"N'essayez pas de comprendre...c'est comme si vous vouliez mettre l'océan dans un verre d'eau... laissez vous faire, la révélation se fera quand elle devra se faire. La vie se charge de nous, quand le mental doit se calmer, il se calme. Acceptez la possibilité que notre vrai nature est ce silence qui ne se voit pas. Le summum de ce que nous sommes est tellement pur qu'il vaut mieux se taire et ne pas en parler, mais juste parler de ce qui est autour du silence. Ce que nous sommes vraiment est avant l'expression qu'elle soit mystique ou ordinaire, c'est cette clarté profonde qui permet de voir toutes ces expressions.
Il y a un pouvoir bien plus important que la personnalité, que ce croit le mental.
Il n'y a la sécurité que dans ce silence qui voit le mouvement du monde.
Dans cet instant de connexion à ce silence, l'idée d'être une personne s'en va. La souffrance est vécue alors à sa juste place, c'est à dire dans ce grand coeur qui bat éternellement et qui est capable d'accueillir cette souffrance. On est conscient à chaque instant de ce qui est important c'est à dire de cet espace, donc tout y est accueilli et non pas récupéré par le mental. Ce n'est pas la réalité qui fait souffrir, c'est la petite voix dans la tête qui dit que cela devrait être autrement. Et cette sensation vivante de Silence ne laisse pas de place pour penser à des choses telles que "cela devrait être autrement". Tout est tellement vivant dans cette présence.
Je suis paix et tranquillité quoiqu'il arrive dans le monde. Simplement voir la paix là où elle est, pas dans le monde. Nous avons tous cette capacité, il faut juste avoir confiance dans le silence. Découvrez qui vous êtes vraiment, et croyez moi la paix et la tranquillité existent vraiment. Je suis là pour vous témoigner que c'est vrai et que cela existe.
Qu'entendez par Silence ? Le pouvoir de cette Energie de Silence qui a le pouvoir de prendre la place de ce qu'on croit être et de rester là constamment. Ce Silence c'est cet amour qui ne se pense pas."
http://consciencesansobjet.blogspot.fr/2010/06/yolande.html
Tiens d'ailleurs un ami me disait hier que cette Grâce, ce Silence, c'est l'amour de l'amour... j'ai trouvé ça bien senti !
Bises à tous et toutes.

lundi 4 juillet 2011

Coup de coeur 2011 : Le Silence guérit - Yolande...



Gros coup de coeur 2011... je viens de terminer ce petit livre écrit à deux voix,
par Yolande Duran-Serrano et Laurence Vidal..
"Le silence guérit", édition Almora.

J'ai déjà parlé de l'histoire de Yolande sur le blog, ici:  http://advaita22.blogspot.com/2011/06/temoignage-deveil-de-yolande-simple.html
Dans ce livre, Yolande, qui, en dehors de toute démarche spirituelle, a vécu un éveil soudain au Silence, Paix, etc... est interrogée par son amie Laurence, elle même chercheuse spirituelle qui n'arrive pas..
Le livre, fort bien écrit par Laurence, visiblement autant littéraire que spirituelle, est porteur d'un message d'espoir, de force et de simplicité, de tendresse aussi... on y voit apparaître, dans les mots de Yolande, le même vécu que ceux des sages de l'Inde...
Nous sommes cette Chose mystérieuse qui englobe tout, qui est avant la personne... ce basculement qui fait que l'arrière plan passe à l'avant plan (lorsque cette Chose se présente, notre quiétude, notre liberté devienent tellement fortes qu'elles prennent le premier plan, et nos soucis, notre conditionnement personnel sont ramenés en arrière plan, non pas détruits mais en arrière plan, éclairé par la Lumière que nous sommes)..
Au fil des pages, on voit que Laurence, elle aussi, est saisie par se Silence mystérieux qui comble nos manques... accompagnée dans cette découverte, ce ravissement, par Yolande....
Présence sacrée et contagieuse...
Laurence nous partage sa joie, et ses souffrances, comment elle perd ce Silence magique, retombe dans sa restriction, sa souffrance, pour Le retrouver ensuite..
Ben oui c'est comme cela Cela... et puis il faut un peu de temps pour y croire, pour s'y habituer... c'est tellement grand, Grand et nouveau... perturbant aussi... se rendre compte que l'on est Conscience qui contient le manifesté ce n'est pas anodin...

On voit ici comment, de plus en plus, nous allons nous réveiller à qui nous sommes.. comme une fleur qui s'ouvre... et cela ne se passe plus seulement chez Ramana Marharshi à Arunachala, ou chez Nisargadatta à Bombay,  mais au bord du lac Léman... des personnes que l'on peut rencontrer...

Alors je ne copierai pas d'extraits du livre cette fois... le mieux est de vous faire ce Cadeau...
Et aussi de vous laisser pénétrer par Cela... Libération que l'on ne peut fabriquer et qui vient d'un autre Plan...et à laquelle il faut savoir faire confiance !

Avec Amour,
Philippe

mercredi 22 juin 2011

Témoignage d'éveil de Yolande, simple mère de famille



Yolande Duran Serrano, avec des mots tous simples nous témoigne de son éveil:

C’était au mois d’août, en 2003. La journée avait débuté comme n’importe quelle journée d’été. Mon fils était sorti, j’étais seule à la maison, à m’occuper de choses et d’autres. Et puis voilà que je l’ai remarqué…

Remarqué quoi ?

C’était comme un silence dans ma tête. Oui : un silence frappant… Où étaient passées mes pensées ?... Il y avait cet espace, cet intervalle entre les pensées qui les faisait passer au second plan. Comme si elles ne m’appartenaient plus ou, en tout cas, n’avaient plus de pouvoir sur moi. Je sentais une légèreté, un bien-être, l’impression d’être en phase, connectée avec moi-même comme je ne l’avais jamais été. Connectée à quelque chose d’inexplicable, d’inexprimable : ce silence…
Je me suis demandé ce qui m’arrivait. Et j’ai commencé d’observer.

Et ?...


Ce que je ressentais, c’était une modification de mon fonctionnement intérieur. À la vitesse de l’éclair, quelque chose m’était tombé dessus. Quelque chose que je n’avais pas vu arriver. Pas même s’installer. Et cette « chose » qu’aucun mot ne peut décrire avait pris le pouvoir sur tout.

Tu n’as rien vu arriver ?


Rien. Je n’ai pu que constater que tout était différent… Sur le moment, c’est ce silence qui m’a frappée. Dans les jours qui ont suivi, je me suis rendu compte que je ne vivais plus les choses comme avant. Les mille détails qui, dans une journée, m’agaçaient, une porte qui claque, les clefs qui disparaissent juste comme on s’apprête à sortir, une préoccupation ou une autre, tous ces micro-événements qui m’agaçaient en permanence sans même que je le remarque : tout ça ne me dérangeait plus. Je constatais : tiens, la porte est mal fermée, les clés ne sont pas dans ma poche… J’allais fermer la porte, je me mettais à chercher les clés… et je ne trouvais rien à y redire. Les choses étaient ce qu’elles étaient. Ma façon de les percevoir, d’y réagir, avait changé.

Tu ne réagissais plus, en fait ?

Voilà, je ne réagissais plus. Parce qu’il y avait ce silence, cette tranquillité qui était là, qui m’envahissait toute, et me laissait telle qu’était la situation.
Les premiers temps, j’ai regardé ça toute seule, au fond de moi, en me demandant ce que ça pouvait bien être… Comme je venais de fêter mes 40 ans, je me suis dit : « c’est formidable d’arriver à 40 ans! je me sens enfin en phase avec moi-même! je me sens si légère, si bien… »

Tu as mis ça sur le compte de la quarantaine, vraiment ?!

Oui, je me suis dit ça au début. Mais quand j’ai commencé à évoquer ce que je vivais autour de moi, je me suis aperçue que, même passé 40 ans, les gens ne ressentaient pas ce que je ressentais, ils n’avaient pas ce point de vue que j’avais.
Je n’avais que des amis très cartésiens. Tous étaient pris, comme moi, par la vie active. Pas plus que moi ils ne s’étaient posé de questions métaphysiques ni n’avaient ouvert un livre
« spirituel » ou de développement personnel… Ils m’avaient toujours connue très speed : à peine arrivée quelque part je voulais déjà être ailleurs. Et là ils me voyaient posée, tranquille tout d’un coup, sereine. Alors ils se réjouissaient pour moi.
« Tant mieux, tu as l’air bien », disaient-ils. Mais ils n’en savaient pas davantage sur ce que je vivais. Et moi non plus.
C’est là que je me suis interrogée sur ce qui pouvait bien se passer dans l’invisible, sur ce qui se passait à l’intérieur de soi. J’ai commencé à me renseigner, à entrer dans des librairies, à chercher des livres qui, peut-être, m’expliqueraient un peu ce que je vivais…


Nous sommes antérieurs à tout ce que nous croyons être.

C'est le silence qui guérit.

En un instant plus rapide qu'un clin d'œil, le silence vous guérit de l'idée d'être quelqu'un. Le problème est réglé éternellement à la source. Ce basculement est si puissant que vous ne pouvez que constater que tout ce que vous croyez être n'est qu'une illusion. C'est la mort psychologique. Fin de l'histoire du moi, du je suis, de l'ego, de la personne.
Fin de la souffrance : l'ego n'a plus le pouvoir de se construire d'instant en instant …
Reste la beauté du vide plein, la joie de ne rien être, la paix, l'amour, le silence.
Ce silence est le plus précieux, le plus beau des livres, car il donne une connaissance infuse.

L'existence est spontanée, l'inexistence aussi…
Au beau milieu d’une existence banale, de mère, épouse, femme d’affaires, Yolande connaît un éveil spontané en 2003. Sans référence à aucune tradition spirituelle, elle témoigne ici pour la première fois.

Pendant quarante ans, comme tout le monde, je me suis prise pour mes pensées, pour mon corps : je me prenais pour une personne. Et puis il y a eu ce basculement. En un instant, spontanément, ce silence dans ma tête. Plus de pensées : le silence, une stupeur, un étonnement profond qui ne laissait place à rien d’autre.
Alors je me suis mise à observer. Mon fonctionnement avait changé. Il y avait « cette chose », ce silence… et tout le reste. Le reste, ce que j’appelle le je suis, c’est-à-dire le contenu de l’instant : j’ai vu que tout apparaissait dans cette chose, d’instant en instant. Que tout y disparaissait.
Ton fonctionnement avait changé, dis-tu ?
Il y avait une légèreté, un bien-être. Je me sentais en phase avec moi-même, en phase comme je ne l’avais jamais été. Les choses se présentaient, les situations, les événements, même ceux qui auparavant m’auraient dérangée… je ne trouvais rien à y redire. Je ne réagissais plus, en fait. Et lorsque, deux mois plus tard, mon fils est mort dans un accident… même chose. Ce silence, cette tranquillité m’empêchait de réagir, m’empêchait d’être une mère détruite par la mort de son fils. J’ai vu que la souffrance n’existait pas.
La souffrance n’existe pas !?
Ce n’est pas la situation qui fait souffrir. Pour moi, il y a le silence. La situation ne fait pas souffrir quand le silence, quand cette chose est là.
Cette chose, qui la voit ? Yolande ?
C’est cette chose qui voit. En elle apparaît la vision, la clarté qui voit tout ce qui apparaît. En fait, c’est simultané : à l’avant-plan il y a cette chose et… le reste, tout ce qui apparaît, toute l’existence, au second plan.
Cette chose est l’espace qui est avant toute chose, toute pensée, tout événement. On ne peut pas la comprendre : c’est elle qui comprend tout, qui englobe tout. Cette chose - appelons-la Silence, Présence, Puissance, Amour ou Ultime Réalité, de toute façon aucun mot ne peut en rendre compte - cette chose, on peut seulement la vivre. Au début, je croyais qu’elle était au fond de moi. Maintenant je vois qu’elle est partout. Elle est tout. Il n’y a rien d’autre, rien qui ne soit elle. Il n’y a plus à s’inquiéter, à s’accrocher à rien.
Cette chose est au fond de toi et partout… Et Yolande, où est-elle ?
Yolande apparaît toujours, mais dans le second plan, comme le reste. Elle existe sans exister. Elle n’existe plus mais elle est là. Elle n’a plus de pouvoir. C’est ce silence, cette puissance qui a pris le pouvoir sur tout.
Elle a tout de même des pensées, des émotions…
Bien sûr des pensées, des émotions peuvent surgir. Mais cette puissance les balaye instantanément, elle les laisse au second plan. Donc tu n’as aucune possibilité de t’identifier à elles. Et cette chose est si puissante que tu ne peux revenir en arrière, tu ne peux revenir à ton ancien mode de fonctionnement, t’identifier à… tout ce que tu n’es pas.
Ça m’est arrivé parfois, au début, d’essayer de penser comme avant, de faire des projets comme avant. Impossible. Tout comme, autrefois, si j’avais voulu arrêter de penser je n’aurais pas pu, aujourd’hui, si je veux penser, eh bien je ne peux pas. C’est aussi simple que ça.
Et les émotions, toutes ces réactions automatiques qui nous viennent ?
C’est pareil. La peur, la tristesse, c’est comme le reste : un mouvement qui passe en toi et qui repart. S’il n’y a personne pour se l’approprier, il n’y a pas de peur, pas de tristesse. Il n’y a pas de réaction.
D’où viennent, selon toi, les réactions ? Y a-t-il moyen de s’en libérer ?
Elles viennent de la pensée. De la croyance en l’idée d’être une personne. Quand cette croyance tombe – et cela se fait en un instant, pas besoin de vingt ans de pratique pour ça – il n’y a plus que ce silence, cette intensité, alors tu te laisses faire. Il y a ce point de vue neuf qui est toujours là, ce vide plein, ce silence tantôt très intense et tantôt doux mais toujours présent. C’est une sensation, comme un toucher, une présence qui ne te lâche pas, même au milieu de l’action, de la concentration. Ce toucher omniprésent qui t’englobe, qui englobe tout le contenu de l’instant, t’empêche de t’identifier à la pensée, à l’émotion qui surgit. C’est lui qui te donne le sentiment profond que la personne n’est pas. Et c’est lui, c’est cette sensation qui devient vision, action… parce que cette spontanéité, cette sensation constante ne te permet pas d’être dans ta tête. C’est la sensation qui voit, directement. Et la vision, c’est l’action.
La vision c’est l’action ?
Quand tu es dans la fluidité, il y a action, sans filtre, sans pensée. Tu vois, tu sens; l’action, le geste, la parole se présentent spontanément, sans que tu aies eu à les penser.
Comme si la réalité de l’instant te dictait le geste juste ?
Tu vois que les choses se font toutes seules, sans besoin de les penser… La vie n’a pas besoin d’être pensée. Juste besoin d’être vue. Le reste se fait tout seul.
Le simple fait de voir…
… fait. Tu vois cette fluidité qui agit.
Et l’amour, dans tout ça ? Tu dis que cette chose c’est l’amour… Qu’en est-il de l’amour entre deux personnes ?
C’est la non-relation qui permet la relation.
La non-relation ?
La non-relation avec la personne que tu croyais être. La non-séparation. Et c’est cette chose au dedans qui permet ça. C’est elle qui permet l’amour, qui est amour.
Dans la fusion amoureuse, on entre en relation avec la non-relation à l’intérieur de soi. C’est dans cette non-relation, cette chose, que réside l’amour. Et c’est parce qu’on entre en contact avec elle que l’on dit, que l’on sent « je suis amoureux ». L’autre n’y est pour rien. Ni soi-même. Ni la relation entre les deux… C’est l’écoute de cette chose, en nous, qui permet l’amour. C’est elle qui te fait découvrir que l’amour n’est pas à l’extérieur, qu’il ne dépend de rien, d’aucun objet, d’aucun état : c’est quelque chose qui est là, à l’intérieur. Plus besoin de chercher le bonheur à l’extérieur : cette chose qui te rend vivante, aimante, aimée… elle est avant tout, elle est là. Et c’est de cette chose, de cette non-relation, que l’on tombe amoureux. Un amour qui ne peut être détrôné par quoi que ce soit.
C’est vrai aussi que dans la relation amoureuse il y a des instants d’oubli de soi-même, des instants d’intimité qui sont cette fusion, cette non-séparation. Le problème, c’est que quand il y a « tomber amoureux de » l’objet ou la personne, tu rentres dans une relation avec toi-même et tu ne vas plus penser qu’à ça, qu’à cette personne. Donc tu te coupes de l’essentiel. Cette même passion devrait être pour cette chose invisible qui te permet d’être dans la non-relation avec toi-même, donc aussi avec l’autre, et te permet de sentir l’intensité de l’instant présent plutôt que l’intensité de la seule relation avec cette personne.
Cela signifie-t-il que tu ne peux plus tomber amoureuse de quelqu’un ?
Tu es tombée amoureuse de cette chose invisible, ça, c’est sûr. Mais tu peux quand même tomber amoureuse de quelqu’un, puisque c’est ce que je vis. C’est beau de voir que, dans l’instant, tu es aussi amoureuse de cette personne. Mais si elle n’est plus là, ou si elle s’absente, rien ne manque. Cette chose est toujours là et elle te permet de vivre, même sans cette personne, dans un bien-être total.
Donc, Yolande peut tomber amoureuse… Ce n’est pas une émotion, ça ?
C’est l’intensité qui guide. Auprès de telle personne elle est plus forte qu’auprès de telle autre. L’intensité est là : tu la suis. C’est elle qui te fait être ici, ou là, avec celui-ci ou avec celle-là. Tu ne décides pas : tu y vas, tu y es. La tête n’intervient pas. L’émotion non plus.
Dans cette intensité, comment perçois-tu l’autre, tous les autres ?
Je les perçois comme moi, comme les arbres, la montagne, mes pensées : au second plan. J’en reviens toujours là. Ils sont là sans être là. Ils sont passés au second plan au même titre que moi, que mon corps, que tout ce que je croyais être.
Oui, mais comment perçois-tu chacun ? Il y a des différences de l’un à l’autre, tout de même… même au second plan!
Ce que je sens, surtout, c’est ce qu’il y a de plus proche en moi, c’est-à-dire mon corps, les sensations de mon corps qui se sont amplifiées à l’infini. Dans ce second plan, le plan du je suis, c’est le plus proche. C’est sensation, intensité, mouvement. Cette intensité varie avec ce qui se présente dans le contenu de l’instant, proximité de telle ou telle personne incluse. Mais il n’y a pas la pensée pour dire « parce que je sens tel mouvement dans mon corps, cette personne est comme ci », ou « je dois faire comme ça ». Ce qui va se faire dans l’instant se fera… mais ce ne sera pas le résultat d’un savoir, d’une compréhension : c’est le silence qui agit.
Tu ne peux rien t’approprier ?
Non.
Mais perçois-tu mon psychisme, mes états d’âme ?
Tu es là, tu sens, tu te laisses traverser par ce qui se passe, par un mouvement que tu sens dans ton corps, fusionné avec tout le reste. Mais tu n’interviens pas, tu n’as pas de réaction, d’opinion, de commentaire. Quand quelqu’un entre dans la pièce, tu peux sentir un mouvement plus inconfortable, ou sentir au contraire l’intensité qui se déploie, mais tu n’en déduis rien. Tu ne cherches pas à comprendre pourquoi, comment, ni s’il y a quelque chose à résoudre et comment. Tu sens, point.
Et quand quelqu’un se confie à toi, te demande conseil ?
Tu ne fais qu’être écoute. Il n’y a pas de mouvement de Yolande qui pense ceci ou cela. Mon je suis est partagé avec tout ce contenu de l’instant, et je laisse toute la place à cette chose à l’avant-plan, cette chose avant le je suis, pour agir si elle doit agir. Donc si un geste vient, il vient du silence. C’est lui qui sait. C’est lui qui fait.
Que faire pour vivre ce silence ?
Je fais une totale confiance à cette présence dans l’invisible. Donc la seule chose qui peut être dite, il me semble, c’est d’être ce que l’on est dans l’instant, de le vivre pleinement, simplement… et de laisser la spontanéité faire ce qu’elle a à faire.
C’est quelque chose qu’on ne peut pas comprendre, pas apprendre, ni vouloir, ni savoir. Alors : se laisser faire – quoi d’autre ?
Vivre l’instant pleinement, simplement… ce n’est pas si simple!
Il y a des tas de moments dans la vie où l’idée de la personne disparaît, où il n’y a plus que cette chose qui voit. Les moments de joie, d’étonnement, d’émerveillement devant un paysage ou une belle musique. Les chocs aussi, une peur violente… Mais le plus souvent on ne les remarque pas, parce qu’aussitôt après la pensée se les approprie… Rester là, plutôt. Avant la pensée : sentir. Rester simplement avec cette sensation, sans vouloir comprendre ni résoudre rien. Avoir toute son attention portée sur cette sensation, et l’accepter surtout, l’accepter silencieusement, pas mentalement. Vraiment l’accepter totalement, en étant… simplement.
Beaucoup de gens croient qu’il faut qu’il y ait une lumière, une grande lumière, des choses extraordinaires… Et si simplement c’était ça ?... Quand le silence est là : rester avec ce silence, cette tranquillité, découvrir au fur et à mesure ce que ça te procure comme légèreté de voir que tout est là, OK, mais c’est au second plan – pas besoin d’en faire un monde. Et quand c’est l’inconfort : rester avec cet inconfort, totalement, se laisser engloutir par lui, se laisser mourir – une mort psychologique - pour pouvoir laisser place à ce silence, le laisser prendre le dessus une bonne fois pour toutes…
Rester là, avec cette sensation de l’instant, cette intimité… Rien que d’être là, tu n’es déjà plus là. Parce que tu sens tout le contenu de l’instant présent, sans interférer. Donc tu n’as plus l’idée d’être une personne : tu n’es que sensation. Tu sens cette conscience, peut-être encore un petit peu individuelle, que « ton » corps est inconfortable avec cette tristesse, ce malaise où tu es : déjà c’est un cadeau, parce que tu te rends compte que l’instant, l’intensité, la vérité n’est pas dans ta tête… C’est merveilleux de pouvoir sentir ça, déjà! Déjà accepter cette simplicité de sentir que la vie c’est ça, ce n’est pas voir des lumières ou entrer en extase : c’est ça, aussi. C’est la simplicité de ne pas être cette personne qui ressent. C’est sensation, point.
Qu’est-ce qui fait que, pour la plupart, ces instants ne durent pas ? Que l’agitation revient ?
C’est un problème d’identification. Le mental revient, redevient le plus fort et te piège. Piégé, tu y crois fermement, tu oublies le silence et cette chose puissante qui est là.
Vivre ces moments quand il se présentent.
Les vivre avant la pensée…
La pensée aussi, il faut l’accepter. Elle reste au second plan. Laisser cette attention, cette sensation, cette chose au premier plan, dans cette simplicité totale, avant d’être cette personne qui dit « c’est à moi que ça arrive » ou « ça va passer ». Peut-être tout simplement accepter cette simplicité du silence, cette simplicité de sentir, cette simplicité d’être avant qui que ce soit. Rester dans cette simplicité de sentir, tout simplement, sans pour autant avoir été chercher cette tristesse, sans chercher à sentir ton corps ni quoi que ce soit d’autre.
Se laisser saisir par ce qui est là, parce que c’est là… Quel est le sens de la recherche spirituelle, alors, puisqu’elle vise toujours un savoir, un état, un progrès, quelque chose « devant » ?
Elle a encore un sens puisqu’elle est là, puisqu’elle se présente. Vouloir faire le contraire ce serait la même chose : ce serait refuser ce qui se présente… Je crois qu’il faut accepter tout ce qui se présente, que ce soit de méditer, de faire du yoga, d’avoir l’air d’être dans une recherche spirituelle – alors que ce qui entraîne dans tout ça, comme dans tout le reste de la vie d’ailleurs, c’est quand même et toujours cet état premier.
Donc continuer à se laisser faire, même s’il y a encore la personne qui est là, et qui veut, et qui espère. Sentir, plutôt que d’essayer toutes sortes de techniques… Mais il faut aussi accepter ces techniques : elles font partie du chemin qui se présente à soi…

Le site de Yolande: http://www.dsyolavie.org/